Ligue 1 : Pantaloni, Dujeux, Digard... La magie à coût zéro
En dépit de moyens très limités, Lorient, Angers et Le Havre réalisent chacun une saison très intéressante. Déjà en avance sur l'objectif du maintien, ces trois formations pourraient revoir leurs ambitions à la hausse.

Et si, sur un grand malentendu, le FC Lorient retrouvait la Coupe d'Europe l'année prochaine ? Aux deux tiers du championnat, le scénario n'a rien de saugrenu : 9es de Ligue 1, les Merlus n'ont que trois points de retard sur la 5e place détenue par Lille, directement qualificative pour la Ligue Europa.
Pour Angers (11e) et Le Havre (13e), cela relève davantage de l'utopie que du quiproquo général, quand bien même les écarts avec les strapontins européens ne sont pas impossibles à combler sur les 12 derniers matchs. Néanmoins, cela met en valeur l'excellent travail de ces trois clubs cette saison.
Un mercato à zéro euro (ou presque)
Il est difficile de donner un classement objectif des clubs qui travaillent le mieux, mais à coup sûr, Lorient, Angers et Le Havre auraient une mention très, très honorable. Ces trois écuries sont celles qui ont le moins dépensé sur le marché des transferts en Ligue 1 cette saison. Seulement 2,2 millions d'euros à elles trois, soit… 0,3% du montant total consommé par des clubs de l'élite depuis l'été dernier. Les chiffres sont saisissants. Les seules recrues payantes de ces trois clubs ? Les Lorientais Arsène Kouassi (1,2 M€ en provenance d'Ajaccio) et Noah Cadiou (1 M€ en provenance de Rodez), qui ont pleinement justifié les investissements respectifs.
emplacement publicitaire
Autrement, les Merlus ont misé sur des prêts dans l'ensemble, comme le SCO (privé de trois recrues par la DNCG l'été dernier), qui a réussi à attirer Hervé Koffi en provenance de Lens, ou Branco van den Boomen depuis l'Ajax, jusqu'à la fin de la saison. Il y a aussi eu des arrivées de joueurs sans contrat, mais pas autant qu'au Havre, qui, contraint économiquement, n'a pas eu d'autres choix que de se rabattre sur des agents libres pour renforcer son effectif. À l'image de Sofiane Boufal cet hiver, ou de la révélation Ayumu Seko à l'intersaison, le HAC a réussi à attirer dix joueurs de cette manière, en plus des quatre prêts contractés. Un mercato à coût zéro pour une réussite maximale.
Lumière sur les coachs
Fort d'une dynamique ultra positive (une seule défaite sur les 13 derniers matchs), Lorient s'est mêlé dans la lutte pour l'Europe en s'imposant dimanche contre Angers (2-0). Le rythme sera bien entendu difficile à tenir pour le promu, mais si le rêve n'est pas permis maintenant, alors il ne le sera peut-être jamais. L'entraîneur Olivier Pantaloni, grand artisan du succès inattendu du champion de Ligue 2 en titre, pourrait d'ailleurs recevoir une prolongation en guise de récompense. Telle est la volonté des dirigeants.
Beaucoup de mérite revient aussi au coach angevin Alexandre Dujeux, qui bricole avec pas grand-chose, mais qui valorise beaucoup, à l'image des transferts d'Esteban Lepaul (à Rennes) et Sidiki Chérif (à Fenerbahçe) ayant rapporté près de 40 millions d'euros en six mois. Et sait-on jamais, la 7e place, qui pourrait être européenne en fin de saison, n'est qu'à deux points. Enfin, Didier Digard, pour sa part, ne rêve probablement pas d'Europe. Mais avoir acquis une telle avance pour le maintien (+9 points par rapport au barragiste) à 12 journées de la fin en étant le roi du recyclage, confirme que l'entraîneur havrais est, lui aussi, l'un de ces magiciens de l'ombre.
Que pensez-vous du travail de Lorient, Angers et Le Havre cette saison ? N'hésitez pas à réagir et débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» ...

