Arsenal prend le contrôle
Par Yves Leroy - 100% Clubs, Mise en ligne: le 21/01/2004 à 17h05
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Le fait marquant de la 22ème journée de la Premier League anglaise est l'arrivée en tête des Gunners. Aucune défaite depuis le début du championnat et une grosse envie d'enfin réussir en Ligue des Champions. La fin de saison promet d'être chaude pour Thierry Henry et ses partenaires.

Grâce à une victoire 2-0 sur Aston Villa, les Gunners ont enfin repris la main en Premier League. Pas surprenant au regard de leur parcours : 22 rencontres disputées, 15 victoires et 7 nuls. Côté coupes et Ligue des Champions, ça va bien aussi, merci pour eux. Qualifiés in extremis dans la compétition reine, Arsenal se «promène» en coupes nationales. Demi-finales en Carling Cup (l'équivalent de notre Coupe de la Ligue) et déjà un tour de passé en FA Cup. Eléments d'explication de cette réussite.

Enfin en tête

Arsenal est de plus en plus régulier. Pour preuve, ses prestations en championnat, puisqu'on retrouve désormais le club chaque année à la lutte avec Manchester United pour le titre. Pas de dérogation cette saison. Après 21 journées sans défaite, les joueurs d'Arsène Wenger se languissaient en deuxième position de la Premiership, difficile à croire quand on sait que «notre» deuxième de L1, Paris, compte déjà quatre revers. C'est la victoire de ce week-end sur Aston Villa, une nouvelle fois grâce à deux réalisations de Thierry Henry, qui donne enfin la tête aux Londoniens. Un parcours exceptionnel qui ne tourne cependant pas à la tête du coach français : «nous nous concentrons sur nos performances (…), nous cherchons juste à gagner et à poursuivre notre record.» Ces propos font référence à la lutte acharnée avec le rival MU, qui a perdu sa place à cause d'une défaite 1-0 face à Wolverhampton. Cependant, cette prudence de rigueur après la désillusion de la saison passée n'empêche pas l'entraîneur de montrer sa satisfaction : «c'est phénoménal ce que les joueurs ont fait, mais il y a encore un long chemin à parcourir.» Il est clair que le manager à de quoi être ravi, son équipe possède la meilleure attaque (42 buts inscrits) et la meilleure défense (14 encaissés), au nez et à la barbe des Red Devils et de Chelsea, qui sont relégués désormais à respectivement 2 et 6 points. Comme quoi, l'argent ne fait pas (toujours) le bonheur ! La politique de formation et surtout l'apport de Wenger, toujours capable de tirer le meilleur de ses joueurs, sont d'une valeur inestimable (c'est d'ailleurs ce que semble avoir remarqué le président du Real, Florentino Perez, qui courtise régulièrement le Français). En ce qui concerne la désormais célèbre catastrophique fin de saison passée, Wenger ne semble pas inquiet, il considère que le club est «mieux armé» et constate une amélioration : «il semble que nous ayons une meilleure stabilité défensive.» Il ajoute : «nous avions dit que c'était là que nous devions nous améliorer avant le début de saison et il semble que nous y soyons parvenus.»


