Quand Aimé Jacquet sort du silence, cela fait du bruit. L'ancien sélectionneur de l'équipe de France, qui soutint longtemps Raymond Domenech, prend ses distances avec l'actuel patron des Bleus et estime qu'il aurait dû abandonner son poste après l'Euro 2008. Extraits.

Aimé Jacquet sort du silence vendredi. Dans une longue interview à France Football, l'ancien sélectionneur de l'équipe de France n'élude aucun sujet et s'en prend à l'actuel patron des Bleus, Raymond Domenech, qu'il soutint longtemps, et à la Fédération, qui a choisi de le maintenir en poste après la débâcle de l'Euro 2008. «Lorsqu'on occupe un poste comme le sien, qui fut aussi le mien (1994-1998), quatre ans, ça suffit, s'exclame le coach champion du monde. Car, après, c'est trop dur. Il y a trop de paramètres qui vous empêchent de bien travailler. C'est ça que je reproche à la FFF : elle n'a pas compris le fond même du boulot d'un sélectionneur, tacle au passage Jacquet, dont on peut simplement regretter qu'il s'exprime après la bataille. C'est un job que tu ne peux bien remplir que quatre ans car c'est un poste tellement exposé.»
France-Eire, un «mauvais match»
Interrogé sur la communication et les manières de Raymond Domenech, Aimé Jacquet lui reproche de ne pas rendre de comptes aux médias. «Un sélectionneur est jugé sur ses résultats et, s'il les obtient, s'il se qualifie, il doit continuer. Mais cela ne nous empêche pas de parler du jeu, ou, en l'occurrence, du non-jeu, estime Jacquet. Un patron doit donner des explications même si ce n'est pas toujours simple. Il doit en fournir en interne mais également en externe, aux médias.»
Pour Aimé Jacquet, Raymond Domenech doit enlever la chape de plomb qui pèse sur les Bleus en fournissant «des explications sur ce qui s'est passé et, de façon plus globale, sur ce qui se passe depuis l'Euro 2008. Moi, je le faisais même quand les journaux me tombaient dessus» , ajoute-t-il. Mordant sinon remonté, l'ancien sélectionneur s'avoue préoccupé par le niveau de jeu des Bleus face à l'Irlande, davantage que par la main de Thierry Henry. «Cet incident cache tout le reste... Et, à mes yeux, le plus important : Les Bleus ont fait un mauvais match» , résume Jacquet avec la simplicité de ceux qui savent aller à l'essentiel. Reste à savoir comme Raymond Domenech, sévèrement attaqué sur la forme comme sur le fond par l'une des voix les plus respectées du football français, réagira.