Droits TV : la LFP veut reprendre la main
com.À peine entrée dans sa deuxième saison, Ligue 1+ pourrait déjà voir la LFP préparer l'après-2029. L'instance envisage un nouvel appel d'offres pour les droits de la Ligue 1, sans pour autant remettre en cause sa chaîne maison. L'objectif est surtout de retrouver une position de force face aux diffuseurs.

La Ligue ne veut plus se retrouver dos au mur. Après les épisodes Mediapro puis DAZN, Ligue 1+ lui a permis de reprendre le contrôle de son produit et diffuse désormais les neuf matchs de chaque journée. Mais cette indépendance a un prix : malgré un lancement encourageant, les revenus restent encore très éloignés des niveaux espérés par les clubs.
Ligue 1+, une assurance plus qu'une finalité
«Nous considérons très sérieusement venir à un appel d'offres» , a confirmé Olivier Bramly à l'AFP. Le directeur général de LFP Media assure recevoir «un certain nombre de marques d'intérêt» actuellement analysées, alors que L'Équipe évoque une consultation dès octobre pour la période 2029-2034. Amazon, Paramount et Netflix ont déjà été sondés ces derniers mois, tandis que Canal+ a également rouvert la porte. Son président Maxime Saada assure que son groupe dispose toujours «des moyens d'investir» , avec une condition claire : «La question est celle de la rentabilité.»
emplacement publicitaire
Cette prospection ne signifie pourtant pas que la LFP souhaite se débarrasser de Ligue 1+. Bramly la présente au contraire comme «l'assurance vie du football français» , avec des premiers résultats qu'il juge «très encourageants» : le Trophée des Champions et Rennes-PSG ont chacun dépassé les 700 000 téléspectateurs. Mais environ 120 M€ de droits domestiques ont été redistribués aux clubs lors du premier exercice, tandis que le modèle vise 2,25 millions d'abonnés en 2028-2029 et près de 350 M€ reversés à terme. La disparition cette saison des 78,5 M€ de beIN et des 85 M€ liés à l'indemnité de sortie de DAZN accentue encore la pression financière.
Un rapport de force complètement différent
La LFP possède désormais un avantage qu'elle n'avait pas lors de ses précédents appels d'offres : elle peut continuer seule si les propositions sont insuffisantes. Elle l'a déjà démontré au printemps en refusant l'intérêt d'Amazon pour récupérer une affiche par journée, privilégiant l'exclusivité totale de Ligue 1+. Une récente évolution législative lui offre également davantage de souplesse puisque les droits peuvent désormais être commercialisés «en un ou plusieurs lots» . La possibilité de proposer l'intégralité du championnat à un seul acteur pourrait notamment séduire les plateformes à la recherche d'une exclusivité complète.
Tout l'enjeu sera donc de comparer la progression de Ligue 1+ avec les garanties proposées par le marché. Si la chaîne approche ses objectifs d'ici 2029, la LFP pourra demander à un diffuseur de payer nettement plus que ce qu'elle génère seule pour accepter de céder ses droits. Dans le cas contraire, elle conservera une solution déjà installée. «Nous serons bientôt en mesure de recommander aux clubs la démarche la plus pertinente pour l'avenir de nos droits» , assure Bramly. Le prochain appel d'offres dira surtout jusqu'où les diffuseurs sont désormais prêts à monter pour récupérer la Ligue 1.
Quel avenir pour la diffusion de la Ligue 1 ? N'hésitez pas à réagir et à débattre au sein de l'espace «Ajouter un commentaire» …

