Le Journal des Bleus
Par Marie Ange Kostoff - Journal Des Bleus À L'euro 2004, Mise en ligne: le 19/06/2004 à 19h41
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La France a raté le coche face à la Croatie. Elle doit aller chercher son quart de finale face à la Suisse, considéré, avant la compétition, comme le Petit Poucet du Groupe B. Mais cet Euro 2004 a démontré qu'il n'y a pas de petites équipes et que les grosses écuries doivent se méfier et parfois se remettre en question.

Retrouvez chaque jour une nouvelle édition du Journal des Bleus. Aujourd'hui, réflexions sur l'équipe de France et son adversaire, l'équipe suisse.

«Il est temps de se parler»

C'est la phrase de Bixente Lizarazu lancée au sélectionneur et à ses coéquipiers samedi dans le journal L'Equipe. La France, même première de son groupe et toujours bien placée pour se qualifier doit se réveiller. Le silence et la réserve des joueurs les avaient perdus en 2002, la communication doit les faire renaître en 2004.*

Car il ne faut pas se leurrer. Si on a vu un début de regain de forme en première mi-temps contre la Croatie, le jeu de l'équipe de France a été trop loin de celui d'un prétendant au titre de Champion d'Europe. Jacques Santini, le sélectionneur, avoue-même que son équipe se situerait «plutôt près de 80%» de sa forme. Les joueurs eux-même apparaissent amers, non seulement à propos du match contre la Croatie mais également à propos des problèmes tactiques et techniques de l'équipe. Après le match de jeudi, Lilian Thuram allait même jusqu'à affirmer dans les colonnes du Parisien que «vu la qualité du jeu [de l'équipe de France], [elle] ne mérite pas de gagner» . Et Bixente Lizarazu de rajouter samedi dans L'Equipe que l'équipe de France est «tellement loin d'être à 100% de [son] potentiel que dans l'état actuel des choses, on ne peut pas considérer qu'[elle] fait partie des favoris» .


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Comment une équipe, qui, mis à part quelques accrocs, a survolé les débats lors de ces matches de qualification à l'Euro et de ses matches amicaux, a démontré une force offensive très convaincante (notamment contre l'Allemagne, chez elle, qu'elle a battue 3-0 en novembre 2003) et une solidité défensive impressionnante peut-elle montrer un tel visage ? Certes, les joueurs invoquent le fait que, désormais, toutes les équipes jouent de la même façon contre eux : regroupées derrière, ne laissant aucun espace pour les attaquants français. Mais comme le souligne Lizarazu, toujours dans L'Equipe, «si les autres ont trouvé des parades (…), à nous de trouver des contre-parades» . Pour Lizarazu, à se focaliser sur le positif en oubliant le reste, l'Equipe de France peut redouter la suite. Les Bleus doivent se remettre en cause et se poser des questions sur les points noirs de leur jeu actuel.

Réorganiser tactiquement l'équipe

Pourquoi, Thierry Henry, un des meilleurs attaquants du monde, ne peut-il pas exploiter son potentiel à fond et n'est pas placé dans les meilleures conditions, ne donnant ainsi que le strict minimum ? Et pourquoi l'équipe s'obstine-t-elle à jouer dans l'axe alors que le meilleur moyen de contourner et de déstabiliser un bloc défensif bien en place est bien évidemment de passer par les côtés ? s'interroge Lizarazu. Un des éléments de réponse pourrait se trouver dans le «nouveau» placement de Zidane au sein de son milieu de terrain. Habituellement placé à gauche, il s'est «naturellement» , au fil du jeu, déplacé dans l'axe, et a complètement déstabilisé le schéma tactique de l'équipe. Sélectionneur et joueurs ne lui dénient pas le droit de jouer dans l'axe s'il en a envie, mais il faut alors pouvoir rééquilibrer l'équipe où le vide, à gauche, est récurrent. Du fait de ce replacement, Henry est obligé de bloquer cette aile gauche, jouant ainsi contre-nature, ce qui nuit à son rendement offensif. Les milieux défensifs doivent couvrir toute la largeur du terrain à trois et se fatiguent d'autant plus. Il serait alors judicieux de passer à une organisation en 4-3-1-2 permettant à Zidane de se placer en véritable meneur de jeu, devant trois milieux que seraient Pirès, Vieira et Makelele, laissant en pointe deux attaquants, Henry et Saha ou Govou (Trézéguet ayant beaucoup de mal à peser sur les défenses adverses en ce moment). Mais Jacques Santini semble être attaché à son organisation en 4-4-2 et réticent à bouleverser son schéma tactique. «Réfléchir, oui. Mis bouleverser aujourd'hui [vendredi, ndlr], à 16h, je n'en suis pas là» .

