Manchester City : les légendes de Premier League règlent leurs comptes
com.Reconnu coupable de 114 infractions aux règles financières de la Premier League entre 2009 et 2018, Manchester City attend désormais de connaître sa sanction. En attendant, le verdict a libéré la parole en Angleterre, où anciens joueurs, entraîneurs et dirigeants remettent ouvertement en cause une partie du règne des Citizens.

Le jugement contre Manchester City ne menace pas seulement l'avenir du club. Il pose désormais une question beaucoup plus sensible sur son passé et les titres remportés durant la période concernée. Alors que les Skyblues vont faire appel et continuent de clamer leur innocence, plusieurs grandes figures du football anglais ont déjà rendu leur propre verdict.
R. Keane - «je jetterais ces médailles à la poubelle»
Sur ITV Sport, Roy Keane n'a laissé aucune place au doute. «Ils savaient que cela ferait du mal à beaucoup de gens, mais ils l'ont quand même fait. Si j'étais joueur, je jetterais ces médailles à la poubelle sans hésiter. C'est de la triche. Ils ont gagné sur le terrain parce qu'il y avait de la triche» , a fustigé l'ancien capitaine de Manchester United. À ses côtés, la légende d'Arsenal Ian Wright a réclamé «une sanction sans précédent» pour une affaire jugée «très trouble» . David de Gea s'est montré plus ironique sur X : «Parlons. Combien de titres de Premier League ai-je gagnés, alors ?» . L'Espagnol avait terminé derrière City avec United durant la période incriminée.
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D'autres anciennes victimes des Citizens vont encore plus loin. Mauricio Pochettino, à la tête de Tottenham entre 2014 et 2019, estime que «l'équité sportive n'existait pas» et parle d'une «période de tromperie» , tout en rappelant qu'aucune sanction ne permettra de revenir en arrière. Tony Pulis, battu avec Stoke par City en finale de la FA Cup 2011, pose directement la question : «Quand est-ce qu'on récupère notre FA Cup ?» L'ancien manager des Potters assure toujours se sentir «floué» , tandis que Rio Ferdinand a plaisanté sur une nouvelle médaille de champion à ajouter à son armoire et soutenu la demande de Pulis.
Rooney ne veut pas réécrire l'histoire
Wayne Rooney refuse pourtant de transformer automatiquement les dauphins en champions. Vice-champion avec Manchester United en 2012, l'ancien attaquant ne souhaite pas récupérer rétroactivement le titre. «Je ne me sentirais pas à l'aise en acceptant une autre médaille de Premier League. Je ne pense pas que nous la méritions» , a expliqué le meilleur buteur de l'histoire des Red Devils. Une position qui ne signifie pas la clémence : Rooney souhaite envoyer City «dans la division la plus basse possible» et imposer au club des restrictions financières pendant plusieurs saisons. Le président de la Liga Javier Tebas réclame lui aussi une sanction sévère «qui serve d'exemple» après des violations répétées pendant plus d'une décennie.
Même chez les anciens de City, les avis divergent forcément. Parti au FC Barcelone cet été, Rodri refuse de voir ses succès remis en cause. «Ce que nous avons fait, personne ne peut nous l'enlever» , a défendu l'ancien milieu des Citizens, convaincu que les trophées ont été gagnés par le travail des joueurs et du staff. À l'opposé, David Bernstein, président de Manchester City entre 1998 et 2003, estime que la direction actuelle ne peut «continuer de manière crédible» si le verdict résiste à l'appel et considère qu'une simple amende serait insuffisante. Le dirigeant anglais va jusqu'à envisager une exclusion de Premier League. Avant même la sanction, le procès de l'héritage sportif de City a donc déjà commencé.
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