Lille : le paradoxe Bentaleb
com.Revenu d'un arrêt cardiaque qui aurait pu tout briser, Nabil Bentaleb rayonne de nouveau avec le LOSC. Mais au moment même où son niveau en club confirme les ambitions lilloises, le milieu algérien reste coincé hors du radar des Fennecs.

Il y a quelques mois, sa simple présence sur une feuille de match relevait de l'exploit. Autorisé à rejouer avec un défibrillateur après son accident cardio-respiratoire, Nabil Bentaleb avait signé un retour bouleversant en marquant dès sa reprise en février 2025. Un an plus tard, il ne s'agit plus seulement de saluer son courage, mais de constater qu'il pèse de tout son poids sur le jeu.
Le patron retrouvé du LOSC
Le Dogue redonne une forme étincelante au milieu lillois après un hiver difficile. Ce qui frappe, c'est sa capacité à mettre de l'ordre : il ralentit pour calmer le jeu ou accélère quand la faille apparaît. Dans une équipe qui a beaucoup tangué, le Nordiste apporte une maîtrise vitale. Le derby contre Lens (3-0) l'a encore prouvé. Sans bruit, le milieu a contrôlé l'entrejeu et dicté un rythme que les Sang et Or n'ont jamais brisé. Ce dimanche à Toulouse, l'Algérien a encore livré une prestation de patron, confirmant une dynamique qui ne se dément plus.
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C'est là sa vraie force : l'ancien capitaine d'Angers est un régulateur. Quand le ballon arrive sur lui, tout se simplifie. Son jeu long ouvre des angles et son jeu court fluidifie les circuits, donnant au LOSC une assise autant intellectuelle que technique. Loin des gestes spectaculaires, Bentaleb rend son équipe plus cohérente et mature, comme en témoignait déjà sa prestation solide à Marseille avant la trêve internationale et sa passe somptueuse au Stadium qui provoque l'expulsion directe de Mark McKenzie.
L'Algérie l'oublie, lui pense au Mondial
Le paradoxe est total pour un joueur aux 57 sélections, présent au Mondial 2014 et rappelé fin 2025 avant de disparaître. Pas de CAN 2025, pas de rassemblement en mars, et aucune présence lors des derniers rendez-vous avant la Coupe du monde 2026. Lui n'a pourtant pas renoncé. Après le derby remporté la semaine passée, le métronome du LOSC l'a affirmé : «Je me sens bien. C'est ma meilleure période lilloise. J'espère faire partie de l'aventure mondiale.»
Pourtant, son absence devient difficile à justifier. Vladimir Petkovic évoque des «choix techniques» , mais la forme et l'expérience de Bentaleb nourrissent le débat. S'il n'est plus le symbole d'avenir que certains veulent installer, il reste un profil rare, plus organisateur que simple soldat. Plus Lille gagne avec lui, plus la question de son retour brûlera les lèvres. Le LOSC tient un métronome revenu de loin. L'Algérie, elle, fait comme s'il n'existait plus.
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