Les mauvaises habitudes bordelaises
Par Julien Demets - 100% Clubs, Mise en ligne: le 22/09/2005 à 22h49
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Après un début de championnat encourageant, les Girondins de Bordeaux restent sur quatre matches nuls. Une série qui rappelle de mauvais souvenirs à leurs supporters : l'an dernier déjà, c'est en partageant trop souvent les points que les Bordelais s'étaient retrouvés en queue de peloton.

Les mauvaises habitudes bordelaises

La touche Ricardo

La première journée du championnat est parfois un bon indicateur du niveau d'une équipe pendant les dix mois qui suivent. L'an dernier, en ouverture, les coéquipiers d'Ulrich Ramé s'étaient inclinés à Marseille (1-0). L'OM n'avait pas pour autant réussi sa saison, mais Bordeaux avait raté la sienne. Cette année, alors que la L1 débutait avec la même affiche, les hommes de Ricardo l'ont emporté 2-0. Les promesses nées de ce bon résultat ont été tenues dès les semaines suivantes : lors de la 2ème journée, Bordeaux vient à bout de Nancy (1-0). La défaite à Auxerre lors du troisième acte du championnat (1-0) sera aussitôt compensée par une nouvelle victoire à Chaban-Delmas face à Monaco (1-0). Bref, au soir de la quatrième journée, David Jemmali et les siens sont quatrièmes et affichent toutes les caractéristiques d'une équipe à succès : défense imperméable (1 seul but pris, et une faculté impressionnante à conserver le score) et attaque réaliste ( «seulement» 4 buts marqués, mais souvent en début de rencontre).


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Le moins que l'on puisse dire à la vue de cette entame de championnat, c'est que la patte Ricardo se fait sentir sur le jeu bordelais : l'ancien défenseur du PSG était un joueur sobre et discipliné. Bordeaux lui ressemble. A Marseille, lors le la 1ère journée, et à chaque fois que l'équipe a mené au score, son organisation rigoureuse et son intelligence tactique lui ont permis d'empocher les trois points. Collectifs et appliqués, sans génie diront certains, les Marine et Blanc ont assurément gagné en solidité avec l'arrivée du Brésilien aux commandes. Et avec un Ramé en très grande forme, un Bruno Cheyrou enfin relancé, des joueurs aussi expérimentés que Smicer ou Jemmali, et un Chamakh enfin résolu à se consacrer aux Girondins, il n'était pas étonnant de retrouver Bordeaux en haut du tableau après le premier mois de compétition. Jusqu'à ce que se profilent les premiers matches nuls...

La valse des nuls recommence

Certes, les quatre derniers matches de Bordeaux n'ont rien d'alarmant ni dans leur contenu ni dans leur résultat : trois d'entre eux se sont joués à l'extérieur, et le match nul concédé face à Lyon, par exemple, a donné lieu à une très bonne prestation bordelaise dans le jeu (1-1, 7ème journée). Mais on ne peut s'empêcher de songer à la saison dernière, lors de laquelle les Girondins ont accumulé vingt matches nuls, réduisant leur nombre de victoires à seulement huit, soit deux de moins que Nantes, premier non-relégable. Les statistiques traduisent la stagnation bordelaise : la défense a cédé à quatre reprises lors des trois dernières rencontres tandis que l'attaque a gardé un rythme assez faible (4 réalisations). Les hommes de Ricardo ont quitté le quatuor de tête et se retrouvent désormais 6èmes, après être descendus jusqu'au 7ème rang au soir de la 7ème journée. Parmi les autres cadors du championnat, Paris a pris une petite avance (3 points) et Lyon semble déjà irrattrapable avec 5 points de plus.

Comment expliquer cette petite baisse de régime ? La défense, en premier, est pointée du doigt. Au mois d'août, elle était si solide qu'il suffisait aux attaquant de marquer un but pour que Bordeaux gagne. Aujourd'hui, l'arrière-garde ne compense plus la relative faiblesse du rendement offensif. Bien sûr, Afanou ou Planus n'ont pas commis d'erreurs énormes. Mais on a l'impression qu'un mois plus tôt, face à Lyon, ils seraient parvenus à faire «clean sheet» , comme on dit en Angleterre. Or, une seule occasion a suffi aux Gones pour égaliser. Et mercredi, à Rennes, Ulrich Ramé a été trompé deux fois, ce qui ne lui était pas encore arrivé cette saison. L'attaque n'est pas non plus exempte de tout reproche : face à Lyon, dans un match décidément très représentatif du coup de mou bordelais, Darcheville et Chamakh auraient pu, auraient dû doubler la mise. La malchance, la maladresse surtout, ont privé l'équipe de deux points qui leur tendaient les bras. Rappelez-vous Darcheville, seul face au but, qui envoie sa tête sur le poteau !

Pas de panique, l'équipe reste compétitive

Ricardo a la chance de bénéficier d'un groupe fourni et compétitif. Ainsi, en attaque, la contre-performance de Jean-Claude Darcheville face à Lyon a entraîné la titularisation de Perea, au profil semblable, pour la rencontre suivante à Rennes. Et si Marouane Chamakh semble indispensable, Lilian Laslandes demeure grandement utile pour conserver un score ou forcer la décision en fin de match. Au milieu aussi, l'effectif est de qualité. Au poste d'ailier gauche, l'entraîneur brésilien des Girondins a le choix entre le Brésilien Denilson, sur le banc au Stade de la Route de Lorient, et le Tchèque Vladimir Smicer, qui peut également jouer à droite en lieu et place de Julien Faubert, l'habituel titulaire. Bruno Cheyrou, Rio Mavuba et Fernando, auteurs de quelques solides prestations lorsque son coach a fait appel à lui, sont en concurrence pour les deux places de milieu récupérateur. L'Argentin Alonzo et les jeunes Francia et Ducasse, buteur à Marseille lors de la première journée, ajoutent encore un peu plus de concurrence dans l'entrejeu.

Si inquiétude il y a, elle vient de la défense. Depuis le début du championnat, les quatre mêmes joueurs ont été alignés : Franck Jurietti à gauche, David Jemmali à droite, et la paire Planus-Afanou dans l'axe. Un choix tactique autant qu'une nécessité : le club ne dispose en effet que de six défenseurs, une hérésie à ce niveau ! Ricardo n'a absolument pas les moyens de faire face aux inévitables blessures ou suspensions. A droite, le maximum qu'il puisse faire est de redescendre Julien Faubert d'un cran. Dans l'axe, le Brésilien Henrique (22 ans, acheté cet été à Flamengo), qui n'a pas encore foulé les pelouses de Ligue 1, constitue, outre le polyvalent Fernando, la seule solution possible. A gauche, Florian Marange (19 ans, 5 matches en L1), tentera de faire oublier Jurietti lorsque celui-ci sera suspendu. Voilà qui risque de faire bien peu dans une saison de plus de 40 matches...

Après deux saisons ratées, Bordeaux se devait de bien entamer l'exercice actuel. Si le mois d'août a répondu aux espoirs des supporters, la machine s'est depuis quelque peu enrayée, au point que les coéquipiers de Vladimir Smicer se remettent à collectionner les matches nuls ! Rien de grave a priori : l'équipe de Ricardo continue de faire preuve d'une rigueur peu commune dans le championnat. Espérons toutefois que la défense, le talon d'Achille de l'équipe, n'ait pas à souffrir des absences...



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