Bastia, le renouveau corse
Par Pablo Dolado - 100% Clubs, Mise en ligne: le 21/09/2004 à 23h38
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Après une année noire, tant sur le plan sportif qu'administratif, le Sporting Club de Bastia se devait de relever la tête. François Ciccolini, aidé par quelques vieux roublards et une armée de jeunes pousses, est en train de relever le pari de remettre à flot le navire corse. Vu le début de parcours des Corses, même l'emblématique «Testa Mora» pourrait enfin esquisser un sourire.

Un trio de revanchards

Mon premier a vécu, vingt-quatre mois durant, un calvaire dans sa Bretagne natale. Mon second a passé une année sur le banc lyonnais (plus une en rééducation). Mon troisième est allé, ces dernières années, de désillusions en désillusions à travers la France. Mon tout est la nouvelle ligne d'attaque du SC Bastia. Pierre-Yves André (30 ans), Frédéric Née (29 ans) et Tony Vairelles (31 ans) sortent tous les trois de deux (voir plus) années de galère. Ils ont décidé de revenir sur les terres de leurs plus beaux exploits pour retrouver une confiance perdue du côté de Nantes, Lyon, Rennes ou encore Lens. Mais aussi pour apporter de l'expérience au groupe de François Ciccolini. Preuve en est par les paroles de l'ancien Nantais à l'issue du nul contre Lyon, «Bastia est un club qui travaille pour se reconstruire et pour l'instant, il travaille bien» . Il est vrai qu'avec leurs 283, 170 et 279 apparitions respectives en Ligue 1, les trois hommes ont tout pour relancer un club en panne offensive l'année dernière (deuxième plus mauvaise attaque avec 33 buts inscrits en 38 matchs). Les trois joueurs font d'ailleurs partie des dix meilleurs buteurs de Ligue 1 en activité avec 45 buts pour André, 54 pour Née et 70 pour Vairelles. Mais le plus intéressant reste que 84 de leurs 169 buts (soit quasiment 50%) ont été inscrits sous les couleurs corses.


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Logique, ainsi, que les trois briscards (même peu âgés, les trois compères semblent peupler l'élite depuis des décennies), aient choisi Furiani pour terre d'asile. Leur début de saison doit d'ailleurs satisfaire le staff corse. Le trio a en effet déjà frappé trois fois sur les six buts inscrits par Bastia depuis le début de saison par l'intermédiaire de Vairelles face à Strasbourg et Nice et André contre Nantes. Frédéric Née, toujours muet, n'est pourtant pas en reste grâce à une passe décisive (pour André justement) et quelques jolis gestes, à commencer par sa talonnade sur le poteau face à Auxerre.

Les jeunes «poussent»

Mais si le trio est venu à Bastia, c'est aussi pour encadrer cette jeunesse montante. Car le Sporting Club a résolument choisi de rajeunir son effectif. Fini les Cauet (35 ans), Delaye (31 ans), Gourvennec (31 ans) ou autre Maurice (30 ans) et place aux Penneteau (23 ans), Sidibé (22ans), Song (17 ans) et bien d'autres encore. Tout cela pour un groupe dont la moyenne d'âge dépasse tout juste les 24 ans (24 et 1 mois exactement). Mais n'allez pas croire que ces jeunes pousses sont prêtes à se faire dévorer par les vieux briscards de L1. Malgré sa faim de victoire, le jeune capitaine Nicolas Penneteau possède déjà l'humilité des plus grands, comme le montre sa réaction à l'issue de sa fabuleuse prestation à Gerland, «j'ai arrêté quelques tirs, et j'ai été sauvé sur ma ligne par les copains : ça c'est un groupe solidaire» . Le portier originaire de Marseille est devenu, malgré ses 23 ans, un cadre de cette équipe. Leader de toutes les séléctions de jeunes, Domenech n'a d'ailleurs pas hésité à lui confier le brassard lors de son passage chez les Espoirs, Penneteau a déjà participé à plus de 100 matchs en Ligue 1. France Football ne s'est d'ailleurs pas trompé en le plaçant en tête de la notation des gardiens sur les cinq premières rencontres (et ce n'est pas sa performance à Lyon qui va le faire baisser au classement).

Mais le gardien corse est loin d'être le seul jeune talent de cette formation. Djibril Sidibé l'accompagne aisément. Véritable métronome du milieu de terrain bastiais, le jeune Malien (22 ans) est époustouflant depuis le début de saison. Même un ton en dessous lors de la seconde période à Lyon, Sidibé alterne à merveille jeu long (en atteste sa longue ouverture pour le premier but de Jau à la 43ème minute lors de la première journée face à Strasbourg) et relance courte. Prêté une nouvelle fois par Monaco, après déjà deux saisons de prêt à Châteauroux (où il en a profité pour éliminer son club formateur d'une énorme frappe en lucarne lors du quart de finale de Coupe de France en mars dernier à Louis II), le milieu relayeur reste étonnement lucide et modeste déclarant vendredi dernier à France Football (qui le classe d'ailleurs dans les cinq meilleurs joueurs de Ligue 1 depuis le début de saison), «je n'ai pas la haine contre Monaco. Quand je vois les hommes au milieu de terrain là-bas, je me dis qu'ils sont meilleurs que moi. Je dois l'accepter. A Châteauroux, j'ai joué tout le temps. Ici, c'est parti pour que ce soit le même bonheur» . A n'en pas douter, le club corse doit penser sensiblement la même chose vu son temps de jeu. Six matchs. Six titularisations. 540 minutes de jeu.

