Mercato : l'Europe se met à l'heure grecque
com.Christos Tzolis à Arsenal, Konstantinos Karetsas au Borussia Dortmund et Konstantinos Koulierakis à l'AS Roma : près de 90 M€ ont été investis sur trois internationaux grecs en l'espace de quelques jours. Une concentration spectaculaire qui prolonge une tendance amorcée depuis deux ans et nourrit les espoirs d'un grand retour de la Grèce.

Il ne s'agit évidemment pas d'une décision concertée entre les principaux clubs européens. Mais voir trois joueurs grecs rejoindre simultanément des institutions de Premier League, de Bundesliga et de Serie A pour de telles sommes constitue un véritable phénomène de mercato.
D'autant que cette vague intervient douze ans après la dernière participation de la Grèce à une grande compétition, lors du Mondial 2014 et de son élimination contre le Costa Rica aux tirs au but en huitièmes de finale. Le football grec aurait-il enfin trouvé la génération capable de sortir de cette longue traversée du désert ?
Des Grecs désormais achetés à prix d'or
La plus grosse opération concerne Tzolis, recruté par Arsenal pour environ 40 M€. L'ailier de 24 ans est devenu le joueur grec le plus cher de l'histoire, permettant au Club Bruges de réaliser la plus importante vente du championnat belge. Un montant justifié par une saison conclue avec 17 buts et 23 passes décisives en 36 matchs de championnat. Dortmund a, de son côté, déboursé 30 M€, plus 3 M€ de bonus, pour Karetsas. Né et formé en Belgique, le milieu offensif de 18 ans avait déjà disputé 92 rencontres avec Genk avant de s'engager jusqu'en juin 2031. Koulierakis complète ce trio après avoir quitté Wolfsburg pour l'AS Roma contre environ 15 M€. Moins spectaculaire financièrement, le transfert du défenseur central confirme tout de même l'attractivité de profils grecs très différents. À eux trois, un ailier, un créateur et un défenseur représentent près de 90 M€ d'investissements sur le même été, une concentration sans véritable équivalent dans l'histoire récente du pays.
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Cette poussée ne date pourtant pas de quelques jours. Brighton avait déjà déboursé environ 30 M€ pour Charalampos Kostoulas et 25 M€ pour Stefanos Tzimas en 2025, deux attaquants formés respectivement à l'Olympiakos et au PAOK. Le Sporting CP avait investi autour de 25 M€ sur Fotis Ioannidis, tandis que Benfica avait recruté Vangelis Pavlidis pour 18 M€ dès 2024. En ajoutant les opérations de cet été, plus de 180 M€ ont donc été engagés sur sept joueurs grecs en un peu plus de deux ans. Les parcours montrent néanmoins que les recruteurs n'achètent pas aveuglément dans le championnat hellène. Tzolis a reconstruit sa réputation à Düsseldorf puis à Bruges, Koulierakis a confirmé en Bundesliga, Pavlidis s'est révélé aux Pays-Bas et Karetsas a été entièrement développé en Belgique. Le phénomène repose ainsi sur une formation locale plus productive, une meilleure maturation à l'étranger et un travail efficace auprès de la diaspora, plutôt que sur une soudaine fascination pour le seul passeport grec.
Une génération dorée encore sans qualification
Le plus prometteur réside dans la répartition de ces talents. Ivan Jovanovic dispose déjà de Konstantinos Tzolakis ou Christos Mandas dans les buts, de Mavropanos et Koulierakis en défense, de Mouzakitis et Zafeiris au milieu, puis de Karetsas, Konstantelias et Tzolis derrière un attaquant comme Pavlidis, Ioannidis, Kostoulas ou Tzimas. L'ossature ne vient d'ailleurs pas uniquement de la diaspora. L'Olympiakos et le PAOK ont formé une grande partie de ces joueurs, tandis que Karetsas représente la grande victoire de la fédération auprès des binationaux après avoir porté le maillot belge chez les jeunes. Cette génération a déjà offert quelques aperçus saisissants. La Grèce a battu l'Angleterre à Wembley en octobre 2024, puis écrasé l'Écosse à Glasgow quelques mois plus tard avec Tzolakis, Mouzakitis, Karetsas, Konstantelias et Tzolis titulaires. Les trois derniers avaient marqué lors de ce succès 3-0 synonyme de promotion en Ligue A de la Ligue des Nations.
Le marché a donc déjà validé les qualités individuelles, mais la sélection doit encore transformer cette abondance en résultats. La Grèce a échoué lors des éliminatoires du Mondial 2026, éliminée après une défaite 3-1 au Danemark malgré des promesses intermittentes et une victoire tardive contre l'Écosse. Elle reste absente des grands tournois depuis 2014, après avoir pourtant enchaîné les qualifications à la suite de son titre européen de 2004 et atteint les quarts de l'Euro 2012. Jovanovic devra notamment trouver l'équilibre entre plusieurs joueurs offensifs qui aiment occuper les mêmes zones intérieures, tout en accompagnant des jeunes encore irréguliers dans leurs clubs. Le véritable rendez-vous sera probablement l'Euro 2028, lorsque Karetsas, Mouzakitis, Kostoulas, Tzimas, Koulierakis, Konstantelias et Tzolis auront tous gagné en expérience. L'Europe a déjà adopté cette nouvelle vague grecque à coups de dizaines de millions d'euros. Il appartient désormais à la sélection de démontrer que cette mode du mercato peut devenir un véritable renouveau sportif.
La Grèce peut-elle devenir une place forte du football européen dans les années à venir ? N'hésitez pas à réagir et débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» ...

