Sassuolo : la renaissance de Grosso
Longtemps réduit en France à son passage éclair et douloureux à l'Olympique Lyonnais, Fabio Grosso est en train de se refaire une place en Italie. Après avoir accepté de repartir en Serie B avec Sassuolo, le champion du monde 2006 stabilise aujourd'hui les Neroverdi dans l'élite et redonne du sens à un club qui sortait d'une relégation.

À Lyon, Fabio Grosso n'a jamais eu le temps de respirer. Revenu plein d'enthousiasme dans un club en crise, l'Italien a vécu l'épisode du caillassage à Marseille, puis une suite de semaines sous tension avant d'être remercié après sept matches, symbole d'un passage qui l'a abîmé plus qu'il ne l'a révélé.
La suite raconte autre chose. En juin 2024, le Transalpin accepte la mission remontée à Sassuolo, relégué en Serie B, et retrouve un cadre où l'on lui laisse construire. Un an plus tard, le club remonte, et la saison de retour en Serie A s'inscrit déjà dans une logique de consolidation, loin du simple réflexe de survie.
Un promu déjà solidement installé
Le retour dans l'élite se déroule pour l'instant sans frayeur. Après 27 journées, Sassuolo occupe la 9e place avec 38 points, un bilan de 34 buts marqués pour 36 encaissés et surtout une marge confortable sur la zone rouge. Pour un club qui sort d'une relégation, l'objectif initial était simple : reconstruire une base solide et éviter de replonger immédiatement. Sur ce plan, la mission est largement en bonne voie, avec une équipe qui a trouvé son rythme dans le ventre mou et qui avance avec un équilibre assez rare pour un promu.
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La dynamique récente renforce encore cette impression de stabilité. Sassuolo reste sur cinq victoires lors de ses six derniers matchs, une série qui a permis de consolider sa place dans la première moitié du classement et d'écarter rapidement toute inquiétude liée au maintien. Les Neroverdi ont notamment dominé l'Udinese, Vérone ou Cagliari, tout en s'offrant deux succès marquants contre l'Atalanta, dont un net 3-0 à l'aller. À l'inverse, les limites apparaissent logiquement face aux grosses cylindrées, avec des revers contre Naples, l'Inter, la Juventus ou la Roma.
Un projet structuré autour de Grosso
La progression du club repose aussi sur une identité tactique claire. Dans une Serie A largement dominée par les systèmes à trois défenseurs, le manager de 48 ans assume un 4-3-3 offensif basé sur la largeur et la verticalité. Les latéraux montent pour étirer le bloc, Domenico Berardi et Armand Laurienté repiquent souvent vers l'intérieur pour créer le décalage, tandis qu'Andrea Pinamonti sert de point d'appui dans la surface. Au milieu, Nemanja Matic, qui se refait une santé en Italie, dicte le tempo et permet à Ismaël Koné et Kristian Thorstvedt d'apporter volume et projection dans les trente derniers mètres.
Cette cohérence se lit aussi dans le recrutement. Sur les deux derniers mercato, Sassuolo a investi environ 38,7 M€, un effort notable pour un promu, tout en limitant les départs majeurs. Matic est arrivé libre pour encadrer, Jay Idzes (8 M€) a renforcé la structure, Koné a été récupéré en prêt puis définitivement conservé avec une option levée (13 M€), et Darryl Bakola a débarqué cet hiver (10 M€) pour élargir la rotation. Cette trajectoire prolonge aussi le parcours de Grosso, déjà champion de Serie B avec Frosinone en 2023 puis avec Sassuolo en 2025, preuve que l'Italien sait construire un projet capable de remonter et de se stabiliser.
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