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Même si c'est la trêve en ce qui concerne les coupes d'Europe, on ne peut s'empêcher de revenir quelques instants sur les autres compétitions que dispute Arsenal. Sur le plan national, tout d'abord, tout va bien en Coupe ou presque. Les Londoniens sont qualifiés pour le quatrième tour de la Cup, après avoir disposé de Leeds, malade depuis le début de la saison, sur le score de 4 à 1. En Carling Cup, les coéquipiers de «captain' Vieira» en sont déjà au stade des demi-finales. Petite déception, ils ont perdu le match aller sur leur pelouse 1-0 face à Middlesbrough ; à leur décharge, Wenger avait décidé pour la première fois de la saison de faire tourner l'effectif. Henry, Vieira et Pires, pour ne citer qu'eux, avaient été ménagés. Ces absences ont permis à Pascal Cygan (13 apparitions en PL) de fouler la pelouse d'Highbury ainsi qu'à Gaël Clichy, apparu seulement 5 fois en championnat. Pour revenir brièvement à l'échelon supérieur, rappelons que les Gunners se sont qualifiés très difficilement pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions, après des débuts calamiteux : 1 nul et deux défaites en trois rencontres, dont un retentissant 0-3 sur leur terrain face à l'Inter de Milan. Une qualification était alors inimaginable, c'est alors qu'Ashley Cole a sauvé son équipe de l'humiliation en lui permettant de l'emporter sur Kiev (1-0). A partir de ce moment, la qualification tenait du miracle. Un miracle qui s'est produit à San Siro ou les Gunners ont atomisé l'Inter sous l'impulsion d'un Thierry Henry des très grands soirs, sur le score de 5-1, refaisant du même coup le retard à la différence de buts particulière. La victoire 2-0 sur Moscou parachevant le tout, les «canonniers» se payant même le luxe de terminer en tête de leur groupe. La suite s'annonce plutôt bien, avec la double confrontation au Celta Vigo en huitièmes. A propos de cette coupe qui semblait fuir les Gunners, incapables par le passé d'aller plus loin que la deuxième phase, Patrick Vieira se montre plutôt confiant après la qualification : «nous n'avons peur de personne du fait d'où nous revenons dans ce groupe (…). Nous pouvons aller loin, c'est peut-être notre année.» La Champion's League reprendra ses droits le 24 février.

Satisfactions : Titi au top

S'il n'y en avait qu'un ce serait lui. Au sommet de son art et du foot anglais, voire européen, Titi nous éblouit par son talent, sa classe et sa gentillesse. Il dégage l'image d'un joueur simple, les pieds sur terre et, chose rare dans le football actuel, il montre son amour du maillot. Au niveau comptable, Henry est forcément une affaire, il totalise déjà 15 réalisations en championnat, à une longueur d'Alan Shearer, soit une moyenne de 0,71 but par rencontre. Il terrorise les défenses adverses par ses accélérations ravageuses et une technique de plus en plus impressionnante. Comme il a de l'ambition, le garçon ne s'arrête pas là. A 26 ans il compte déjà 56 sélections pour 25 buts en équipe nationale. En plus de cela il s'impose comme un leader du groupe France, capable de suppléer avec brio une absence de Zidane, comme il l'a démontré lors de la Coupe des Confédérations. Avec un peu de chauvinisme, on l'aurait bien vu Ballon d'Or, mais reconnaissons que Nedved est un beau vainqueur. Le célèbre numéro 12 se distingue aussi par son amour et le respect qu'il porte à Arsenal. Juste retour des choses pour l'équipe qui l'a accueilli après la difficile expérience italienne de la Juve (seulement 16 apparitions et 3 buts). Juste récompense aussi pour Wenger, qui sait prendre soin de ses Frenchies et en tirer le meilleur, comme cela a aussi été le cas avec Robert Pires. Thierry Henry en phase avec cette image ne se voit pas ailleurs que dans son club actuel : «Je préfère construire quelque chose avec les Gunners. Gagner la C1 pour la première fois avec Arsenal nous permettrait d'entrer dans l'histoire. (...) Je ne pourrai jamais porter les maillots de Chelsea, de Manchester ou d'aucune autre équipe. Et ce ne sont pas des paroles en l'air.» Voilà un message clair que les recruteurs n'entendent cependant pas de cette oreille. Des chiffres faramineux sont évoqués dès lors qu'on parle de transfert pour le gamin des Ulis. Cheslea et son généreux milliardaire auraient mis selon certaines estimations jusqu'à 100 millions d'euros sur la table. Le club rend à son joueur sa confiance, en balayant ces propositions, considérant que ce joueur n'a pas de prix.

A Arsenal, Henry ne joue pas seul et il faut donc tirer un coup de chapeau aux autres éléments déterminants de l'équipe. Signalons tout d'abord l'imperméabilité de la défense. Campbell, Touré, Cole et Lauren sont les piliers de cette ligne arrière, ils n'ont encaissé en championnat que 14 buts, soit seulement 0,63 de moyenne par rencontre. Egalement remarquable, le gros travail des deux pourvoyeurs de l'attaque, les milieux offensifs excentrés Pires (21 matchs, 8 buts) et Ljungberg (20, 4) qui distillent de très bons ballons et sont aussi capables de marquer. Mention spéciale à Pires qui est revenu à son meilleur niveau après sa grosse blessure de la saison passée.

