Bordeaux, un millésime mi-figue mi-raisin
Le mercato est un élément décisif du mois de janvier. Pour bien gérer celui-ci, il est indispensable d'effectuer un bilan de mi-parcours, une remise en question tactique pour chaque club. Fort est de constater qu'en terme d'analyse, le Bordeaux de cette année joue bien. Pourtant après la 21ème journée de Ligue 1, les marine et blancs n'occupent que la 7ème place du classement à sept points d'une place européenne. Contraste des chiffres ou difficultés cachées ? «Je ne vais pas me réconcilier avec la victoire à trois points» Cette phrase dans la bouche de Michel Pavon résume pour le mieux la première partie de championnat bordelaise. Et tout particulièrement les quatre derniers résultats des marine et blancs avant la trêve : Ajaccio, 0-0 ; Auxerre, 0-0 ; Lyon, 0-0 ; Monaco, 1-1. D'un point de vue uniquement mathématique, on comprend la déception du technicien bordelais. «quatre points sur douze c'est peu cher payé, surtout lorsque l'on voit la qualité des matchs» . En effet, le coach girondin préfère sans aucun doute retenir les prestations fournies à Monaco et contre Lyon, ainsi que la première mi-temps de grande volée à Auxerre. Mais voilà, les matchs nuls ça ne fait pas beaucoup avancer l'équipe en terme de classement. Pire encore ! On peut souligner qu'avec 38 nuls sur 38 matchs, c'est la relégation quasi-systématique. Tel est le mal bordelais de cette saison (treize scores de parité sont déjà au compteur des hommes au scapulaire). emplacement publicitaire Cependant, Bordeaux est (derrière Lyon) l'équipe la plus difficile à battre. Seulement trois défaites sur l'ensemble des matchs. Et encore, ce sont trois défaites quasi-excusables : deux d'entre elles l'ont été sur le score de 1 à 0 concédées dans les arrêts de jeu, la troisième est advenu contre Lille avec un effectif girondin amputé de moitié ( cinq titulaires absents pour ce match). Dur à avaler…D'autant plus dur que sur les trois sorties infructueuses, les deux déplacements (Marseille et Strasbourg) peuvent prêter à polémique. Sur les plaines du château du Haillan, on est certes déconcerté par cette pléthore de résultats nuls, mais on en oublie pas pour autant les coups d'éclats réussis depuis le début de la saison. Bordeaux n'a remporté que cinq matchs depuis le mois d'août. Néanmoins, sur ces victoires, trois sont vraiment symptomatiques de la qualité de jeu que peuvent produire les Girondins de Bordeaux. Car c'est un fait, le Bordeaux de cette année joue bien et déploie un volume de jeu souvent impressionnant. Les corrections infligées face à Nice (5-1), à Bastia (4-1) et surtout celle infligée au Paris Saint Germain (3-0) prouvent que lorsque les marine et blancs se mettent au diapason, la défense adverse est soumise à rude épreuve. Un changement de politique Après la saison passée qui avait vu les Girondins tant bien que mal échouer à une triste douzième place du classement, les connaisseurs avaient parlé de saison de transition, pour ne pas parler tout simplement d'échec. Car l'exercice 2003-2004 fut tout sauf une partie de plaisir pour les marine et blancs : éviction de leur entraîneur emblématique Elie Baup, un recrutement désastreux (Pocchetino : 4 petits mois et puis s'en va, Deivid : digne clone de Christian), une élimination pathétique en coupe de France dans la «piscine» de l'Aviron Bayonnais et le torchon totalement consumé entre la Direction du club et les supporters. Seules une bonne prestation en coupe UEFA (élimination du FC Bruges, un retournement de situation extraordinaire face aux écossais d'Hearts) a permis aux Girondins de ne pas passer complètement à côté de leur sujet. Néanmoins, cette saison vit le retour au bercail de Michel Pavon en tant qu'entraîneur à la tête de l'équipe professionnelle. Dès lors il était conscient qu'il allait devoir composer avec l'effectif qu'il avait sous la main. Pour cela une seule conception pour «remonter la pente» : «Je ne ferai pas de distinctions entre les garçons. Je titulariserai ceux qui mouillent le maillot sur le terrain, ceux qui se sentent impliqués pour le club qu'ils représentent» . L'arrivée de celui qui avait amené en tant que capitaine le dernier titre de champion de Bordeaux en 1999, provoqua un mini séisme dans la politique du club. Finis les transferts exorbitants qui n'apportent que conflits et illusions au sein de l'équipe (Chalana, Biaggio, Ricardinho… et plus récemment les Christian, Pocchetino et Deivid). Place aux jeunes recrues et plus spécialement à celles issues du centre de formation. Ainsi des joueurs comme Chamakh, Francia, Mavuba (20 ans les trois), Planus (22) ou même Franco (21) ont pu tirer leur épingle du jeu pour rejoindre l'équipe première et en devenir pour certains des titulaires indiscutables. Durant l'intersaison, le FC Girondins de Bordeaux a ainsi conservé toutes ces «jeunes pousses» en intégrant également à chaque ligne des joueurs plus expérimentés pour encadrer et catalyser toute cette jeunesse. Mihalis Kapsis, récent champion d'Europe grec, est l'unique grosse recrue du marché estival bordelais. En plus de s'imposer comme le patron indiscutable de