Montpellier : Nicollin prêt à passer la main
Dans un entretien accordé au Midi Libre, le président de Montpellier, Laurent Nicollin, a annoncé sa volonté de céder des parts du club. Il évoque une «lassitude» et ne ferme pas à la porte à la multipropriété.

Et si Montpellier n'était plus géré par la famille Nicollin (à la tête du club depuis 1974) ? L'hypothèse a été évoquée par Laurent Nicollin dans un entretien accordé au Midi Libre ce jeudi. Le président et propriétaire du club héraultais reconnaît des discussions avec cinq potentiels investisseurs et attend «des offres concrètes» à la mi-mai.
«L'important, c'est que le club soit sain financièrement et que quelqu'un puisse le booster pour avoir des joueurs et que l'on retrouve la Ligue 1. Nous, avec mon frère, on ne sera pas les oiseaux de mauvais augure, en disant coûte que coûte, on le garde. On ne veut pas conduire le club à la faillite et le ramener en division d'honneur où l'a pris notre père. J'avais prévu une fin plus tard. Si elle arrive plus tôt, ce n'est pas grave» , explique le fils du regretté Louis Nicollin.
L. Nicollin - «il y a une lassitude»
Très marqué par la descente en Ligue 2 en fin de saison dernière ( «J'ai perdu 12 kg» ), Nicollin avoue ne pas avoir encore tourné la page. Il assure même ne pas prendre du plaisir. «Je ne suis pas à 200% comme je devrais l'être pour encore plus accompagner mon coach et mes joueurs qui méritent que je sois là» , admet-il. L'homme de 53 ans reconnaît ne plus être le même : «C'est l'âge, la descente qui fait beaucoup de mal, le décès de certaines personnes, le comportement d'autres, le 50e anniversaire du club… Il y a plein de choses.»
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Le dirigeant se dit notamment lassé par la situation économique de son club et le contexte peu réjouissant du football français : «Quand une année tu as 30 millions, la saison d'après 10, puis 5, c'est compliqué.» Il est donc prêt à passer la main. «S'il faut lâcher la barre, je la lâcherai. Il y a une lassitude. La seule chose qui me tenait à coeur et me boostait, c'était le stade. Il n'y a pas de nouveau stade, pas de droits télé. Je suis prêt à me battre, mais avec des armes. Me battre avec un Opinel, j'ai passé l'âge.»
A Strasbourg, Nicollin a «failli chialer»
A l'écoute des offres, Nicollin ne ferme pas la porte à la multipropriété. «L'essentiel, c'est que le club soit pérenne financièrement. Après, si c'est une multipropriété, ce ne sera pas mon problème. Ce club nous appartient, mais on n'est pas une royauté. La vie et les choses évoluent. Si un partenaire nous tape sur l'épaule, s'il veut 80 %, on se mettra autour d'une table, avec mon frère, on réfléchira, on regardera. Et si le club est pérenne financièrement, et que les emplois sont sauvés, à un moment donné, on s'effacera.»
Il encense d'ailleurs le modèle de BlueCo à Strasbourg. «En décembre, j'ai passé un week-end à Strasbourg avec ma femme, raconte-t-il. Marc Keller nous a invités au match Strasbourg - Lorient. Quand tu vois le stade, la tribune présidentielle, les salons, ce que l'on voulait faire nous, tu prends une claque dans la gueule. J'ai failli chialer. On s'est barré à la mi-temps.» Preuve que derrière l'admiration se cache surtout un profond mal-être, nourri par le sentiment de ne plus pouvoir lutter à armes égales.
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