Le Real redescend sur terre
Par Rodolphe Cazejust - 100% Clubs, Mise en ligne: le 21/04/2004 à 20h59
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Eliminé dès les quarts de finale de la Ligue des champions et finaliste malheureux de la Coupe du Roi, le Real Madrid n'est en outre pas du tout assuré de remporter le titre de champion d'Espagne. A cinq journées de l'issue de la Liga, il est temps de tirer un bilan de la saison des Merengues.

Une saison blanche ?

Mardi et mercredi, dans la soirée, les joueurs du Real Madrid ne se trouvaient pas sur une pelouse pour disputer les demi-finales de la Ligue des Champions. Comme l'année dernière, ils n'ont eu que le loisir de regarder les quatre dernières équipes de la compétition à la télévision. Eliminé de la plus prestigieuse des coupes européennes par l'AS Monaco, le Real subit actuellement les foudres de la presse madrilène et de ses supporters. Il y a dix jours, à l'issue la première défaite à domicile du club de la capitale espagnole face à Osasuna (0-3) pour le compte de la trente-deuxième journée de championnat, le quotidien sportif Sport titrait : «Les Galactiques ridicules» . De son côté, El Mundo comparait l'échec du Real face à Osasuna à un «suicide à Bernabeu» . Pendant la débâcle, les supporters du club manifestaient leur colère en agitant des mouchoirs blancs et en sifflant abondamment leurs joueurs et dirigeants.


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Le constat effectué par Jorge Valdano est accablant : «Nous faisons l'expérience de la pire des situation qu'ait vécue le club depuis quatre ans, c'est notre première défaite à domicile de la saison et nous la concédons de la plus mauvaise des manières et au plus mauvais moment» , reconnaissait dimanche soir le directeur sportif des Merengues. Toutefois, les aficionados du Real n'expriment pas leur désarroi pour l'unique raison de cet échec à Santiago Bernabeu. Relégué à la seconde place du championnat après avoir pourtant compté pas loin de dix points d'avance sur son principal concurrent, Valence, Madrid, qui ne deviendra pas champion d'Europe cette saison, s'est fait surprendre en finale de la Coupe du Roi par le Real Saragosse et a ainsi laissé échapper la Coupe d'Espagne.

De multiples responsabilités

Les raisons de ses échecs successifs sont nombreuses. Les joueurs tout d'abord ne sont pas exempts de tout reproche. Si Ronaldo, Zidane, Beckham et Figo remplissent parfaitement leur rôle, les prestations de Raul ne sont pas cette saison digne de son grand talent. Plus encore, c'est la défense toute entière, huitième de la Liga, qui est aujourd'hui mise en cause. Si Roberto Carlos et Salgado apportent de nombreuses possibilités lors des phases offensives, ils sont souvent inexistants concernant le travail défensif. Dans l'axe, Helguera, pourtant expérimenté, est coupable de multiples bévues qui ne sont évidemment pas compensés par la relative mais logique faiblesse des jeunes défenseurs du club, Pavon et Mejia. Enfin, aux côtés de Beckham, Guti, milieu offensif de formation et ancien avant-centre, ne parvient pas à freiner les attaques adverses. Les dirigeants du Real sont largement fautifs de cet état de fait. En laissant partir Makélélé à Chelsea sans engager un milieu défensif de métier, ils ont commis une grave erreur.

En décidant de ne recruter que des grandes stars de l'offensive et en faisant le choix délibéré de ne pas donner de moyens à son centre de formation, Florentino Perez semble avoir oublié qu'une équipe de football doit s'appuyer sur une base défensive solide composée d'au moins un spécialiste de ce secteur. Du coup, Carlos Queiroz ne présente que des formations déséquilibrées, dont le seul attrait est de jouer tout pour l'attaque. Le roi Pelé n'est d'ailleurs pas tendre lorsqu'il s'agit d'évoquer le schéma de jeu du Real. Selon lui, les Merengues sont victimes d' «erreurs stratégiques» qui «menacent leur équilibre» . «On a oublié de construire une équipe complète, or on ne peut avoir seulement des virtuoses du piano dans une équipe, il faut aussi des joueurs qui puissent porter l'instrument» , conclut le Brésilien. Même si l'entraîneur du Real ne possède pas un banc à la hauteur de son onze de départ, il est pourtant fautif de ne pas prendre les responsabilités que devrait prendre le technicien d'un club qui aspire à tout gagner : tout au long de la saison, il n'aura cessé d'aligner l'intégralité de ses stars offensives, sans penser à renforcer son milieu de terrain défensif, ni même à faire tourner son effectif en utilisant des joueurs de talents tel l'attaquant Portillo (seulement trois titularisations en championnat).