Un peu moins utilisé pour l'instant, Alexandre Song ne devrait pas tarder à s'imposer durablement dans cette formation. Titularisé pour la première fois en Ligue 1 samedi en lieu et place de Kvarme, blessé, le neveu de Rigobert a montré de belles ressources. Formé au club et véritable fils spirituel de Ciccolini, le jeune camerounais avouait à la fin de la rencontre face aux Gones, «je ne me suis pas posé de questions, j'ai donné tout ce que j'avais dans le ventre. Ce n'est pas évident d'être titularisé pour la première fois en Ligue 1 face à une équipe comme Lyon. J'ai joué sans complexes car mes coéquipiers me parlaient beaucoup» . Et si on ajoute à ces trois larrons, Antar Yahia (22 ans), buteur face à Auxerre, Pascal Chimbonda (25 ans), double passeur contre Auxerre et Ajaccio, Fabrice Jau (26 ans), buteur face à Strasbourg et Ajaccio, la relève corse a de belles heures devant elle.

Un rythme de champion

Six matchs. Douze points. Trois victoires à domicile. Trois matchs nuls à l'extérieur. A ce rythme là, les Bastiais vont pouvoir viser la Ligue des Champions. Même si cet objectif reste un peu élevé, sûr que les Corses vont exploser leur total de l'année dernière (une 17ème place avec 39 points synonyme de plus mauvaise saison bastiaise de ces dix dernières années). Mais François Ciccolini préfère employer un discours à la Guy Roux, «le fait d'être en tête ne va pas nous monter à la tête, nous allons continuer à travailler comme d'habitude et nous ferons le bilan au mois de mai» , plutôt que de fanfaronner sur les performances de ses protégés. Ce Corse de 42 ans a l'humilité, la simplicité mais aussi la hargne et la volonté que toute la Corse attendait. Fatiguée des jérémiades de François Nicolaï, l'Ile de beauté retrouve ainsi un entraîneur lucide, «nous avons eu beaucoup de chance sur deux ou trois coups. Si nous avions joué ce match quinze jours en arrière, nous aurions certainement perdu car Lyon a manqué de fraîcheur. Nous aurions volontiers signé pour le match nul avant la rencontre» déclarait-il ainsi à l'issue du match contre Lyon. Alors, une recette Ciccolini ? «Pas question de se voir trop beau sous prétexte qu'on côtoie Lyon à la première place du classement. La seule chose qui compte à mes yeux, ce sont les points.» répond le technicien. Son adjoint Michel Padovani n'en oublie pas son ambition débordante pour autant en déclarant sur le site Internet du club, «notre objectif reste le maintien, mais si nous obtenons 42 points plus tôt que prévu, on pensera peut-être à autre chose…» .

Outre les valeurs de combat et de hargne que défend Ciccolini, le formateur corse (quatre ans passés sur le banc des moins de 15 ans et de la réserve bastiaise) s'appuie sur des schémas de jeux bien réels. Il est d'abord partisan d'une défense à quatre, très hermétique depuis le début de saison puisqu'elle n'a jamais encaissé plus d'un but par match (3 sur l'ensemble de la saison soit la deuxième meilleure défense de L1). Pour son schéma offensif, il s'adapte à l'adversaire du jour en alignant parfois trois, deux, voir un seul (comme à Lyon) attaquant de pointe. Le Corse reste objectif sur les carences montrées par son équipe à Lyon, «nous avons bien défendu mais je n'ai pas aimé la manière d'aborder les phases offensives» . Malgré sa place de second, Bastia ne possède d'ailleurs que la 10ème attaque de L1, notamment derrière Strasbourg, pourtant 15 places derrière eux. Une volonté de bien faire et d'ambition débordante émane de ce groupe. Le capitaine Penneteau soulignait d'ailleurs samedi soir qu'il fallait «battre Bordeaux, sinon ce match nul ne servirait à rien» .

Le Sporting Club de Bastia entame une période cruciale de sa saison. Après s'être brillamment sorti du piège lyonnais, les Corses vont devoir affronter des poursuivants un peu spéciaux puisqu'ils devront accueillir successivement Bordeaux et Paris en se déplaçant entre temps au Vélodrome de Marseille. Chasseront-ils définitivement les vieux démons de l'année dernière ? Réponse dès ce soir à Furiani face aux Girondins…



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