Marseille au scanner
Par Julien Demets - 100% Clubs, Mise en ligne: le 23/03/2005 à 23h28
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En début de saison, les dirigeants marseillais avaient promis à leurs supporters «la meilleure équipe de l'OM depuis 10 ans» . Après 8 mois de compétition, pas sûr que la promesse ait été tenue... Panorama du paysage marseillais.

Marseille au scanner

A l'aube de cette saison, les supporters marseillais s'interrogeaient : au départ de leur idole Didier Drogba à Chelsea s'étaient ajoutés ceux du meneur de jeu Camel Meriem, de retour à Bordeaux, du latéral Manuel Dos Santos, parti à Benfica, et de la révélation Mathieu Flamini, néo-Gunner. Il fallait reconstruire. Frédéric Déhu, Benoît Pedretti, Habib Bamogo, Peguy Luyindula, Eduardo Costa, Bruno Cheyrou, Bixente Lizarazu et Fabrice Fiorèse ont successivement posé leurs valises sur la Canebière. Mais les résultats n'ont pas tout de suite été au rendez-vous : septièmes après une défaite à Ajaccio (2-0) lors de la 15ème journée, les joueurs phocéens ont vu arriver Philippe Troussier aux commandes en remplacement de José Anigo. Depuis, lentement mais sûrement, l'OM a retrouvé une rigueur et une solidité qui lui ont permis de s'emparer de la deuxième place de L1. Objectif : la qualification directe pour la prochaine Ligue des Champions !

«L'effet Troussier»

L'ancien entraîneur de l'équipe nationale du Japon a incontestablement apporté un plus à l'Olympique de Marseille. Deux objectifs ont été atteints. Le premier consistait à bâtir un collectif, le onze marseillais se résumant jusqu'alors à une constellation de talents individuels. Or, on le sait, une équipe ne gagne que si les joueurs qui la composent tirent dans le même sens. Avec Troussier, c'est le cas. «Avant, on jouait les uns après les autres. Maintenant, on joue tous ensemble» , admet Bruno Cheyrou. En impliquant tout l'effectif marseillais, grâce à une concurrence saine, le technicien phocéen a créé un esprit de groupe entre les joueurs. Désormais, Marseille joue en bloc. C'est l'une des formartions les plus difficiles à manoeuvrer de notre championnat, comme l'illustre le bon parcours des Olympiens à l'extérieur, face à des adversaires obligés de marquer (5 victoires en 8 matches). Troussier peut se féliciter d'avoir réuni les pièces de puzzle marseillais : «Ma plus grande satisfaction, c'est d'avoir mis en place une équipe qui communique, qui se soude ensemble. Les joueurs ont été réceptifs à cet investissement au service des autres.» Les bons résultats sont logiquement venus couronner cet solidarité nouvelle.


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Le deuxième défi de Troussier consistait à redonner confiance aux joueurs-clé de l'équipe, les seuls aptes à apporter le lustre dont rêvent les supporters. Pedretti, Marlet ou Luyindula ont d'abord été contestés en raison d'un bilan personnel décevant. L'entraîneur marseillais a instauré de la concurrence au sein de l'effectif phocéen : «Il n'y a pas de titulaires, chaque lundi on repart à zéro» avait-il déclaré dès son arrivée. Sous la menace des remplaçants, immergés dans un moule et ne cherchant plus à faire la différence seuls, les stars de l'effectif se sont libérées et ont enfin réalisé les performances que l'on attendait d'eux. La preuve en chiffre : Peguy Luyindula a marqué 5 fois entre la 19ème et la 24ème journée du championnat. Il a même été élu «Joueur du mois de janvier» . Steve Marlet reste sur un doublé décisif face à Lens lors de la 29ème journée (2-1). Quant à Benoît Pedretti, il est devenu en quelques semaines la plaque tournante du jeu de son équipe. Eduardo Costa et Bruno Cheyrou ont également montré un meilleur visage ces derniers temps, mais ils restent en peu en-deçà de leur valeur réelle. Bref, l'apport de Troussier se fait sentir dans l'état d'esprit qui anime l'OM plus que dans le domaine tactique, où le 4-4-2 et le 5-3-2 sont utilisés en alternance.