Obligation de remporter le titre

Récemment, Michel Platini a ajouté son grain de sel en critiquant l'organisation mise en place par Carlos Queiroz. Pour le vice-président de la FIFA, «Zidane, s'il est un joueur fantastique, ne joue pas à sa place» . Confiné dans un rôle de milieu de terrain excentré sur le côté de gauche de Madrid, le meneur de jeu des Bleus apporterait encore plus dans l'axe. Voici une question parmi tant d'autres que les dirigeants et le staff technique du Real devront se poser dès la fin de la saison en vue de préparer le prochain exercice. Avec ou sans Queiroz, il sera question de réfléchir à rééquilibrer le milieu de terrain du club tout comme de recruter un défenseur de qualité. Autre souci, il s'agira de répondre aux probables accusations de la Commission européenne et du gouvernement espagnol qui sont sur le point d'ouvrir une enquête sur les conditions de vente à la municipalité de Madrid de l'ancien centre d'entraînement du Real en 2001, ce qui a permis au club d'effacer ses considérables dettes.

Actuellement second de la Liga, avec le même nombre de points mais devancé par Valence au goal-average particulier, le Real Madrid n'a plus le choix. Remporter le titre de champion d'Espagne est une obligation pour les joueurs et les dirigeants, à qui les supporters ne pardonneraient pas un nouvel échec. Confiant, Jorge Valdano estime que «les joueurs vont sortir le club de la situation» . Samedi dernier, réduits à dix après l'expulsion de Pavon, les Merengues sont parvenu à s'imposer sur le terrain de leur rival local, l'Atletico Madrid. La fin de saison s'annonce pourtant très délicate à gérer pour le Real : à cinq journée de l'issue du championnat, Madrid doit affronter consécutivement ses deux poursuivants, le FC Barcelone, autre éternel rival et qui n'a pas perdu un match depuis le 4 janvier, et le Deportivo La Corogne, toujours qualifié en Ligue des Champions. Cette échéance ne semble pas inquiéter Roberto Carlos. Le latéral gauche madrilène rappelle que la saison dernière le Real possédait quatre points de retard avant de remporter le titre. Pour le Brésilien, «si nous faisons preuve de la même mentalité, tout changera parce que nous sommes une grande équipe» .

Le joueur : Iker Casillas

Pas toujours sûr sur les belles aériennes et coupables de commettre une ou deux grosses erreurs par an, il est toutefois difficile de reprocher quoi que ce soit au gardien du Real Madrid. Souvent délaissé par ses défenseurs, le jeune international espagnol a sauvé cette saison son équipe à de multiples reprises. Samedi dernier, c'est lui qui a permis à son club de rester dans le match en remportant deux face-à-face devant les attaquants de l'Atletico Madrid alors que le score était de un but partout. Joueur le plus utilisé par Carlos Queiroz (il a joué les trente-trois journées de championnat et n'a manqué qu'une rencontre de Ligue des Champions), il est un élément essentiel de l'équipe madrilène, aussi important sur le terrain que Figo et Raul. Doté déjà d'un palmarès impressionnant à l'âge de 22 ans – vainqueur de la Coupe Intercontinentale en 2002, vainqueur de la Super Coupe d'Europe en 2002, vainqueur de la C1 en 2000 et 2002, champion d'Espagne en 2001 et 2003, et finaliste de la Coupe Intercontinentale et de la Super Coupe d'Europe en 2000 –, Iker Casillas n'est pourtant qu'à l'aube d'une grande carrière.

La stat : 41

Huitième défense de la Liga ex-aequo avec l'Atletico Madrid, le Real ne dispose pas d'une base arrière digne du plus grand club d'Europe. En trente-trois journées de championnat, Madrid a encaissé 41 buts, soit 18 de plus que Valence, son grand rival pour le titre. Du coup, habitués à posséder un goal-average très favorable, les Madrilènes ne présentent qu'un faible + 26 contre un énorme + 42 pour les Valenciens. Que le Real finisse ou pas champion d'Espagne, les dirigeants du club seraient bien heureux de s'attacher à leur chantier principal : leur secteur défensif – et non pas leur attaque (cf déclaration de Florentino Perez).

La décla : Florentino Perez

En évoquant le possible transfert de Thierry Henry au Real Madrid, Florentino Perez a expliqué hier : «C'est un grand joueur, mais si vous me demandez s'il est dans mes pensées, la vérité c'est qu'il n'en a jamais fait partie» .

A quelques semaines de l'issue de la saison, le Real Madrid se trouve sous pression. La crise qui touche le club des «Galactiques» provient des résultats plus que mitigés de l'équipe. Eliminé de la Ligue des Champions et finaliste perdant de la Coupe du Roi, le Real lutte actuellement avec Valence pour remporter la Liga et ainsi sauver sa saison.



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