Mercato : pourquoi l'OM vend-il si mal ?
com.Passés par l'Olympique de Marseille, Ismaïla Sarr, Iliman Ndiaye ou encore Jonathan Rowe valent aujourd'hui bien plus cher sur le marché. Une tendance loin d'être nouvelle et qui interroge forcément la capacité du club phocéen à valoriser ses joueurs.

À Marseille, le constat finit par devenir troublant. Des joueurs parfois quelconques ou simplement corrects sous le maillot olympien changent de dimension financière une fois partis, tandis que les très grosses ventes restent étonnamment rares au Vélodrome. Effet du contexte, mauvais timing ou vraie faiblesse structurelle ? À force de voir les mêmes trajectoires se répéter, la question mérite d'être posée.
Les prix s'envolent après Marseille
Les exemples récents sont frappants. Acheté 13 M€ à Watford, Ismaïla Sarr a quitté l'OM pour environ 15 M€ et Crystal Palace a déjà refusé une offre de Liverpool estimée à 58 M€. Iliman Ndiaye, recruté pour 17 M€ puis vendu 18 M€ à Everton, est aujourd'hui valorisé autour de 90 M€ par les Toffees. Même constat pour Jonathan Rowe, acheté environ 16,5 M€ puis cédé à Bologne pour moins de 20 M€, qui a déjà fait l'objet d'offres proches de 40 M€ de l'Atalanta. Ndiaye et Rowe n'ont pas encore été revendus, mais leur cote a déjà changé d'échelle depuis leur départ de Marseille.
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D'autres ont réellement généré ailleurs les plus-values que l'OM n'avait pas su réaliser. Recruté pour 11 M€, Matteo Guendouzi est parti pour environ 15 M€ avant d'être revendu autour de 30 M€ par la Lazio. Luis Suarez, acheté 10 M€ puis cédé 8 M€ à Almeria, a rejoint le Sporting deux ans plus tard pour plus de 22 M€. Gerson avait coûté près de 20 M€ avant de repartir à Flamengo pour 15 M€, puis d'être revendu 25 M€ au Zenit. Même Giannelli Imbula, recruté 7,5 M€ et cédé 20 M€ à Porto, a été revendu plus cher quelques mois après. Marseille réalise parfois une marge, parfois récupère simplement sa mise, mais apparaît très souvent comme le club qui laisse au suivant la plus grosse partie de la valorisation.
Dedic, le symbole d'un autre problème
Amar Dedic pousse encore plus loin ce constat terriblement frustrant pour les supporters marseillais. Prêté par Salzbourg, le latéral droit n'a jamais réellement été installé à Marseille et l'OM n'a finalement pas misé sur lui à long terme. Benfica a ensuite déboursé 12 M€ pour le recruter, lui a offert une saison pleine et l'a revendu à Newcastle pour près de 36 M€. Le club phocéen n'a donc pas raté une plus-value au moment d'une vente : il n'a tout simplement pas réussi à créer la valeur que Benfica a générée en seulement une année.
C'est peut-être là que se situe le vrai problème. Marseille se sépare régulièrement de joueurs lorsqu'ils ne correspondent plus au projet, qu'un nouvel entraîneur arrive ou qu'une sortie devient nécessaire. Ailleurs, le même élément retrouve de la continuité, du temps de jeu et un contrat sécurisé avant d'être remis sur le marché au sommet de sa cote. La différence ne tient donc pas seulement au talent des négociateurs mais elle commence bien avant, dans la manière de faire progresser, d'exposer et de sécuriser un joueur avant de penser à sa vente.
Un retard immense sur les concurrents
Le plafond marseillais reste d'ailleurs étonnamment bas pour un club aussi réputé. Michy Batshuayi avait été vendu autour de 39 M€ en 2016 et, dix années d'inflation plus tard, Mason Greenwood est parti pour un montant similaire, avec en plus une part importante de l'opération revenant à Manchester United. Didier Drogba, transféré à Chelsea pour 38,5 M€ en 2004, reste encore sur le podium historique de ce classement. Sur les dix plus grosses ventes de l'OM, la moyenne tourne ainsi autour de 28,5 M€, malgré quatre opérations entrées récemment dans ce Top 10 avec Greenwood, Facundo Medina, Luis Henrique et Robinio Vaz.
La comparaison avec d'autres clubs français fait encore plus mal. Cette moyenne grimpe à 39,2 M€ à Rennes, 45,2 M€ à Lyon, 55,2 M€ à Lille et plus de 71 M€ à Monaco, tandis que Lens et Strasbourg tournent déjà autour des 28 M€. Même leurs records dépassent désormais celui de l'OM, avec 48 M€ pour Mamadou Sangaré à Lens et 50 M€ pour Diego Moreira à Strasbourg. Rennes a franchi les 63 M€ avec Jérémy Jacquet, Lille atteint 95 M€ avec Ayyoub Bouaddi et Monaco culmine à 180 M€ avec Kylian Mbappé. Marseille, malgré son exposition et ses moyens, sait attirer des joueurs susceptibles de valoir beaucoup plus cher. Son problème reste le même : au moment où leur prix explose, ils portent trop souvent déjà un autre maillot.
L'OM est à la traîne face à la concurrence...
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