Liverpool : Isak, caprice ou nécessité ?
À l'approche de la clôture de ce mercato estival, Liverpool pourrait bien battre un nouveau record. Le champion d'Angleterre en titre insiste pour recruter Alexander Isak et s'apprête à proposer 150 M€ pour convaincre Newcastle de lâcher l'attaquant suédois.

Si le mercato estival devait fermer ses portes à la lecture de ces lignes, Liverpool terminerait en tête des équipes les plus dépensières avec déjà 340 millions d'euros, hors bonus, déboursés, loin devant Arsenal et ses 293,5 M€. Mais le marché ne clôturera que dans trois jours et d'ici là, les Reds comptent bien frapper encore plus fort.
En effet, le champion d'Angleterre en titre n'a toujours pas abandonné l'idée de récupérer Alexander Isak (25 ans). Repoussés malgré une offre de 138 M€, les Reds comptent signer un chèque de 150 M€ pour convaincre Newcastle, affirme The Telegraph. Une nécessité pour le pensionnaire d'Anfield ?
Une attaque déjà saturée
L'opération intrigue à la lumière des investissements déjà réalisés. Hugo Ekitike (95 M€) et Florian Wirtz (136 M€) sont venus renforcer une ligne offensive où Mohamed Salah et Cody Gakpo tiennent une place centrale. Dans le 4-2-3-1 d'Arne Slot, l'Allemand occupe l'axe, l'Égyptien reste indiscutable à droite et le Français s'installe dans un rôle hybride, capable d'attaquer la profondeur depuis la gauche. L'ajout du Suédois supposerait de déplacer les équilibres existants, voire de sacrifier une hiérarchie qui commence seulement à se stabiliser.
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Le problème n'est pas tant le talent que la redondance. Isak et Ekitike partagent des qualités similaires : grands gabarits, mobiles, techniques, capables de décrocher, de finir malgré les efforts répétitifs. Deux joueurs complets qui parlent le même football. Dépenser plus de 150 M€ pour doubler un profil déjà acquis cet été revient moins à diversifier qu'à empiler. La cohérence sportive apparaît fragile, surtout au regard du tarif inédit pour un joueur de ce registre. Un prix qu'aucun club anglais n'a d'ailleurs atteint dans l'histoire du football.
Caprice ou stratégie rationnelle ?
Les dirigeants de Liverpool invoquent un calendrier surchargé et le besoin d'avoir deux titulaires par poste. La profondeur d'effectif est vue comme un rempart contre les blessures, avec l'idée d'éviter les trous d'air offensifs déjà coûteux par le passé, avec notamment une seconde partie de saison 2024-2025 durant laquelle Salah a semblé très esseulé. Sur le plan financier, l'amortissement sur cinq ans et les ventes déjà bouclées de Luis Diaz (70 M€) et de Darwin Nuñez (53 M€) rendent le montage soutenable dans les comptes.
Mais cette logique de gestion ne masque pas les risques d'image et de vestiaire. Un transfert record pour un joueur au profil proche d'Ekitike peut être perçu comme un excès, voire comme une mise en concurrence artificielle. Plus qu'un calcul froid, cette opération traduit une volonté de puissance, à la frontière du rationnel. Si Isak – qui était la priorité absolue avant la venue d'Ekitike – venait à signer, le pari ne se mesurerait pas seulement au nombre de buts, mais à la capacité de Liverpool à justifier un luxe qui ressemble à un caprice assumé.
Liverpool a-t-il raison de vouloir miser sur Alexander Isak ? N'hésitez pas à réagir et débattre sur le tirage au sort dans l'espace «Publiez un commentaire» ...