Une défense solide

Une bonne défense, c'est avant tout un bon gardien. A Marseille, Fabien BARTHEZ est indiscutable dans ce rôle. N'en déplaise à ses détracteurs, l'ancien Monégasque montre à chaque match une sérénité rassurante et des réflexes toujours aussi spectaculaires. Il devra toutefois se méfier de sa bête noire Pauleta, qui lui a inscrit deux buts d'anthologie il y a un an et en novembre dernier à l'occasion du match aller.

Devant lui se dresse la muraille Déhu-Meïté. Le premier, par son expérience et son jeu de tête, est l'homme de base du système défensif mis en place par Troussier. L'ancien Parisien jouit également d'une qualité de relance rare pour un joueur de son poste. Défenseur de classe, Frédéric DEHU est également le premier bâtisseur du jeu olympien.

Abdoulaye MEITE, rarement considéré à sa juste valeur, est pourtant l'un des arrières les plus intraitables de Ligue 1. Sa puissance physique et sa sobriété en font le complément idéal de Déhu et un titulaire indiscutable aux yeux de José Anigo, puis de Philippe Troussier.

A droite, le Sénégalais Habib BEYE est l'un des joueurs les plus réguliers de l'OM, l'un des plus utilisés par son coach. Alliant efficacité et percussion, l'ancien Strasbourgeois peut évoluer dans l'axe comme sur le côté, où ses débordements sèment le danger à chaque fois.

Le poste d'arrière gauche est plus désoeuvré. Après le départ de Bixente Lizarazu, c'est Salomon OLEMBE qui s'en est chargé. Le Camerounais ne s'est jamais montré tranchant, et il est très vite apparu que Philippe Troussier ne comptait pas sur lui. Contre Monaco, l'entraîneur olympien avait positionné son joueur en milieu de terrain défensif, en pure perte : le joueur est sorti à la mi-temps.

Pour combler ce fameux flanc gauche de la défense, Troussier a fait appel au Japonais Koji NAKATA durant le mercato. Si celui-ci n'a encore que peu joué, son application et la qualité de son pied gauche, quand la neige n'est pas là pour le gêner, devraient lui permettre de s'imposer à ce poste si spécifique.

Sylvain N'DIAYE, en cas de remaniement défensif, peut évoluer sur le flanc droit. On ne peut pas dire que l'ancien Lillois se plie à sa tâche avec enthousiasme, mais sa polyvalence est exploitée au maximum par le coach phocéen.

Demetrius FERREIRA, latéral droit de métier, occupe ce même poste selon les absences, suspensions ou choix de l'entraîneur.

Quant à Johnny ECKER, ses apparitions tiennent du miracle. Le club semble ne plus compter sur le défenseur de 32 ans.

Un milieu de terrain complémentaire

Benoît PEDRETTI a trop longtemps laissé les supporters marseillais sur leur faim. Après une demi-saison transparente, l'international a retrouvé depuis le mois de janvier la justesse technique et la vision de jeu qui ont fait de lui le milieu de terrain le plus courtisé de la dernière intersaison. Il doit encore confirmer son rôle de leader.

Son compère Eduardo COSTA évolue dans un tout autre registre. La dureté de son jeu – il a déjà reçu 9 cartons jaunes - peut en énerver certains, adversaires comme supporters. Mais s'il retrouve l'abattage qui était le sien à Bordeaux, il sera le complément idéal de Pedretti.

Laurent BATLLES est un cas à part dans l'effectif de l'OM : d'abord remplaçant, il est devenu l'un des héros du Vélodrome en inscrivant 5 buts tous plus beaux les uns que les autres. Grâce à une technique au-dessus de la moyenne, il a trouvé sa place dans une équipe en manque de créativité.

La créativité, c'est de lui qu'elle peut venir : Samir NASRI, Marseillais de 17 ans, est l'une des révélations de la saison. C'est vrai qu'il est bon dribbleur. C'est vrai aussi que ses qualités techniques peuvent écoeurer les défenseurs adverses. Mais ce qui impressionne le plus chez le jeune meneur de jeu, c'est sa bonne utilisation des ballons qu'il reçoit. Nasri ne cherche pas à épater la galerie avec des gri-gris, il tente avant tout de faire jouer l'équipe. Espérons simplement que la «Nasri-mania» qui s'est emparée de Marseille ne le mangera pas tout cru : Nasri n'est pas encore Zidane, faut-il le rappeler...

