Coupe du monde : quatre favoris, quatre pièges
com.Les quatre grands favoris annoncés avant la Coupe du monde 2026 sont encore là. France, Espagne, Angleterre et Argentine ont respecté leur rang, mais les quarts de finale leur réservent chacun un adversaire capable de dérégler la logique.

La hiérarchie a tenu. Malgré les surprises, les scénarios renversants et l'élargissement du tournoi, les quatre premières nations du classement FIFA avant la compétition ont toutes rejoint les quarts de finale de la Coupe du monde 2026.
La France, l'Espagne, l'Angleterre et l'Argentine peuvent donc encore rêver d'un dernier carré royal. Mais ce tableau a aussi quelque chose de piégeux. Aucun de ces favoris ne tombe sur une formalité, et chacun va devoir répondre à un danger très différent.
France-Maroc, les retrouvailles (ce jeudi à 22h)
Sur le papier, la France reste favorite. Les Bleus avancent avec plus de maîtrise que la plupart des prétendants, une grande solidité défensive et l'habitude de ce type de rendez-vous. Mais le Maroc n'est plus une belle histoire isolée. Après sa demi-finale en 2022, déjà stoppée par la France (0-2), la sélection nord-africaine confirme qu'elle appartient durablement au très haut niveau. Son succès contre le Canada (3-0), après une première période pourtant laborieuse, a rappelé sa capacité à corriger le tir et à faire basculer un match sans paniquer.
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Les retrouvailles auront forcément une saveur particulière. À Doha, les Marocains avaient été cueillis très tôt par Théo Hernandez, avant de pousser longtemps et d'être définitivement punis par Randal Kolo Muani en fin de match. Quatre ans plus tard, la France garde l'avantage du talent, de l'expérience et de la profondeur. Mais face à un adversaire capable de défendre, souffrir, casser le rythme et se projeter vite, elle devra éviter de laisser le doute s'installer. Plus le match restera fermé, plus le Maroc aura des raisons d'y croire malgré l'absence préjudiciable d'Ismael Saïbari.
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Espagne-Belgique, le piège trompeur (vendredi à 21h)
C'était peut-être, sur le papier, le quart le plus déséquilibré au début du tournoi. L'Espagne reste supérieure dans la maîtrise collective, et sa défense impressionne. La Roja n'a toujours pas encaissé le moindre but dans cette Coupe du monde et Unai Simon a prolongé une série historique d'invincibilité, commencée lors du 0-0 contre le Maroc en 2022. Derrière l'image d'une équipe spectaculaire, l'Espagne rappelle aussi une vérité souvent oubliée. Son unique titre mondial, en 2010, avait été construit sur une défense énorme et quatre victoires 1-0 en phase à élimination directe.
Mais la Belgique vient peut-être de lancer son tournoi au meilleur moment. Son large succès contre les États-Unis (4-1) a donné une tout autre impression que ses sorties précédentes. Rudi Garcia a osé des choix forts, en sortant Kevin De Bruyne et Jérémy Doku, en gérant Romelu Lukaku sans état d'âme et en donnant de l'espace à des joueurs comme Nicolas Raskin ou Dodi Lukebakio. Charles De Ketelaere a répondu avec un doublé, et les Diables Rouges ont soudain semblé plus équilibrés, plus frais, plus dangereux. L'Espagne reste favorite, mais la Belgique a retrouvé assez de vie pour rendre cette affiche beaucoup moins évidente qu'elle ne le paraissait.
618 minutes d'invincibilité au Mondial pour Unai Simon

Angleterre-Norvège, le plus explosif (samedi à 23h)
L'Angleterre avance avec un statut solide. Les Three Lions viennent de sortir le Mexique (3-2), jusque-là imperméable, et possèdent l'un des effectifs les plus complets du tournoi. Leur profondeur, leur puissance et leur expérience des dernières grandes compétitions avec deux finales perdues de l'Euro en font un favori logique. Mais la Norvège arrive avec un élan rare. Après la Côte d'Ivoire (2-1) puis le Brésil (2-1), la sélection scandinave ne peut plus être réduite à une curiosité ou à une équipe simplement portée par son buteur.
Erling Haaland reste évidemment la menace principale. Bouillant dans ce Mondial, l'attaquant de Manchester City connaît une partie des défenseurs anglais et peut transformer un match moyen en exploit avec deux ballons. Mais la Norvège ne se limite pas à lui. Ørjan Nyland traverse le tournoi en état de grâce, Antonio Nusa a déjà montré de belles choses, Oscar Bobb et Andreas Schjelderup apportent de vraies solutions, tandis que Martin Ødegaard peut encore monter en puissance. Si la Norvège sort l'Angleterre après avoir éliminé le Brésil, son parcours changera définitivement de dimension.
Erling Haaland va affronter son pays d'adoption

Argentine-Suisse, le fil fragile (dimanche à 3h)
L'Argentine reste debout, mais elle avance sur un fil de plus en plus mince. Après un premier tour parfait, les champions du monde ont frôlé la catastrophe contre le Cap-Vert (3-2, a.p.), poussé en prolongation, puis contre l'Égypte (3-2), qui menait encore 2-0 à la 79e minute. Lionel Messi continue de porter l'Albiceleste avec une influence immense, mais cette dépendance interroge. À 39 ans, le capitaine argentin reste la principale source de danger d'une équipe qui donne parfois l'impression d'attendre son éclair.
La Suisse peut être exactement l'adversaire que l'Argentine n'a pas envie de croiser. Froide, disciplinée, pénible à manoeuvrer, la Nati vient de sortir la Colombie aux tirs au but après un 0-0 maîtrisé dans l'intensité émotionnelle. Elle retrouve les quarts pour la première fois depuis 1954, ce qui donne forcément une dimension particulière à son parcours. Avec un possible retour de Johan Manzambi, absent contre les Cafeteros, elle pourrait aussi retrouver un peu plus de créativité. L'Argentine a survécu à deux alertes. La troisième pourrait coûter beaucoup plus cher.
Lionel Messi et sa bande face au révélateur suisse

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