Fenerbahçe : Mourinho, pris de vitesse
Deux jours après l'échec de la qualification pour la Ligue des Champions, José Mourinho a été démis de ses fonctions par Fenerbahçe. Un nouvel échec pour le Special One, définitivement pris de vitesse dans un football qu'il ne parvient plus à suivre.

Rendre justice à son parcours suppose de rappeler d'où il vient. L'homme des sommets avec Porto et l'Inter, des titres majeurs avec Chelsea, une Ligue Europa avec Manchester United, une Ligue Conférence puis une nouvelle finale de C3 avec l'AS Roma... Mais c'est justement parce qu'il a été un coach de légende que le constat actuel s'impose sans malveillance.
Un peu plus d'une année après sa venue en rockstar, Fenerbahçe a mis fin à l'histoire suite à l'échec en barrages de la Ligue des Champions contre Benfica (0-0, 0-1), sur un but de Kerem Aktürkoglu, que le club turc tentait justement de recruter en cette fin de mercato estival. Même les scénarios semblent désormais courir plus vite que le Special One.
Pris de vitesse
Le fil des résultats raconte une pente descendante. L'entraîneur portugais n'a plus remporté de championnat depuis 2015 avec Chelsea, ni de Ligue des Champions depuis 2010 avec l'Inter. À Istanbul, son bilan restait honorable sur le papier avec une deuxième place en Süper Lig et 37 victoires en 62 matchs, mais sans le moindre trophée et avec un gouffre de onze points sur Galatasaray lors du dernier exercice. L'échec contre Benfica, sans un seul tir cadré au retour, a fini de briser la confiance et précipité la séparation, officialisée ce vendredi matin.
emplacement publicitaire
Derrière ce revers se cache un problème beaucoup plus profond. Le jeu de haut niveau s'est transformé, avec un pressing collectif permanent, une relance sous pression et une culture data omniprésente. Mourinho, lui, continue de s'appuyer sur un logiciel ancien, efficace pour souder un groupe sur le court terme mais incapable de tenir la cadence imposée par les cadors modernes. Le contraste est clair : il se maintient par l'expérience et l'autorité, mais n'impose plus le rythme. Une recette qui ne fonctionne plus en 2025.
La confrontation comme système
Quand la dynamique s'inverse, Mourinho ressort son vieux carburant, celui de la confrontation et du «nous contre le monde» . En Turquie, il a multiplié les accrochages, jusqu'à ce geste provocateur contre Okan Buruk lors d'un derby en avril dernier en retenant le coach rival par le nez. Ces postures, autrefois efficaces pour fédérer, génèrent désormais une usure accélérée. Là où Chelsea, pourtant loin d'être réputé pour sa stabilité, lui laissait du temps, Fenerbahçe l'a éjecté en seulement quatorze mois.
Malgré tout, l'avenir reste ouvert. Sa marque conserve de la valeur, avec une exposition instantanée et un récit garanti. Nottingham Forest fait partie des potentiels points de chute, tout comme l'idée d'une sélection qu'il appelle de ses voeux. Une équipe nationale lui offrirait des cycles courts et un costume sur mesure. Mais s'il choisit de rester en club, il devra céder du terrain aux pratiques modernes, du pressing à la data en passant par la gestion individualisée. À moins d'une réinvention radicale, le Special One restera une légende du passé plus qu'un acteur du présent.
José Mourinho est-il définitivement dépassé ? N'hésitez pas à réagir et débattre sur le tirage au sort dans l'espace «Publiez un commentaire» ...