Bruno CHEYROU est, pour l'instant, la grosse déception du recrutement olympien. Totalement ignoré par José Anigo, l'ancien Red de Liverpool a pu bénéficier d'un temps de jeu légèrement supérieur sous les ordres de Troussier. De bonnes prestations face à Rennes ou Toulouse ont laissé croire que le milieu gauche allait faire son trou dans l'équipe-type des Blancs. Mais le souffle est vite retombé et Cheyrou, bousculé par Nasri, est retourné sur le banc.

Brahim HEMDANI n'a pas de chance. De retour après une longue blessure, le joueur de 26 ans a prouvé lors de ses récentes apparitions, à Bastia par exemple, que son jeu était toujours aussi propre. Mais face à la concurrence de Pedretti, Costa, voire N'Diaye ou Olembe, celui qui devait partir à Bolton cet été n'a que peu l'occasion de briller.

Une attaque équilibrée

Peguy LUYINDULA suit une trajectoire en zigzag, cette saison. Après des débuts plutôt encourageants (deux buts après six journées), l'ancien Lyonnais va s'arrêter net, cristallisant sur ses performances toutes les rancoeurs nées du départ de Didier Drogba. Fin meneur d'homme, Philippe Troussier va lentement le relancer, jusqu'à un mois de janvier triomphal (cinq buts consécutifs). Mais depuis deux mois, malgré de bonnes prestations, Luyindula n'a plus trouvé le chemin des filets. S'il gagne en régularité, Marseille aura trouvé un grand attaquant. Ce n'est pas encore le cas.

Steve MARLET fait partie de ces joueurs qui, sous l'ère Troussier, ont gagné leur rachat. Jadis souffre-douleur du Stade Vélodrome, l'international de 31 ans forme désormais avec Peguy Luyindula un duo complémentaire. Sa vitesse et son excellent jeu de tête lui ont permis de marquer 7 buts, dont un doublé face à Lens il y a deux semaines. Encore trop irrégulier quand même.

KOKE aura connu son heure de gloire à la fin du règne de José Anigo. Il a marqué quatre buts entre la 10ème et la 17ème journée, devenant alors titulaire. Mais les retours en grâce de Luyindula et Marlet l'ont condamné au banc de touche.

Habib BAMOGO a suivi une trajectoire inverse de celle des actuels titulaires. En début de saison, il était le seul attaquant à ne pas avoir à rougir de ses statistiques. Son score à mi-championnat, cinq buts, n'a hélas plus évolué. Souvent maladroit, parfois blessé, jamais titulaire (sauf en cas de blessures, suspensions...), l'ancien Montpelliérain ronge son frein sur le bord de la pelouse. C'est une lourde déception.

Cette fois, Fabrice FIORESE ne sera pas au centre du match entre Marseille et Paris. Pour la simple et bonne raison que l'ailier ne joue plus. Impuissant lors de la crise de novembre, il n'a pas su profiter de l'arrivée de Troussier pour conserver sa place de titulaire. Sa dernière apparition remonte au 25 janvier, face à Sochaux. C'est le FLOP de l'année !

Les jeunes prennent du galon

On a longtemps cru que la formation et la régularité au plus haut niveau étaient incompatibles. Un club a fait voler ce cliché en éclat : Lyon. Le centre de formation des Gones a sorti Sidney Govou, Jérémy Berthod, Bryan Bergougnoux, Hatem Ben Arfa, Jérémy Clément et Nicolas Puydebois. Les dirigeants de l'OL n'ont d'ailleurs pas hésité à se séparer de joueurs confirmés tels que Dhorasoo, Carrière ou Luyindula, pour laisser la place aux jeunes. Les Phocéens auraient-t-ils eu la même idée ? Toujours est-il que Nasri et Gavanon ne sont plus les seuls à voir leurs noms apparaître sur les feuilles de match concoctées par Philippe Troussier. Le défenseur Taye Taiwo, bientôt 20 ans, a connu sa première titularisation en Ligue 1 le 12 mars dernier contre Lens. Ahmed Yahiaoui, 17 ans, en est quant à lui à quatre apparition sous le maillot marseillais. Il a participé, avec l'autre Marseillais Nasri, le Lyonnais Ben Arfa et le Sochalien Menez, à l'épopée victorieuse de l'équipe de France des moins de 17 ans, cet été, lors des championnats d'Europe, sous les ordres de Philippe Bergeroo. Rachmane Barry, 18 ans, entré en jeu de manière convaincante à Monaco samedi, peut également espérer percer sous le maillot blanc.

