OM : un banc qui ne tient jamais en place
Avec le départ de Roberto De Zerbi, l'Olympique de Marseille s'apprête à ouvrir un nouveau chapitre sur son banc. Une fâcheuse manie pour un club qui gaspille historiquement ses entraîneurs.

Roberto De Zerbi n'est déjà plus l'entraîneur de l'Olympique de Marseille. Alors qu'il s'imaginait sur le long terme sur la Canebière, l'Italien a décidé de jeter l'éponge après un début d'année 2026 marqué par une élimination dès la phase de ligue de la Ligue des Champions et une déroute historique face au Paris Saint-Germain (5-0). Un destin similaire à celui de nombreux de ses prédécesseurs.
Une instabilité qui dépasse l'ère Longoria
Depuis 2000, le club phocéen a déjà enchaîné 31 entraîneurs, intérimaires inclus. Une fréquence infernale : moins d'un an par mandat en moyenne, et surtout une difficulté à laisser un cycle se construire. La preuve la plus nette, c'est que, dans ce siècle, un seul entraîneur a réussi à enchaîner trois saisons complètes : Didier Deschamps (2009-2012). Autour, tout ressemble à une suite de séquences avortées, parfois malgré des périodes sportives correctes.
Et sous Pablo Longoria, la tendance s'est même durcie puisqu'aucun coach n'a mené deux saisons complètes consécutives. André Villas-Boas, Jorge Sampaoli, Igor Tudor, Gennaro Gattuso, De Zerbi... Avec, entre deux, des intérims qui deviennent presque un passage obligé (Larguet, Abardonado, Passi, Gasset...). Dans ce contexte, le banc n'est plus un socle, mais un poste exposé, constamment remis en jeu, où la moindre série négative relance la question de l'électrochoc.
emplacement publicitaire
Un mal ancien et persistant
Cette instabilité ne date pas du XXIe siècle. L'histoire olympienne est jalonnée de retours et de mandats fragmentés. Mario Zatelli, recordman de matchs sur le banc (217), a dû passer par trois périodes distinctes (1964-1966, 1968-1970, 1972-1973). Jean Robin a, lui, connu plusieurs vies marseillaises (1956-1958, 1963-1964, 1980). Même Jules Zvunka, figure durable des années 1970, s'inscrit dans une époque où les changements restaient fréquents. La continuité a toujours été l'exception plus que la règle.
Le constat vaut aussi pour les techniciens étrangers. Le dernier à avoir enchaîné deux saisons complètes consécutives demeure Giuseppe Zilizzi entre... 1947 et 1949. Depuis, malgré le passage de noms prestigieux comme Franz Beckenbauer, Raymond Goethals ou Tomislav Ivic, les cycles sont restés très courts, souvent morcelés. À Marseille, le banc n'est pas seulement instable par accident. Il est devenu, au fil des décennies, peu importe la direction, un poste structurellement fragile.
Que pensez-vous de la gestion des entraîneurs à l'Olympique de Marseille ? N'hésitez pas à réagir et débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» ...

