Coupe du monde 2026 : la France a conquis l'Amérique
com.Les États-Unis rêvent d'un sacre en Coupe du monde, mais à New York, entre chauvinisme et ferveur naissante pour le soccer, un autre favori s'impose dans toutes les conversations : l'équipe de France. Des vendeurs de rue aux touristes, des gratte-ciel aux boutiques officielles, les Bleus ont séduit l'Amérique.

Trois secondes. Il reste trois secondes à jouer dans le temps additionnel de la finale de la Coupe du monde. Les États-Unis et le Brésil sont toujours à égalité lorsque Christian Pulisic s'avance pour tirer un ultime corner. L'Américain enroule son ballon, qui termine sa course directement dans la lucarne. Qui l'eût cru ? Team USA remporte le Mondial au buzzer. Le pays s'embrase. Des billets de banque sont imprimés à l'effigie de Weston McKennie, Tyler Adams devient le nouveau visage des écrans géants de Times Square, les héros du soccer éclipsent les légendes du football américain dans l'imaginaire collectif, et Zlatan Ibrahimovic finit même par se faire raser la tête par Tom Brady, comme il l'avait juré si les États-Unis devenaient champions du monde.
Cette scène se déroule dans la tête de deux amis installés au comptoir d'un bar. «Tu crois que les États-Unis peuvent gagner la Coupe du monde ? Ça pourrait arriver», lance le premier. «Jamais», répond le second. Jusqu'à ce qu'un troisième s'invite dans la conversation : «Quoi ? Vous ne croyez pas aux miracles ?», lance-t-il avant de régler sa consommation avec l'un des fameux billets à l'effigie de McKennie. Evidemment, rien de tout cela n'est réel. Pas pour l'instant, en tout cas. Pourtant, cette publicité imaginée par Fox, diffuseur de la compétition aux États-Unis, résume l'atmosphère qui accompagne ce Mondial. Le pays rêve d'un exploit historique de sa sélection. Mais derrière ce patriotisme de circonstance, une autre équipe suscite une fascination presque unanime : la France.
emplacement publicitaire
Les Bleus font peur
À New York, où le Mondial se fait finalement assez discret dans l'espace public si l'on fait l'impasse sur les quantités de maillots qui défilent dans les rues à longueur de journée, les conversations dérivent très souvent vers les Bleus. Comme si, dès que le sujet football s'invitait dans une discussion, il finissait inévitablement par être question de Kylian Mbappé et des siens. Pourtant, la ville vit d'abord et surtout pour ses Knicks. Trois semaines après leur premier titre NBA depuis plus d'un demi-siècle, Manhattan est encore tapissée de maillots, de casquettes et de goodies orange et bleu.
Un peu de Coupe du monde... Mais ce sont surtout les couleurs des Knicks qui décorent New York

À Herald Square, devant l'immense centre commercial Macy's, des vendeurs à la sauvette bravent une chaleur suffocante pour écouler des montagnes de produits dérivés célébrant les nouveaux héros de New York. À peine la discussion engagée pour marchander un t-shirt, celle-ci dérive sur la formation de Didier Deschamps en dix secondes. «Olise, Mbappé, Dembélé... cette attaque est incroyable. Le milieu est très fort. Derrière aussi. Cette équipe est complète. Pour moi, elle va gagner», lâche notre commerçant de rue, avec la même certitude que s'il évoquait ses Knicks adorés. Le plus frappant, c'est que la scène se répète partout.
Jusqu'au 86e étage de l'Empire State Building, là où l'on peut voir la vie fourmiller en minuscule sous nos pattes 320 mètres plus bas, un chef d'ascenseur nous parlera de la force de frappe offensive des Bleus. La veille des 16es de finale, un employé d'origine ivoirienne du célèbre gratte-ciel admet que, si les Éléphants croisent l'équipe de France, l'issue ne fait guère de doute. Un supporter suédois de passage plaisante sur «la toute petite équipe» que les Blågult s'apprêtent à défier. En route vers le MetLife Stadium, un commentateur grec nous livre la même analyse : si la France reste fidèle à son jeu collectif et conserve un groupe soudé, personne ne l'empêchera de soulever le trophée le 19 juillet.
Le maillot version Statue de la Liberté a plu
À force, ce consensus finit presque par surprendre. Car si les supporters français sont loin d'être majoritaires dans les stades - environ 5 000 seulement accompagnent les Bleus à chaque match - leurs maillots sont pourtant omniprésents. Le bleu traditionnel, évidemment, mais surtout cette étonnante tunique vert menthe, inspirée de la teinte actuelle de la Statue de la Liberté, laquelle résulte de l'oxydation de ses plaques de cuivre au contact de l'air marin. Le clin d'oeil n'a échappé à personne. «Je crois qu'on doit quand même vous dire merci pour la statue... Et puis votre maillot qui lui rend hommage est vraiment réussi», glisse un Américain d'une cinquantaine d'années dans la file d'attente de Liberty Island, où trône le monument offert par la France aux États-Unis à la fin du XIXe siècle.
Les maillots vert menthe ont du succès

L'avis semble partagé par beaucoup. Le succès est tel que les maillots français ont disparu des rayons de la Nike House of Innovation sur la Cinquième Avenue. Plus un seul exemplaire, ni en bleu, ni en vert. Dans les boutiques officielles de la FIFA, ça et là dans la Big Apple, ne subsistent que quelques tailles enfants et de rares XXL. En attendant de savoir si les Bleus soulèveront réellement la Coupe du monde, ils ont déjà remporté l'adhésion d'un pays qui, il y a encore quelques années, regardait le football avec curiosité. À New York, le soccer parle aujourd'hui avec un léger accent français.
Que pensez-vous de l'enthousiasme autour de l'équipe de France ? N'hésitez pas à réagir et débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» ...
VIDEO : la publicité de Fox pour la Coupe du monde


ouvrir
