EdF : 10 bonnes raisons de l'échec
Les Bleus ont perdu leur titre de champion d'Europe, proposant un jeu terne, loin de leur niveau de 1998 ou 2000. Pourtant favoris de la compétition, ils ne sont jamais apparus sereins, dominateurs et ont montré de nombreux signes de faiblesse. Retour sur les raisons d'un échec retentissant. 1. Le physique, manque de percussion Un physique émoussé, un mental saturé : depuis la déroute de 2002, la question physique est une question délicate chez les Bleus. On savait qu'avant la Coupe du Monde en Corée, la préparation physique avait été l'une des principales causes de l'échec. On pensait qu'avant cet Euro 2004, l'équipe de France avait pu se préparer de meilleure façon. Zidane, Lizarazu, Thuram, Henry, Trézéguet et autres avaient vu leur parcours en coupes européennes s'arrêter bien avant la finale ou leur championnat connaître une issue claire et nette assez tôt. De plus un stage de préparation à la Grande-Motte puis à Clairefontaine aurait du leur permettre de se ressourcer. Les joueurs ont eux-mêmes assuré, notamment après le match contre la Grèce, que tout allait bien physiquement. On peut toutefois en douter au vu des prestations fournies. Certes, les Bleus sont apparus endurants et ont souvent bien fini leur match. Certes, ils ont été résistants. Mais ils n'ont pas été percutants, n'ont jamais su mettre de la vitesse dans leur jeu (comme le fait Cristiano Ronaldo avec le Portugal) donner ce dernier coup de rein qui dynamite une défense. Ils ont joué uniquement par passe, un jeu non agressif. emplacement publicitaire 2. Le mental et lassitude des victoires ? La lassitude a même fait poindre son nez, rajoutant au manque de fraîcheur physique, un mental peut-être émoussé ou du moins, un manque de motivation. Jacques Santini, dans le journal L'Equipe, confirme ce sentiment de lassitude chez les Bleus. «Une saturation générale, surtout physique. Depuis plusieurs saisons ou intersaisons» . La plupart des joueurs français évoluent au plus haut niveau européen et alors qu'ils aimeraient souffler entre deux saisons de championnat très disputées, ils doivent se retrouver en sélection nationale à chaque intersaison, que ce soit pour des compétitions internationales ou leurs éliminatoires. La force des Bleus, jouer dans les meilleurs clubs d'Europe, semble être devenue une faiblesse. A force de gagner, d'avoir tout gagné, il manque le petit quelque chose au mental pour continuer à encore gagner. 3. Des conflits Des conflits internes sous-jacents : ils ont été tus, mais on les a sentis poindre tout au long de la compétition. Le départ de Jacques Santini, annoncé à peine quinze jours avant le début de la compétition, a eu, même si les joueurs le nient, une certaine influence sur le comportement des joueurs. Comment, en effet, avoir une certaine autorité sur des joueurs qui savent pertinemment que leur carrière internationale n'est plus entre vos mains ? Les choix du sélectionneur ont donc pu être critiqués comme jamais un sélectionneur n'a été critiqué si ouvertement. Desailly, vexé par son éviction de l'équipe, a ainsi refusé sa place de remplaçant, préférant cirer le banc tout le match plutôt que de rentrer en cours de jeu. Certains ont même raillé Jacques Santini, ne comprenant pas la sélection de certains éléments, à l'image de Robert Pirès s'étonnant de la sélection de son coéquipier Sylvain Wiltord (même s'il est vrai qu'on peut se poser des questions sur la sélection de certains joueurs comme Desailly, Dacourt, Wiltord ou Govou qui n'ont que très peu joué en club cette saison ou n'ont pas été des plus performants). Ajoutez à cela les problèmes tactiques que les joueurs ont tenté de faire résoudre à leur sélectionneur et vous obtenez un cocktail explosif qui ne permettait pas à l'équipe de France d'évoluer sereinement. 4. Un problème tactique Un problème tactique évident : les joueurs s'en sont émus dès le début de l'Euro. Le 4-4-2 «classique» de Jacques Santini ne leur convenait plus. Tout d'abord parce que Zidane avait «naturellement» changé son placement, passant de l'aile gauche au centre, notamment lors du match face à l'Angleterre, déstabilisant ainsi toute l'équipe et laissant le côté gauche orphelin. Une «mini-fronde» avait même été organisée, les joueurs, par l'intermédiaire de Desailly et Zidane, demandant à Santini de changer leur jeu. Mais comme l'affirme Jacques Santini, «on ne peut pas changer des repères acquis en deux ans» . Puis parce qu'un changement tactique s'imposait, le 4-4-2 de Santini ayant apparemment des difficultés à mettre à mal les défenses adverses. Un système en 4-3-1-2, que voulaient suivre les joueurs auraient permis une plus grande homogénéité à l'arrière et une récupération des ballons plus performante. Il aurait également permis à Zidane d'évoluer dans l'axe en véritable meneur de jeu. Mais Santini n'a pas écouté ses joueurs. Entêtement qui fût certainement fatal… L'impossibilité de faire évoluer son jeu : les Français n'ont pas su s'adapter à leurs adversaires et ont préféré mettre en cause le jeu de ceux-ci, trop regroupés en défense, plutôt que de se poser des questions sur eux-mêmes et de faire évoluer leur jeu. Ils auraient pourtant du se douter que leurs adversaires ne leur feraient pas de cadeau et ne leur laisseraient pas les espaces convenant à leur jeu rapide fait de passes courtes. Depuis 1998 où ils avaient surpris leur monde, les équipes adverses ont eu le temps de s'adapter au jeu des Français, de trouver des parades, pour les bloquer, puis pour les contrer. Les Bleus n'ont pas su s'adapter, n'ont pas su trouver la faille, même si une plus grande vitesse, une percussion plus efficace et un harcèlement continuel des défenses adverses auraient peut-être été un premier pas vers une solution. 