Japon : le plafond n'a pas cédé

Par Youcef Touaitia - Actu Mondial 2026, Mise en ligne: le 30/06/2026 à 14h06 - com.
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Éliminé par le Brésil (1-2) dans les dernières secondes en 16es de finale de la Coupe du monde 2026, le Japon a encore échoué au moment de franchir son cap historique. Les Samurai Blue progressent, rivalisent avec les plus grands, mais restent bloqués par ce match à élimination directe qui leur échappe depuis toujours.

Japon : le plafond n'a pas cédé
La déception des Japonais après la défaite contre le Brésil.

Le Japon attendait cette Coupe du monde comme une heure de vérité. Elle a bien eu lieu. Mais elle a encore tourné du mauvais côté. Face au Brésil, les hommes de Hajime Moriyasu ont cru tenir le match qui pouvait changer leur histoire, avant de céder dans le temps additionnel sur un but de Gabriel Martinelli. Une nouvelle désillusion cruelle pour une sélection qui n'a plus rien d'une curiosité, mais qui reste incapable de briser son plafond de verre.

Encore si près

C'est peut-être ce qui rend cette élimination aussi douloureuse. Le Japon n'a pas été balayé par le Brésil. Il l'a bousculé, a mené au score, a longtemps donné l'impression de pouvoir faire tomber une nouvelle grande nation après ses exploits des dernières années contre l'Allemagne ou l'Espagne. Mais au moment de transformer une performance solide en moment historique, les Samurai Blue ont encore manqué le détail qui sépare une équipe séduisante d'une équipe vraiment majeure.


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L'histoire commence à devenir lourde. En 2002, le Japon avait été stoppé par la Turquie dans une affiche qui semblait ouvrir une porte vers les quarts. En 2010, le Paraguay l'avait sorti aux tirs au but. En 2018, la Belgique l'avait renversé dans les dernières secondes après avoir été menée 2-0. En 2022, la Croatie l'avait encore privé du cap suivant au bout d'une séance mal maîtrisée. En 2026, le Brésil s'est chargé d'ajouter une nouvelle ligne à cette série noire. Le Japon n'est plus loin. Mais il reste toujours dehors.

Moriyasu, symbole d'une limite

Personne n'incarne mieux cette douleur que Moriyasu. Joueur lors du fameux «drame de Doha» en 1993, quand le Japon a manqué la Coupe du monde 1994 dans les dernières secondes contre l'Irak, l'actuel sélectionneur n'avait ensuite pas été convoqué pour la première participation nippone au Mondial en 1998. Devenu entraîneur, il a encore connu les grands rendez-vous manqués : finale de Coupe d'Asie perdue contre le Qatar en 2019, élimination aux tirs au but contre la Croatie en 2022, puis ce revers contre le Brésil au bout du temps réglementaire.

Ce n'est pas une malédiction individuelle. Moriyasu n'est pas l'homme qui empêche le Japon de grandir, mais le témoin permanent de son plafond de verre. Sous ses ordres, les Samurai Blue ont gagné en maturité, en structure, en expérience européenne et en capacité à rivaliser avec les cadors. Mais il leur manque encore cette cruauté qui permet de tuer un match, de résister quand l'adversaire pousse et de convertir une génération solide en référence mondiale. Le Japon n'a jamais semblé aussi proche. C'est peut-être ce qui rend ses chutes encore plus cruelles.

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