PSG : les Titis, le paradoxe du succès
com.Double champion d'Europe en titre, le Paris Saint-Germain possède un effectif de plus en plus relevé. Une réussite qui complique l'intégration des jeunes du centre de formation. Mais cette concurrence peut aussi profiter aux Titis, comme à leur club formateur.

Longtemps critiqué pour avoir laissé filer ses meilleurs jeunes, le Paris Saint-Germain semblait avoir changé de cap avec Luis Enrique. Plusieurs Titis avaient trouvé leur place dans la rotation. Mais depuis les deux sacres consécutifs en Ligue des Champions, la donne a changé.
Le centre de formation sort d'une saison historique, avec les titres nationaux U17 et U19 et la Coupe Gambardella, mais les portes de l'équipe première paraissent plus difficiles à ouvrir. Pas faute de talent. Simplement parce que le niveau monte encore.
Une concurrence toujours plus forte
Même Warren Zaïre-Emery n'échappe pas à cette réalité. Joueur le plus utilisé par Luis Enrique la saison dernière, le milieu français avait pourtant commencé la finale de la Ligue des Champions contre Arsenal (1-1, 4-3 tab) sur le banc, derrière João Neves, Vitinha et Fabian Ruiz. Pour Senny Mayulu, la situation est encore plus délicate. Après 41 apparitions en 2025-2026, le Bleuet n'a disputé que 104 minutes en six matchs cette saison, sans la moindre titularisation. Sa blessure a évidemment pesé, mais la concurrence n'a rien arrangé. Prolongé jusqu'en 2031, le Parisien conserve la confiance du club sans avoir aujourd'hui une place de titulaire à portée de main.
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Et les arrivées de Ferran Torres, Maghnes Akliouche et Mika Godts cet été n'ont pas arrangé les affaires des jeunes offensifs. Même les recrues doivent batailler pour obtenir du temps de jeu. Alors pour Quentin Ndjantou, récemment revenu de blessure, difficile d'espérer s'installer rapidement. «Nos jeunes sont beaucoup trop loin» , regrette un éducateur interrogé par L'Équipe. Luis Enrique reste pourtant attentif à ses remplaçants. Après la victoire contre Lyon (2-0), lundi, l'entraîneur espagnol a reconnu que certains méritaient davantage de minutes. Le problème, c'est qu'il ne peut pas en donner à tout le monde.
Un tremplin qui peut rapporter gros
L'exemple d'Ibrahim Mbaye montre toutefois qu'un départ n'est pas forcément un échec. À 18 ans, l'ailier avait déjà disputé 42 matchs avec le PSG, sans réussir à s'imposer dans le onze. Suffisant pour attirer Aston Villa, vainqueur de la Ligue Europa et qualifié pour la Ligue des Champions, qui a déboursé 55 M€ hors bonus cet été. Le Sénégalais rejoint ainsi un club ambitieux où davantage de responsabilités l'attendent. Paris, de son côté, récupère une somme considérable pour un joueur formé au club. Son talent a évidemment fait la différence, mais évoluer chez le double champion d'Europe a aussi aidé à faire grimper sa cote.
Le PSG peut donc y trouver son compte. Les meilleurs Titis restent, les autres profitent d'une belle exposition pour rebondir ailleurs. Mais ce fonctionnement a ses limites. Pour preuve, la quasi-totalité de la prometteuse génération 2008 a quitté le centre cet été. Emmanuel Mbemba, par exemple, a choisi le Paris FC, où les portes de l'équipe première se sont rapidement ouvertes. «La formation reste et restera un pilier de notre projet» , assure la direction parisienne dans L'Équipe. Reste à convaincre les jeunes qu'un avenir les attend vraiment au PSG. Car à force de gagner et de recruter, Paris risque aussi de décourager ceux qui rêvent d'y percer.
Selon vous, le PSG peut-il encore faire émerger régulièrement des titulaires issus de son centre de formation ? N'hésitez pas à réagir et à débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» ...

