Manchester City : Cherki, maestro à part
com.Buteur décisif lors du choc face à Arsenal (2-1), dimanche, après avoir martyrisé Chelsea, Rayan Cherki a définitivement changé de dimension. À 22 ans, le meneur de jeu de Manchester City affiche une maturité et des statistiques qui rendent les sorties de Christophe Dugarry presque lunaires.

Le talent a toujours été là, mais avec Pep Guardiola, il a trouvé le coach idéal pour le mettre encore plus en avant. Rayan Cherki (22 ans) n'est plus seulement un manieur de ballon : c'est devenu un facteur X capable de faire basculer une course au titre.
Ses prestations majuscules contre les cadors londoniens prouvent qu'il a enfin dompté son génie pour le mettre au service de l'efficacité pure, faisant s'effondrer la thèse d'un joueur «pas assez efficace» ou incapable de se hisser au niveau des meilleurs footballeurs français.
Un talent singulier... devenu efficace
Sur le fond, Christophe Dugarry n'a pas totalement tort lorsqu'il pointe les manques du meneur de jeu formé à l'OL. Cherki n'est pas un robot offensif : il presse moins que d'autres, n'a pas le volume d'un Michael Olise et son football garde une part de liberté qui agace ceux qui veulent tout cadrer. Même Guardiola a dû sévir, lui demandant publiquement d'arrêter de décrocher trop bas pour rester dans les zones où il fait mal. Pourtant, réduire son cas à une question de discipline, c'est oublier que Cherki propose autre chose. Dans un football de plus en plus calibré, sa capacité à inventer et à briser les rythmes attendus est une rareté absolue qui justifie, justement, qu'on le regarde différemment.
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La réponse du terrain est d'ailleurs venue fragiliser franchement la thèse du consultant de RMC. En signant un «double-double» cette saison (10 buts et 13 passes décisives en 44 matchs), le Tricolore prouve qu'il peut allier l'esthétique à la dictature des chiffres. Intégrer le cercle très fermé des joueurs à plus de 10 buts et 10 passes dans les cinq grands championnats — aux côtés de Vinicius Junior ou Lamine Yamal — n'est pas un caprice de «one man show» . C'est la signature d'un joueur qui, malgré deux mois d'absence, a su devenir l'un des créateurs les plus concrets du Vieux Continent tout en restant un joueur d'émotions.
E. Haaland – «on a fait une très bonne affaire avec Lyon»
Cette mutation est le résultat d'une gestion fine de la part de son entraîneur. Guardiola a soufflé le chaud et le froid, l'alignant souvent avant de le laisser de côté pour le piquer, l'obligeant à composer avec ses limites pour mieux exploser dans les grands rendez-vous. Cette exigence porte ses fruits : face à Chelsea (0-3) puis Arsenal (2-1), Cherki n'a pas seulement été beau à voir, il a été le moteur de City. En acceptant de jouer plus près d'Erling Haaland, le Skyblue – auteur d'un slalom génial pour débloquer la «finale» de Premier League – a transformé son talent brut en une arme de destruction massive, prouvant qu'il possède désormais l'éthique de travail et la mentalité nécessaires pour durer au sommet.
Cette bascule vers le très haut niveau est d'ailleurs validée par ses pairs, à commencer par le cyborg norvégien. Après le succès capital contre les Gunners, Haaland ne cachait pas son admiration au micro de Canal+ : «On a fait une très bonne affaire avec Lyon, on est très chanceux. Rayan a quelque chose de très spécial.» En attirant systématiquement deux ou trois défenseurs pour libérer des espaces, comme sur ses deux offrandes géniales face à Chelsea, Cherki est devenu le partenaire idéal de l'avant-centre scandinave. S'il n'est peut-être pas encore un joueur total, il est déjà un joueur rare, et à l'heure du sprint final, c'est exactement ce dont City avait besoin pour rêver du titre.
VIDEO : le but génial de Rayan Cherki contre Arsenal
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