Deux joueurs symbolisent à merveille cette nouvelle génération olympienne. Comment ne pas évoquer Samir Nasri ? Agé de 17 ans, le meneur de jeu a pris la place d'un certain Bruno Cheyrou, ce qui donne une idée du potentiel que Philippe Troussier lui prête. Marseillais de naissance, Nasri a vite conquis le coeur des supporters de l'OM, certains de voir en ce jeune joueur le Zidane qu'ils n'ont jamais eu. Toute cette agitation appelle une certaine mesure : comment être sûr que Samir Nasri n'est pas juste une nouvelle figure médiatique montée en épingle par un environnement en manque de «nouveau prodige» , de «nouveau Zizou» ? L'avenir dira si Nasri est bien le grand joueur que ses prestations actuelles annoncent. Jérémy Gavanon a beau vivre dans l'ombre de Fabien Barthez, il n'en reste pas moins l'un des symboles de la formation phocéenne. A 23 ans, il est le gardien titulaire de l'équipe de France Espoir. Fort de quatre nouvelles apparitions en 2004-2005, le portier pourrait bien, un jour, prendre la succession du champion de monde 1998 dans les cages de l'OM. Ces deux exemples montrent comment Marseille, club de stars, de «noms» par excellence, a adopté une nouvelle politique visant à intégrer davantage de jeunes issus du centre de formation dans l'effectif professionnel. Et si, pour une fois, les dirigeants pariaient sur le long terme ?

Et si c'était Paris, le favori ?

Depuis que Philippe Troussier a pris les destinées de l'OM en main, un curieux paradoxe est venu hanter les statistiques phocéennes. Le club est très bon à l'extérieur et décevant chez lui. Les chiffres sont explicites : les coéquipiers de Frédéric Déhu ont glané 16 points sur 24 possibles hors de leurs bases, et seulement 10 sur 18 au Vélodrome. Un bilan qui s'explique par le style de jeu de l'équipe : solide et homogène, la formation marseillaise est un véritable mur dès qu'il s'agit de la prendre à défaut. Même Lyon s'y est cassé le nez (1-1 à Gerland) ! Certes, les hommes de Troussier restent sur deux défaites à l'extérieur. Mais le revers subi à Saint-Etienne, sur un tapis de neige, ne donne pas vraiment d'indications sur un possible relâchement à l'extérieur. Cette médaille a son revers : à la maison, les coéquipiers de Peguy Luyindula ont toutes les peines du monde à prendre le jeu à leur compte. Face à des adversaires regroupés en défense, l'OM marque peu et encaisse des buts en contre. Face au PSG, devant un public bouillant, les Olympiens auront-ils les ressources mentales et techniques pour prendre le jeu à leur compte et ainsi battre Lionel Létizi ? Cela avait été le cas pendant une mi-temps en novembre, en Coupe de la Ligue. Mais en deuxième périodes, des Marseillais laminés moralement avaient laissés leur adversaire remonter deux buts, avant d'en encaisser un troisième en fin de rencontre...

Le PSG aura un avantage psychologique certain sur Marseille. En effet, les Bleu et Rouge restent sur une incroyable série de huit succès consécutifs face à leur meilleur ennemi. Malgré l'expérience de Déhu ou de Barthez, l'OM avait flanché au match aller, s'inclinant 2-1 face à dix Parisiens. Ceux-ci ont souvent démontré par le passé leur capacité à répondre présent lors des grands rendez-vous. Pauleta, Rothen ou Yepes ont sans doute plus l'habitude des rencontres sous haute pression que les joueurs phocéens. Aux Marseillais de dépasser leurs complexes.

A 10 jours du choc de la 31ème journée de championnat, l'OM est prêt à recevoir son grand rival le PSG. Solide, efficace, l'équipe de Philippe Troussier devra surmonter ses difficultés à domicile si elle ne veux pas subir son 9ème revers d'affilée face aux joueurs de la capitale. Une victoire dimanche prochain et c'est la Ligue des Champions qui tendraient les bras aux coéquipiers de Fabien Barthez...



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