5. Le placement de Zidane, le chef d'orchestre Le placement de Zidane : depuis deux ans, il évoluait dans le couloir gauche, sans broncher ni remettre en cause cet état de fait. Mais contre l'Angleterre, il s'est placé, sans concertation avec ses coéquipiers, dans l'axe, en véritable meneur de jeu. Plus que le replacement c'est surtout la façon dont il a eu lieu qui a posé le plus problème. Car l'équipe n'a pas semblé pouvoir suivre, devant combler le couloir gauche. Les joueurs se sont trouvés complètement déstabilisés. Santini a bien essayé d'adapter son schéma tactique à la volonté de Zidane mais les Bleus sont souvent apparus désorganisés par la suite, d'autant plus que son meneur de jeu semblait chercher sa place, tantôt au centre, tantôt sur la droite, tantôt sur la… gauche, notamment contre la Grèce. 6. Une défense sans repère, Thuram meilleur à droite ? Une défense sans repères : l'équipe de 1998 s'était avant tout construite sur une défense de fer, ne laissant rien passer. Mais depuis deux ans, les Bleus semblent chercher la formule. Après une invincibilité de 1078 minutes, ils ont encaissé au moins un but par match lors de cet Euro, nombre de ces buts survenant d'ailleurs après des erreurs défensives. Le replacement de Lilian Thuram au centre, les énormes bourdes de Silvestre, le replacement plus qu'approximatif de toute la défense et sa perméabilité, mais surtout les manques de repères auront coûté cher à l'équipe de France. Lizarazu l'assurait «comment trouver la stabilité en défense lorsqu'on change tout le temps les défenseurs ?» . Car Santini, durant ses deux ans de règne aura sans cesse fait tourner les défenseurs pour trouver la bonne solution. Mais ce turn-over permanent aura eu l'effet néfaste de ne pas fixer un quatuor type, qui aurait pu prendre ses repères. Lilan Thuram apportait beaucoup en débordement sur le côté droit, Jacques Santini aurait du le replacer à ce poste. 7. L'attaque muette, Trézéguet impuissant Une attaque muette : Thierry Henry et David Trézéguet. Voilà une paire d'attaquants qui feraient envie à beaucoup d'équipes européennes. Le premier peut dynamiter toutes les défenses, aurait-on dit avant l'Euro. Le second est un renard des surfaces, capable de se défaire des défenses les plus hermétiques. Mais ils ont été loin de leur niveau. Surtout Trézéguet, n'a absolument pas pesé sur les défenses adverses et n'a jamais été dans le coup, souvent en retard sur les ballons. Il a du toucher à tout casser une cinquantaine de ballons en quatre matchs, catastrophique ! Henry a bien essayé mais il a manqué de réalisme et de réussite et s'est englué dans des défenses où les espaces étaient moins nombreux que dans le championnat d'Angleterre. Pourquoi ne pas avoir fait entrer Saha plus tôt et même titulaire ? 8. Le niveau général Une défaillance collective due aux défaillances individuelles : tous les joueurs de l'équipe de France n'ont pas joué à leur meilleur niveau, loin de là. Si Barthez, Thuram et Vieira ont été quasiment irréprochables, Gallas a été moyen, Silvestre méconnaissable, Sagnol diminué, Desailly, Dacourt et Wiltord trop à court de compétition. Makelele n'a pas été à la hauteur de Vieira, Pirès et Lizarazu ont montré de belles choses mais par intermittence, trop dépendants de changements tactiques les affectant directement. Zidane a été trop inconstant, alternant les moments de génie, de très bon jeu et les performances médiocres (notamment contre la Grèce). Les attaquants ont été trop loin de leur niveau habituel. Comment alors avoir un niveau de jeu collectif satisfaisant si aucun joueur n'est à son meilleur niveau, si chacun doit rattraper les erreurs de l'autre ? 9. Santini, la faute ? Un coaching trop hésitant : c'est le principal reproche qu'on puisse faire à Santini, ne pas avoir osé faire des changements au moment où ils s'imposaient et ce notamment en attaque. Trézéguet, on l'a dit, a été fantomatique. L'entrée de Louis Saha avait été déterminante contre la Suisse. Pourquoi ne pas l'avoir fait rentrer auparavant contre la Grèce où il aurait apporté sa force de percussion ? 10. Pas de patron Une équipe sans «patron» : on se souvient de Zinedine Zidane rassemblant les joueurs autour de lui après le deuxième but croate alors qu'il n'avait pas encore le brassard de capitaine. Mais le n°10 de l'équipe de France n'est pas un meneur dans l'âme. Desailly écarté, l'équipe de France n'avait plus de «patron» sur le terrain, un homme capable de bouger ses coéquipiers, de les remotiver. Zidane s'impose par le jeu mais pas par son caractère. Il est loin le temps des Deschamps ou Blanc, prenant les décisions tactiques à leur compte, prenant leur responsabilité, s'imposant sur le terrain tant qu'en dehors… Une page est tournée. La France a perdu ces titres. Désormais, elle n'est plus l'équipe à battre, elle redevient une équipe presque comme les autres. De ses échecs, elle devra tirer le meilleur. Le nouveau sélectionneur récoltera une équipe pleine de doutes et de questions, une équipe qu'il devra reconstruire, tenant compte des forces de joueurs toujours aussi talentueux mais aussi des faiblesses apparues flagrantes lors de cet Euro. Mais ce nouveau sélectionneur devra faire vite car la Coupe du Monde 2006 et ses éliminatoires approchent à grands pas.
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