l'arrière garde girondine, il permet aussi à Marc Planus d'atteindre un palier supérieur à ses côtés et redonne à son capitaine et gardien Ulrich Rame, l'assurance qui avait fait de lui un portier international. Au milieu de terrain, le retour de prêt de Camel Meriem est un vrai bol d'air pour l'animation de l'attaque girondine. Parfaitement épaulé par l'expérimenté Cyril Rool et par les jeunes Mavuba, Francia et Riera ; le nouveau meneur de jeu de l'équipe de France peut désormais s'exprimer pleinement dans son rôle de distributeur de passes décisives. Enfin concernant l'attaque bordelaise, la stratégie est exactement la même : les jeunes Chamakh, Uche, Franco et Bugnet semblent s'adapter parfaitement à la lecture du jeu de leurs ainés Laslandes et Darcheville. Le grand retour du milieu offensif Au cours des dernières saisons, les Girondins de Bordeaux et Elie Baup en tête sont restés solidement ancrés sur leur schéma tactique : c'était le règne du 4-4-2. Certes, cette disposition est majoritairement la plus utilisée et a déjà permis à Bordeaux de remporter le titre en 1999. Cependant le fait d'organiser l'équipe autour de deux milieux défensifs et de deux milieux excentrés empêche systématiquement la construction de jeu axiale comme un vrai n°10 sait la faire. Les Girondins ont longtemps cherché des successeurs aux Benarbia et Micoud qui avaient animé le jeu bordelais lors du sacre. Des vrais n°10 sont ainsi passés sous le maillot du scapulaire : Ziani, Martins, Dhorasoo, Wilmots, Meriem et consorts. Mais relégués sur les côtés, ils n'ont jamais été en mesure de mettre complètement leurs talents à profit. Cette saison, Michel Pavon a plutôt opté pour un 4-5-1 réintégrant Camel Meriem dans l'axe (place à laquelle il a complètement explosé lors de son passage à l'Olympique de Marseille). Le jeu bordelais dispose donc aujourd'hui de beaucoup plus de solutions de jeu et ce ne sont plus les côtés ou les milieux défensifs qui seront contraints de construire le jeu. Les satisfactions et les déceptions du début de saison En plus de l'apport offensif de Camel Meriem, Bordeaux dispose également – et c'est la grande révélation de ce début de saison – d'un autre joueur capable de déstabiliser à lui tout seul une défense. Ce joueur providentiel issu comme beaucoup d'autres aînés illustres du centre de formation de l'AS Cannes, est devenu avec Francia le meilleur passeur des Girondins de Bordeaux (4 passes). La dernière en date lors de la 19ème journée est un véritable petit bijou. Sur la pelouse de Louis II, le «TGV» - comme on le surnomme – prouve à son vis-à-vis monégasque Modesto que sa réputation n'est pas usurpée : grand pont sur ce dernier, suivi d'un centre enveloppé au millimètre sur la tête de Darcheville qui crucifie Roma. Beaucoup de monde restait sceptique lors de l'intersaison au sujet de la venue de ce joueur polyvalent (il est capable d'évoluer latéral droit, mais aussi défenseur central et milieu de terrain). Désormais, il est un symbole de cette jeunesse bordelaise en plein boum. Outre un classement plein de promesses avant la suite de la saison, Michel Pavon peut donc se féliciter de la gestion de son groupe. La «classe biberon» menée par les Cohade, Planus, Mavuba, Francia et Chamakh a déjà fait beaucoup parler d'elle. Son alchimie dans la construction du jeu avec les vieux «roublards» (Laslandes, Ramé, Jurietti) est donc LA satisfaction bordelaise de cette première partie d'exercice. D'autant plus que Darcheville est revenu de sa longue blessure (douze mois d'inactivité) et que «Gronaldo» a déjà trouvé le chemin des filets lors du match nul 1-1 des marine et blancs à Louis II. La déception de ce début de saison est évidemment le nombre excessif de matchs nuls (treize au compteur). Certes, en réalisant des prestations convaincantes, les Girondins reviennent toujours avec des points de leurs déplacements. Toutefois, le problème mathématique est là : trois matchs nuls sont du point de vue comptable identiques à deux défaites et une victoire. On comprend l' «engouement» bordelais pour la victoire à trois points. A part cela, il faut reconnaître que les déceptions bordelaises ne concernent aucun joueur individuellement parlant. A l'exception bien sûr d'Albert Riera. L'Espagnol, blessé depuis le mois d'octobre, ne parvient pas (malgré sa technique irréprochable) à accélérer le jeu. Pire, il semble le ralentir…Albert Riera espère donc, dès son retour, prouver aux connaisseurs sa vrai valeur et enfin s'intégrer pleinement dans les offensives bordelaises. Bordeaux occupe la septième place du classement à l'issue de la 21ème journée du championnat. C'est un fait ! Bordeaux est sur la base d'un nouveau record avec 13 matchs nuls à son actif sur 21 matchs. C'est aussi un fait ! Alors quid pour l'avenir ? Nous retiendrons cette phrase de Jean-Claude Darcheville : «Nous sommes confiants pour l'avenir. Et puis ce match nul [contre Monaco] n'a rien à voir avec celui concédé contre Istres….» Toujours est-il qu'un bon match nul contre Monaco ou un mauvais contre Istres vaudront toujours un point chacun.
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