Irréprochable samedi à Croke Park face à l'Irlande, Hugo Lloris a réussi la meilleure prestation de sa jeune carrière en équipe de France. Mais le portier de l'Olympique Lyonnais, qui garde la tête froide, ne semble pas avoir conquis ses galons de numéro 1 aux yeux de Raymond Domenech.
Toujours pas officiellement numéro un au poste de gardien de but chez les Bleus, Hugo Lloris (22 ans, 11 matches de L1 cette saison, 7 sélections), s'est en tous cas comporté en leader samedi à Croke Park, face à l'Irlande. Tranchant dans ses sorties, irréprochable dans sa lecture du jeu, le dernier rempart de l'Olympique Lyonnais a parfaitement fait ce qu'il avait à faire, sauvant son camp de l'égalisation en fin de match. Tel un chat, Hugo Loris se jeta promptement dans les pieds de Glenn Whelan, oublié pour une fois par Eric Abidal (87e). Le dernier acte d'une prestation de classe mondiale, saluée comme il se doit par son capitaine. «Sans lui, on ne gagnait pas ce soir» , a souligné Thierry Henry.
Auteur la semaine passée de bévues inhabituelles lors de ce match hors-norme que fut OL-OM (5-5), Hugo Lloris a prouvé que la gamberge, voire le doute, n'avaient guère de prise sur lui. «C'est vrai que c'était un match un peu particulier, mais il faut être professionnel, surtout à ce poste, il faut tourner la page rapidement» , a déclaré calmement l'ancien Niçois après la rencontre, tout en gardant la tête froide quant à sa prestation du soir. «J'ai eu quelques situations difficiles mais ça ne reste qu'un match.»
Toujours pas de hiérarchie ?
Après la rencontre, Raymond Domenech s'est toutefois montré très discret sur la performance de son gardien. «Chaque match a une vérité. On a au moins deux gardiens de très haut niveau. Ca peut se jouer à pas grand-chose. On n'a pas pris de but. Le gardien a fait son travail comme toute l'équipe» , a réagi le sélectionneur tricolore, qui semble mettre un point d'honneur à ne pas officialiser de hiérarchie au niveau de ses portiers. Une manière de les maintenir sous pression ? Hugo Lloris a en tous cas montré qu'il fallait beaucoup plus qu'un barrage aller de Coupe du monde pour l'affoler. Quitte à donner l'image d'un grand timide, ainsi que l'a constaté Patrice Evra. Si la sécurité de l'équipe de France est à ce prix, ce ne sera pas trop cher payé.