Égypte : le réquisitoire de Hassan
Éliminée par le Sénégal (0-1), mercredi, en demi-finales de la CAN 2025, l'Égypte a quitté le tournoi dans un climat de tension. En conférence de presse, son sélectionneur Hossam Hassan a livré une charge frontale contre l'organisation, entre calendrier, déplacements et arbitrage.

L'Égypte va devoir patienter avant de broder une huitième étoile sur son maillot. Battu au terme d'un match longtemps fermé, le septuple champion d'Afrique n'a pas seulement vu sa route s'arrêter aux portes de la finale. À chaud, Hossam Hassan a transformé l'élimination en réquisitoire, pointant ce qu'il considère comme une accumulation de désavantages subis par sa sélection.
Un procès logistique frontal
«Ce qui est arrivé à notre équipe nationale n'est pas juste» , a lancé le sélectionneur égyptien, ciblant d'abord l'enchaînement des rencontres. «Jouer après seulement deux jours du match contre la Côte d'Ivoire, en plus d'arriver tout juste d'un voyage, alors que le Sénégal a eu trois jours de repos et joue dans la même ville où il est resté pendant tout le tournoi.» Un argument appuyé par la comparaison directe entre une équipe sénégalaise installée à Tanger depuis le début de la compétition et des Pharaons contraints de quitter Agadir pour rallier le nord du Maroc après leur quart de finale.
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L'ancien buteur emblématique de la sélection égyptienne a insisté sur cet écart logistique. «Regarde le nombre de jours où ils se sont reposés. Imagine, ils n'ont ni changé de lit ni d'hôtel, contrairement à mes joueurs qui sont revenus de voyage et ont tout changé.» Un constat factuel, partagé avec le Maroc, également finaliste de cette édition de la CAN, qui n'a pas quitté Rabat une seule fois du tournoi. Un avantage structurel assumé par la CAF, connu avant même le coup d'envoi de la compétition, mais qui nourrit régulièrement les contestations des équipes contraintes de voyager.
L'arbitrage dans le viseur
La charge s'est ensuite déplacée vers l'arbitrage. «Nous n'avons pas eu assez de temps additionnel pour tenter d'égaliser. Je ne comprends pas pourquoi nous avons été traités ainsi, alors qu'il y a eu dix changements au total dans ce match» , a regretté le manager de 59 ans, estimant que la fin de rencontre ne lui avait pas permis de jouer ses chances jusqu'au bout. Le discours s'est ensuite durci. «Il y a eu beaucoup d'erreurs de la part de l'arbitre. La FIFA doit intervenir pour garantir l'équité dans les grands tournois comme la Coupe d'Afrique des Nations.» Une mise en cause directe de l'arbitrage, mais aussi de l'organisation générale de la compétition.
Les données du match nuancent toutefois cette lecture. L'Égypte a terminé la rencontre avec seulement trois tirs, dont un seul cadré, intervenu à la 94e minute, pour 36% de possession et un seul corner obtenu. Jusqu'au but de Sadio Mané inscrit en fin de match, les Pharaons ont évolué dans un bloc très bas, sans pressing haut ni réelle volonté de déséquilibrer l'adversaire. Une approche en net contraste avec leurs deux sorties précédentes, conclues par six buts inscrits, dont l'élimination spectaculaire de la Côte d'Ivoire (3-2). La fatigue et la logistique peuvent expliquer une partie du scénario, mais le contenu proposé face au Sénégal a aussi pesé lourd dans l'issue de la demi-finale.
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