Roma : l'improbable balade de Malen
com.Prêté par Aston Villa à la Roma en janvier, Donyell Malen marche sur l'eau. En l'espace de quelques semaines, l'attaquant néerlandais s'est hissé parmi les meilleurs buteurs de Serie A, au point de relancer le débat sur le niveau réel du Calcio.

Il faut se méfier des échantillons réduits, mais le constat interpelle : quand un second couteau de Premier League devient instantanément l'arme fatale d'un cador italien, la question de la compétitivité mérite d'être posée froidement.
Une remise à niveau qui interroge
Le cas Donyell Malen frappe d'abord par sa violence statistique. Arrivé à la Louve mi-janvier, le Néerlandais, auteur d'un triplé clinique contre Pise (3-0), vendredi, affiche déjà 10 buts en 12 matchs de Serie A, soit un ratio de 0,83 but par rencontre. Au même moment, Lautaro Martinez domine le classement avec 16 buts en 26 apparitions, tandis qu'Anastasios Douvikas occupe la deuxième place avec 11 réalisations en 31 matchs. Le Batave explose la concurrence : seul l'Argentin (0,62) parvient à suivre, de loin, la cadence infernale imposée par l'ex-Villan depuis trois mois.
Ce qui trouble, c'est le contraste saisissant avec son passage peu glorieux à Aston Villa. Recruté en janvier 2025 après son aventure de trois ans et demi à Dortmund, l'Oranje n'y a totalisé que 10 buts en 44 apparitions avant de rejoindre la Ville éternelle. Le voir dépasser ce total en moins de trois mois nourrit forcément l'idée d'un championnat plus permissif ou, du moins, bien plus accueillant pour ce type de profil. Le contexte romain aide, avec un Gian Piero Gasperini nommé en juin 2025 dont le système valorise les appels profonds, mais une telle accélération reste un cas d'école.
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Symptôme du déclin ou simple emballement ?
La tentation est grande d'y voir la preuve d'une Serie A en perte de densité. Le débat s'enflamme de l'autre côté des Alpes, d'autant plus après la troisième non-qualification consécutive de la Nazionale pour la Coupe du monde. Dans le rapport de crise présenté après cet échec, la fédération italienne a pointé des failles structurelles : manque de place pour les joueurs italiens, modèle financier fragile et carences chroniques de développement. Le problème dépasse donc largement le simple âge moyen du championnat (26,6 ans, contre 26,4 ans en Angleterre).
Reste que le phénomène Malen agit comme un révélateur. Quand Scott McTominay, ancien joueur de devoir à Manchester United, est élu MVP de Serie A en 2024-2025, le signal est fort. Quand Luka Modric, à 40 ans, pèse encore physiquement sur les matchs, le doute grandit. Et quand Malen, jamais majeur nulle part, affiche un tel rendement avec la Roma, le débat devient légitime. Il faut rester prudent, car une série peut s'éteindre aussi vite qu'elle a commencé – comme Mika Biereth à Monaco – mais cette réussite rappelle une réalité : En Italie, un joueur confirmé, bien utilisé, peut très vite paraître au-dessus de son niveau réel.
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