Retrouver une défense stable et solide

Une autre question se pose. Comment retrouver une stabilité défensive quand la défense n'est pas stable elle-même et peine donc à acquérir certains automatismes ? La France pouvait se targuer d'avoir une des meilleures défenses du monde. 1048 minutes d'invincibilité jusqu'à ce coup de tête ravageur de Lampard contre l'Angleterre, 11 matches de suite sans encaisser un seul but.
Mais aujourd'hui, après seulement deux matches, trois buts ont été encaissés par une défense qui accumulé les erreurs. D'abord les deux penalties provoqués par Mikaël Silvestre, puis l'énorme bourde de Marcel Desailly qui s'est montré très loin de son meilleur niveau au point qu'on doute de sa capacité à tenir sa place au sein de la charnière centrale. Physiquement, il a eu du mal. Plus que cela, son refus de se remettre en question sur son erreur devant Prso, tout comme le sentiment de passation de pouvoir apparu quand Zidane a réuni les joueurs autour de lui après le deuxième but croate, risque de lui coûter sa place de capitaine, peut-être sa place en équipe de France.
Mais ce serait se voiler la face que d'affirmer que les problèmes défensifs ne sont dus qu'à des erreurs individuelles. Car c'est surtout collectivement que cette ou plutôt «ces» défenses ont du mal. Les automatismes sont durs à trouver quand une défense change cinq fois en six matches… Les problèmes de Jacques Santini à organiser son bloc défensif sont tels que jeudi, il a aligné quatre défenseurs centraux de métier.

Desailly probablement out contre la Suisse, Silvestre trop mal à l'aise à gauche (il évolue dans l'axe à Manchester), la défense devrait encore changer. Certes, on retrouvera une nouvelle combinaison, mais aligner des joueurs à leur place de prédilection permettrait une plus grande sérénité. En défense centrale, on pourrait alors retrouver l'indiscutable Thuram accompagné de Gallas qui s'est montré performant lors des deux premiers matches. Sur le côté gauche, le retour de Lizarazu semble être acquis. En dehors de ces qualités défensives, le basque a le mérite de toujours se battre et de proposer des solutions offensives intéressante grâce à son entente avec Zidane. A droite, on pourrait retrouver Willy Sagnol, rentré en fin de match lors des deux dernières rencontres, remis de sa blessure à la cheville et qui dit être «proche des 100%» .

Les clés du jeu suisse

Après un match nul contre les Croates, les Suisses se sont fait étriller 3-0 par des Anglais revanchards. Au vu de ces résultats, la tâche pourrait sembler facile pour une équipe de France, même convalescente. Mais il ne faut pas considérer la qualification acquise pour autant. Car le score contre l'Angleterre ne reflète pas totalement la physionomie du match. Sans une nouvelle expulsion à l'heure de jeu, les Suisses n'auraient peut-être pas sombré de la sorte. Sven Goran Eriksson admettait même qu'elle avait bien mieux joué qu'eux en première mi-temps. Malgré l'envie et leur bonne forme lors des vingt premières minutes du match, les Suisses se retrouvent derniers de leur groupe et montraient peu d'optimisme à la sortie de leur match contre l'Angleterre. «Battre la France ? Il faut être réaliste, ce sera très dur…» avouait Chapuisat. Ils ne tirent pas un trait sur leur qualification, «mais ce sera très très difficile» ajoutait Alexander Frei.
Néanmoins, une fois la déception passée, les esprits ne sont plus aussi chagrin deux jours avant le match contre la France. «Il faut y croire, tout est possible» s'aventure Raphaël Wicky, milieu de terrain de l'équipe suisse. «Cette France-là n'est pas aussi irrésistible que celle qu'on attendait» affirme Murat Yakin dans L'Equipe.

Mais les Suisses ont-ils les qualités pour contrarier l'équipe de France et leur barrer la route vers les quarts de finale? On peut en douter. Leur défense manque de vitesse, leur attaque reste inefficace, incapable de marquer le moindre but depuis le début de la compétition quant à leur mental, il apparaît particulièrement friable (ils se sont vus infliger pas moins de six cartons jaunes et deux rouges en deux rencontres). L'équipe de France aura toutefois à faire avec une équipe qui peut encore arracher sa qualification et qui y croit. Paradoxe, cela pourrait être un avantage pour les Bleus dans la mesure où les Suisses doivent oser, jouer le jeu à fond pour espérer marquer et donc, ne pas se contenter de rester dans leur moitié de terrain. Les espaces seront plus nombreux, ne restent plus à l'équipe de Santini qu'à retrouver leur niveau de jeu et à se souvenir de la façon dont ils avaient procédé pour battre les Helvètes 2-0, en match amical, il y a de cela quelques mois.

En direct avec les Bleus

Vendredi, ceux qui n'avaient pas joué la veille face à la Croatie, sauf Claude Makelele et Steve Marlet blessés, ont affronté une sélection régionale composée de joueurs de l'équipe d'Avense (L2 portugaise) et de clubs de troisième division. Les «coiffeurs» , renforcés par deux joueurs locaux l'ont emporté sur le score de 4 buts à 1. De leur côté, les titulaires ont eu droit à la traditionnelle séance de décrassage sauf Thierry Henry et Sylvain Wiltord qui sont restés aux soins. Côté infirmerie, Claude Makelele se ressent toujours de son entorse à l'épaule. Olivier Dacourt, remplacé en fin de match par Benoît Pedretti à cause d'une douleur à la cuisse a été rassuré par le staff médical qui a affirmé samedi qu'il ne s'agissait que de crampes. Fabien Barthez s'est entraîné avec le genou gauche bandé, conséquence de son choc avec Thuram en fin de rencontre. Mais rien de grave, il tiendra sa place face à la Suisse. Steve Marlet, enfin, s'est blessé à la cornée après avoir reçu le coin de son accréditation dans l'oeil. Samedi, les Bleus s'entraîneront toute la journée à huis clos. Dimanche, ils s'envoleront pour Coimbra et s'entraîneront en fin d'après-midi.



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