Rennes, cris de joie ou de détresse ?
Par Yann Buxeda - 100% Clubs, Mise en ligne: le 02/02/2005 à 20h37
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Chaque équipe a ses habitudes. A Rennes, il est de coutume depuis maintenant pas mal de temps d'alterner victoires étincelantes à domicile et défaites cuisantes à l'extérieur. Et la série se poursuit de plus belle en 2005 ! Focus sur cette marque de fabrique typiquement bretonne…

Les dernières prestations

Commençons par le point positif de cette équipe de Rennes, sur ses dernières performances. Car force est de constater que la forteresse de la Route de Lorient est devenue quasiment imprenable ! Depuis le retour de la trêve, les hommes de Bölöni se sont offert l'AJ Auxerre (1-0), l'AC Ajaccio (2-0), et plus récemment les Girondins de Bordeaux (2-0). Un joli tableau de chasse, comme le soulignait le milieu défensif Grégory Bourillon, après la victoire de Bordeaux : «C'est une nouvelle bonne performance, qui nous permet de poursuivre notre série à domicile. Notre jeune équipe prend de l'âge… et de l'expérience, aussi» . D'autant plus que ces victoires laissent entrevoir un énorme potentiel, ne serait-ce qu'au travers d'Alexander Frei, qui en est déjà à son septième but marqué à domicile. Une belle moyenne, en somme. Et il en est de même pour Olivier Monterrubio, auteur de six réalisations au Route de Lorient ! Pour sûr, les spectateurs bretons ont de quoi se réjouir. Une joie tout à fait compréhensible, puisque aux vues du classement de Ligue 1 à domicile, les Rouges et Noirs sont très nettement en tête avec 29 points marqués en 13 matchs.


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Et c'est justement ce qui nous amène au vrai problème de cette équipe de Rennes. Car avec 32 points marqués en 24 matchs de championnat, une simple soustraction révèle un constat alarmant. Rennes n'a engrangé que trois maigres points au cours de ses onze premiers déplacements de la saison. Et ils se comptent rapidement : trois nuls, face à Ajaccio et Bastia tout d'abord, deux équipes en grandes difficultés, mais également un troisième match nul face à des Bordelais coutumiers du fait (Ils ont déjà obtenu treize résultats nuls depuis le début de la saison). Pas de grosse équipe accrochée, pas de match référence. Loin de ses bases, le Stade Rennais est orphelin de son animation offensive, de sa solidité défensive. Et une fois de plus les chiffres le prouvent, puisque depuis le retour des vacances, Rennes s'est incliné à Nantes (2-0), face à un adversaire pourtant sinistré, puis à Lyon (2-1), après une bonne prestation laissant entrevoir quelques espoirs, malgré la déception du technicien roumain. «Ce n'est pas suffisant de bien jouer. Contre une équipe capable de gagner la Ligue des Champions, on ne peut pas faire preuve d'imprécision, sinon on est sanctionné immédiatement. Et c'est d'autant plus dommageable lorsque l'arbitre siffle à sens unique et oublie un penalty en notre faveur» , avait-il déclaré à nos confrères du Parisien.

Un paradoxe qui s'explique

Et ces derniers résultats, semblables en tous points à ceux de la première partie de saison, ne sont pas sans rappeler ceux de l'année dernière. Car le syndrome s'étend sur une bien plus longue période… Déjà, lors de l'exercice 2003-04, les Rennais avaient attendu la 22e journée pour connaître la saveur d'une victoire hors de ses terres. C'était contre le voisin guingampais… Mais cette réaction n'avait pas non plus changé les choses, puisque Rennes avait clos la saison avec seulement trois petits succès à l'extérieur. Et ce complexe du déplacement pourrait trouver une explication au niveau de l'expérience : sur les quatorze joueurs les plus utilisés par Laszlo Bölöni, seuls trois ont plus de 25 ans, en l'occurrence Olivier Monterrubio (28 ans), Cyril Jeunechamp (29 ans) et Ivica Mornar (31 ans). Nul doute que ce manque de métier pèse lourd au niveau du mental, pour des jeunes footballeurs encore trop préoccupés par l'appui du public, et apparemment pas assez aguerris pour supporter le poids du douzième homme adverse.

Forcément, cela se ressent au niveau tactique, car les Stadistes jouent à la maison comme des ténors de L1. Un pressing constant, une récupération de balle très haute sont autant de qualités qui ont permis à Rennes de montrer tout son potentiel en 2005. Et les errances tactiques des Rouges et Noirs chez leurs adversaires sont tout aussi flagrantes. Pour preuve, lors des trois derniers voyages, Bölöni a tout de même testé trois configurations de jeu différentes, passant sans succès de l'habituel 4-2-3-1 utilisé à domicile à un plus classique 4-4-2, après un essai en 4-3-2-1 sans succès à Saint-Etienne. Rien n'y fait, les Bretons ne retrouvent pas leur créativité, leur fond de jeu, et font preuve d'un manque de réalisme inquiétant.

Des carences au niveau individuel

A commencer par l'attaquant vedette du Stade Rennais, Alexander Frei. Lui, si efficace à domicile, perd tous ses repères à l'extérieur. Seulement deux buts inscrits sur les pelouses adverses, c'est bien peu pour un joueur qui lutte pour la victoire au classement des buteurs. D'autant que sur les deux buts inscrits par l'attaquant suisse, un seul a ramené un point à Rennes (face à Ajaccio, match nul 1-1). Et le constat est pire avec Olivier Monterrubio, qui n'a dans son escarcelle qu'une réalisation. C'était à Lyon, à la 95e minute d'un match déjà plié à la mi-temps. Rien à voir avec les deux attaquants qui sont capables de relancer n'importe quel match devant leur public ! Et le milieu n'y est pas pour rien non plus, puisqu'il récupère les ballons près de 25 mètres plus bas qu'à domicile. Malgré tout, pour remédier à ces problèmes, le Stade Rennais dispose non seulement des moyens techniques mais aussi d'une belle occasion samedi.

En effet, Laszlo Bölöni et ses hommes se rendent chez un Olympique de Marseille qui, bien qu'impressionnant à l'extérieur, reste encore fébrile à domicile. Une sorte de duel de convalescents en somme, qui pourrait bien réussir aux Bretons, désireux de passer la marche avant une bonne fois pour toute. Espérons pour Rennes qu'Alexander Frei se remémore sa performance de l'année dernière, qui l'avait vu s'offrir un triplé historique face à des Phocéens pourtant bien en jambes. Et les Marseillais le savent, comme le souligne Habib Bamogo, tout juste de retour de blessure : «C'est une bonne équipe, surtout chez elle. Ils ont un gros collectif et jouent ensemble depuis longtemps. Il faudra surtout se méfier de leur jeu sur les côtés. Avec, en plus, Frei devant qui marque pas mal de buts, on se devra de les surveiller de près.»

Assurément, Rennes cultive à la perfection ce paradoxe… Mais pour combien de temps encore ? Car il faut bien avouer que le gâchis commence à énerver du côté du stade de la Route de Lorient. Peu d'équipes peuvent en effet se targuer de posséder un groupe si homogène et si talentueux… à domicile.



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