Déception : un coup pas franc à Aston Villa

Arsenal dégage d'habitude l'image d'un club jeune et sympathique, mais peut parfois s'égarer. Pour preuve, le geste réalisé contre Aston Villa où Thierry Henry a marqué un but sur coup franc alors que le gardien plaçait son mur. Certes, rien d'irrégulier dans les lois du jeu, mais dans l'esprit, on se dit que les Gunners n'ont vraiment pas besoin de cela pour s'imposer. Ajoutez à cela un deuxième but litigieux sur penalty, Kanu s'étant écroulé bien facilement dans la surface, et le total est lourd. Wenger de son côté ne s'est pas indigné de ce manque de fair-play, considérant le premier but comme «étrange, similaire à un encaissé face à Leeds il y a quelques années.» Pour lui le penalty se justifie également, il estime que Kanu a été «stoppé illégalement.» On attend quand même un retour à de meilleurs sentiments dans les prochaines semaines.

Un mercato pas si calme

La rumeur persistante du côté de Highbury concerne encore un Frenchie. Parme est en crise financière, ce n'est plus un secret, et doit donc se séparer de plusieurs joueurs. Sébastien Frey serait l'un d'eux et la destination la plus souvent évoquée est précisément celle d'Arsenal, malgré l'intérêt de Chelsea. Le joueur a d'ailleurs confirmé des contacts avancés : «j'ai déjà parlé avec Wenger, il m'attend.» Comme les Blues s'orientent plutôt vers la piste Cech, les dirigeants ont la voie de plus en plus libre. Autre perspective, l'arrivée d'un attaquant. Dans un premier temps la venue de Defoe (West Ham) avait été évoquée, mais c'est désormais Robin Van Persie qui est pressenti. Cet attaquant de 20 ans évolue à Feyenoord et ses dirigeants ont confirmé les contacts : «Arsenal nous a soumis une première offre sérieuse et notre président, Jorien Van Den Herik, y a déjà répondu. Cette offre peut être considérée comme une base sérieuse pour nos négociations.» Une recrue qui serait intéressante dans la perspective du remplacement de Dennis Bergkamp, 34 ans.

Il est beaucoup question de Middlesbrough ces temps ci à Highbury. Les Gunners les ont déjà rencontré le 10 janvier (victoire 4-1), le 20 en Coupe de la Ligue (défaite 1-0) et deux autres rencontres sont encore prévues : samedi 24 en Cup, et le 28 pour le match retour de la Carling Cup. Il faudra attendre le 24 février pour retrouver l'Europe, chez les espagnols du Celta Vigo. A noter aussi la prochaine rencontre de championnat contre Manchester City et les retrouvailles entre les Frenchies d'Arsenal et Nicolas Anelka (le 1er février). Pour éviter la même défaillance que la saison passée en championnat, Wenger a mis en place un système de turn-over successif, consistant à mettre au repos les joueurs qui en ont besoin un ou deux matchs de suite. Cette mesure s'impose, puisque avec une compétition en plus de la saison passée, il faudra préserver l'effectif. C'est aussi dans cette optique qu'Arsène Wenger n'a pas hésité à aligner une équipe bis en demi-finale de la Coupe de la Ligue. Concernant le championnat, il revenait sur le site officiel du club sur le parcours effectué et sur l'avenir : «si vous prenez les matchs de Premier League ensemble, nous avons été réguliers, et nous allons essayer de continuer aussi longtemps que nous pourrons.»

Arsenal se place donc enfin en tête, sur les bases impressionnantes de 90 points en continuant sur ce rythme. Wenger devra gérer l'accumulation des compétitions, souhaitons à cette équipe qu'elle ne perde pas de ses joueurs clés (la blessure de Vieira avait coûté cher l'an passé). Arsenal peut faire de grandes choses tant en Angleterre qu'en Europe, c'est tout le mal que l'on souhaite à Henry et sa bande.



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