Espagne : une histoire contrariée avec le Mondial
com.Accrochée par le Cap-Vert (0-0) pour son entrée dans la Coupe du monde 2026, l'Espagne a confirmé une tendance étonnante. Depuis son sacre en 2010, la Roja n'a remporté que trois de ses douze matchs disputés dans la compétition.

L'Espagne reste une puissance majeure du football européen. Championne d'Europe en 2012 puis en 2024, régulièrement citée parmi les favoris des grandes compétitions, la sélection ibérique continue de produire des générations de très haut niveau.
Mais en Coupe du monde, le tableau est beaucoup plus contrasté. Depuis son titre décroché en Afrique du Sud, la Roja affiche un bilan de 3 victoires, 6 nuls et 3 défaites. Un paradoxe qui s'est encore prolongé face au Cap-Vert (0-0).
Un paradoxe espagnol
Depuis 2010, les seules victoires espagnoles en Coupe du monde ont été obtenues contre l'Australie (3-0), l'Iran (1-0) et le Costa Rica (7-0). Le reste raconte une sélection souvent dominante dans le jeu, mais rarement souveraine dans les faits. En 2014, l'Espagne a explosé dès le premier tour après ses défaites contre les Pays-Bas (1-5) et le Chili (0-2). En 2018, elle a été sortie par la Russie (1-1, 3-4 tab) en huitièmes de finale après une longue possession stérile. En 2022, même scénario frustrant face au Maroc (0-0, 0-3 tab), après un tournoi déjà marqué par une défaite contre le Japon (1-2).
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Cette difficulté ne sort pourtant pas de nulle part. Avant 2010, l'Espagne avait déjà une histoire contrariée avec le Mondial. Hormis sa quatrième place en 1950, son meilleur résultat pendant des décennies, la Roja a surtout accumulé les frustrations : quart de finale en 1934, 1986, 1994 et 2002, mais jamais plus loin. Pour une nation aussi forte en clubs, aussi riche techniquement et aussi régulièrement attendue, le Mondial a longtemps été le théâtre d'un plafond invisible. Le sacre de 2010 n'a donc pas effacé cette histoire. Il l'a surtout suspendue pendant un mois parfait à l'époque du grand Barça de Pep Guardiola.
Pas encore un signal rouge
Le nul contre le Cap-Vert ne doit pas pour autant entraîner de conclusions hâtives. L'histoire de la Coupe du monde regorge de futurs champions mal lancés. L'Italie 1982 avait débuté par un match nul. La RFA 1974, l'Argentine 1978 ou la France 2018 n'avaient pas immédiatement convaincu. L'Espagne elle-même, en 2010, avait perdu son premier match contre la Suisse (0-1) avant d'aller au bout, comme l'Argentine en 2022 après sa défaite contre l'Arabie Saoudite. Dans un tournoi élargi et encore plus long, un départ poussif ne condamne personne.
Mais ce premier match a tout de même rappelé une limite claire. Sans Lamine Yamal et Nico Williams, grands artisans du sacre lors du dernier Euro, à pleine capacité, l'Espagne manque de rupture. Entrés tardivement face au Cap-Vert, les deux ailiers peuvent offrir cette largeur, ce un contre un et cette capacité de déséquilibre qui ont tant manqué face à un bloc compact. La Roja conserve un potentiel immense, mais son passé mondial invite à la prudence. En Europe, elle sait imposer son statut. En Coupe du monde, elle doit encore prouver qu'elle peut le faire durer.
Quel parcours pour l'Espagne dans ce Mondial ? N'hésitez pas à réagir et à débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» ...


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