Angleterre : les milliards cachent la faillite
com.Malgré des revenus records et une Premier League plus puissante que jamais, le football anglais accumule les pertes et dépend toujours davantage de ses propriétaires. Derrière l'abondance financière, la course aux résultats pousse une grande partie des clubs à vivre dangereusement au-dessus de leurs moyens.

Le football anglais va-t-il droit dans le mur ? Ses cinq premières divisions ont généré plus de 9 milliards de livres en 2025-2026, dont 7,5 milliards pour la seule Premier League. Pourtant, 94% des clubs ont terminé la saison dans le rouge et leurs pertes cumulées ont atteint environ 1,7 milliard. Plus de 60% des formations de l'EFL (2e, 3e et 4e division) et de National League (5e division) présentent même davantage de passifs que d'actifs. Une fragilité spectaculaire pour le championnat national le plus puissant économiquement de la planète.
Toujours plus d'argent, encore plus de dépenses
Selon le rapport «State of the Game» publié par l'Independent Football Regulator, le régulateur indépendant du football anglais, les recettes progressent, mais les charges encore davantage. Depuis 2021-2022, les salaires ont augmenté de 33% en Premier League et de 32% en Championship, mais surtout de 71% en League One et de 63% en League Two. Six clubs consacrent désormais plus de 100% de leurs revenus aux seuls salaires des joueurs. Les coûts annuels liés aux transferts ont parallèlement doublé, de 1,3 à 2,6 milliards de livres.
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Les propriétaires compensent donc régulièrement les trous. Entre mars 2025 et mars 2026, 67 clubs ont reçu au moins six injections de capitaux de leur actionnaire, dont 28 au moins douze. Et cette dépendance peut devenir vertigineuse : 29% des clubs interrogés estiment qu'ils ne survivraient pas plus d'un mois si leur propriétaire cessait de les financer. Dix-sept équipes de l'EFL et de National League seraient même déficitaires sans verser le moindre salaire à leurs joueurs, tant leurs autres dépenses dépassent déjà leurs recettes.
La Premier League, jackpot qui fait perdre la raison
Le fossé avec l'élite alimente cette fuite en avant. En 1992, un club moyen de première division générait 2,7 fois plus de revenus qu'un club moyen de deuxième division. Le rapport est désormais de 8,7. Une montée en Premier League fait bondir les recettes d'environ 376%, poussant les clubs de Championship à prendre toujours davantage de risques. Ceux qui ne bénéficient pas des indemnités versées aux clubs relégués de Premier League consacrent ainsi en moyenne 84% de leurs revenus aux salaires des joueurs pour tenter d'accéder au jackpot.
La facture s'accumule également sur le marché. Les clubs anglais avaient encore 4,8 milliards de livres à payer sur leurs transferts, contre seulement 1,5 milliard à recevoir. Leur dette globale, évaluée à 2,8 milliards en 2020-2021 puis 4,1 milliards en 2024-2025, devrait atteindre 5,1 milliards en 2026-2027. Le régulateur réclame désormais davantage de réserves financières et une meilleure redistribution des revenus. Car derrière la puissance spectaculaire de la Premier League, une grande partie de la pyramide anglaise fonctionne avec très peu de marge de sécurité.
Que pensez-vous de la situation financière du football anglais ? N'hésitez pas à réagir et à débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» …

