Lors de la victoire du Real Madrid face à Benfica (1-0) en Ligue des Champions mardi, l'ailier madrilène Vinicius Junior a accusé son homologue lisboète Gianluca Prestianni d'insultes racistes. Sans choisir un camp, l'entraîneur de Benfica José Mourinho a tout de même reproché au Brésilien sa manière de célébrer (voir ici). Dans L'Equipe ce jeudi, Lilian Thuram a dézingué le technicien portugais pour cette sortie !
"Oui, parce que la nature de ses propos en dit beaucoup sur 'pourquoi on n’avance pas'. Mourinho est un grand entraîneur, avec une carrière exceptionnelle ; il a travaillé avec beaucoup de joueurs noirs dans sa vie et ça ne l’empêche pas, premièrement, de douter de la véracité de l’acte raciste et, deuxièmement, de s’interroger sur la responsabilité de la victime à travers sa façon d’avoir célébré son but. Mais comment peut-il dire ça ? Mais qui êtes-vous, M. Mourinho, pour vous permettre de décider de ce que Vinicius a le droit de faire ou non ? Il y a dans ce jugement un sentiment de supériorité et de narcissisme blanc. L’acte de racisme dont a été victime Vinicius n’est pas lié à son comportement, mais à la couleur de sa peau. (...) Mourinho suggère que ce soit possiblement de la faute de Vinicius. Qu’il l’ait bien cherché, en somme. C’est d’une violence totale", a déploré l'ancien défenseur, avant de poursuivre.
"Quand Mourinho veut nous faire croire que Vinicius est responsable du racisme qu’il subit, c’est pathétique. Par cette analyse, il devient une petite personne, un petit monsieur. Tant qu’il y aura des comportements comme celui-ci, on ne sera pas tous ensemble pour lutter. Et c’est ça aussi l’histoire du racisme. Mourinho n’analyse pas l’acte raciste en tant qu’homme, mais en tant qu’homme blanc. On n’est pas obligés de penser à travers sa couleur de peau", a soufflé le champion du monde 1998.