Australie : toujours là quand on l'oublie
com.Victorieuse de la Turquie (2-0) pour son entrée dans la Coupe du monde 2026, l'Australie a encore rappelé une évidence souvent oubliée : elle n'est jamais simple à jouer. Sans grande star ni étiquette prestigieuse, les Socceroos restent une sélection capable de gêner, d'user et de punir des adversaires plus cotés.

On avait presque fini par l'oublier. Face à une Turquie plus attendue, plus talentueuse sur le papier et portée par plusieurs individualités excitantes, l'Australie a pourtant signé une entrée parfaite dans le groupe D.
Largement dominés dans la possession et souvent protégés par un Patrick Beach décisif, les Socceroos ont résisté avant de frapper avec une efficacité clinique, grâce à Nestory Irankunda puis Connor Metcalfe. Le scénario n'a rien d'un hasard isolé. Il rappelle surtout ce que cette équipe raconte depuis vingt ans en Coupe du monde.
Une gêne permanente
L'Australie n'a jamais eu le prestige des grands outsiders. Elle ne déclenche pas l'enthousiasme spontané d'une sélection africaine ambitieuse, ni la curiosité tactique entourant le Japon ou la Corée du Sud. Géographiquement associée à l'Océanie, sportivement intégrée à l'Asie, culturellement rangée dans un pays où le rugby, le cricket ou le football australien pèsent lourd, elle occupe une place à part dans l'imaginaire du football mondial. On la classe vite parmi les équipes physiques, travailleuses, limitées. Puis le match commence, et l'adversaire découvre une formation beaucoup moins confortable que prévu.
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Son histoire récente va dans ce sens. En 2006, l'Australie sort d'un groupe relevé avec le Brésil, la Croatie et le Japon avant de tomber en huitième contre l'Italie, futur championne du monde, sur un penalty très discuté dans les dernières secondes. En 2010, elle débute par une claque face à l'Allemagne, mais termine avec quatre points après un nul contre le Ghana et une victoire contre la Serbie. En 2014, les trois défaites n'effacent pas le souvenir d'un match spectaculaire contre les Pays-Bas, marqué par la volée mythique de Tim Cahill. En 2018, elle accroche longtemps la France, future championne du monde. En 2022, elle sort de sa poule puis fait trembler l'Argentine jusqu'au bout. L'Australie perd parfois, mais rarement sans laisser de trace.
Sans star, mais pas sans force
La différence avec les grandes années tient aussi aux visages. Quand on pense aux Socceroos, les noms de Mark Viduka, Harry Kewell, Tim Cahill ou Mark Schwarzer reviennent encore naturellement. La sélection actuelle n'a pas cette tête de gondole évidente, ce joueur qui attire immédiatement la lumière ou donne une lecture simple de son potentiel. Nestory Irankunda, buteur avec une précocité record à 20 ans contre la Turquie, peut devenir ce symbole générationnel, mais le groupe de Tony Popovic repose d'abord sur autre chose : une homogénéité, une discipline, un refus de subir sans répondre.
Cette absence de superstar peut être une limite, surtout lorsqu'il faut créer contre un bloc bas ou changer un match par pur talent. Mais elle rend aussi l'Australie plus difficile à résumer, donc parfois plus dangereuse à sous-estimer. Contre la Turquie, tout son football de tournoi s'est exprimé avec un bloc compact, une souffrance acceptée, un gardien en état de grâce, des transitions rapides et un réalisme dans les moments clés. Avec trois points pris d'entrée dans un groupe équilibré, l'Australie n'a pas eu besoin de séduire pour envoyer un message.
Quelle Coupe du monde pour l'Australie ? N'hésitez pas à réagir et à débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» …


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