Bilan de mi-saison : Le Mans
Par Yves Leroy - 100% Clubs, Mise en ligne: le 28/12/2003 à 19h42
Taille du texte: Email Imprimer Partager:

3 victoires, 7 nuls et 9 défaites soit un total de 16 points : à première vue, le bilan paraît maigre du côté de la Sarthe après la première demi-saison du club parmi l’élite française. Derrière ces chiffres se cache un parcours atypique qui permet au MUC 72 de croire encore en ses chances de maintien.

Au printemps dernier, Le Mans vivait un rêve en accédant pour la première fois de son histoire à la Ligue 1. Aujourd’hui, à égalité de points (16) avec le premier non relégable Metz, mais à la 18ème place et à seulement quatre points de la lanterne rouge Toulouse, Le Mans vit un apprentissage délicat de la L1. Il devra lutter jusqu’au bout avec ses concurrents directs, principalement Toulouse, Guingamp, Ajaccio et Metz, pour espérer conserver sa place parmi l’élite.

Une équipe à deux visages

Au cours des trois premiers mois du championnat, Le Mans a beaucoup fait parler de lui, sans doute pas de la manière dont l’espérait l’équipe : une série de douze matchs sans victoire (4 nuls, 8 défaites). Les Manceaux sont au fil des journées devenus la curiosité de la L1, Thierry Goudet faisant même sourire les journalistes et autres suiveurs au terme d’un cinglant 5-0 à Marseille en déclarant «le pessimisme ne m’intéresse pas» . Tout au long de cette série sans victoire, il répétait qu’il croyait toujours au maintien de ses protégés. Il est vrai que les résultats avaient tout pour faire passer l’entraîneur pour un utopiste : après une nouvelle défaite face à l’irrésistible leader monégasque (4-2), le MUC 72 était toujours bien ancré à son poste de lanterne rouge avec un total effrayant de 4 points et peu de signes qui auraient pu permettre de présager un avenir meilleur. A la trêve, lorsque l’entraîneur revient sur cette mauvaise entrée en matière, il estime que ses joueurs ont été «trop gentils, trop timide et trop tendres» .


emplacement publicitaire

C’est finalement face à un autre «candidat» à la descente et promu que Le Mans a connu ce qui semble d’ores et déjà représenter un tournant dans sa saison : la victoire 2-0 face à Metz au stade Léon Bollé marque le début du renouveau sarthois. Avec ce match et les six rencontres qui ont suivi, Le Mans ne fait plus rire personne et les déplacements dans la capitale de la rillette n’ont plus rien de touristique. Certes le total de douze points en sept matchs est loin de celui des cadors de la L1, mais compte-tenu du début de saison, ce redressement fait presque figure de miracle. Comme élément d’explication, Thierry Goudet avançait en premier lieu «l’état d’esprit irréprochable» de ses joueurs qui ont su ne pas baisser les bras et croire encore en leurs chances malgré une situation bien mal engagée. On peut également saluer les dirigeants du club qui ont maintenu leur confiance à l’entraîneur, choix qui semble aujourd’hui payant. Ils ont su gérer la période délicate sans une crise qui n’aurait arrangé personne et aurait pu être néfaste aux joueurs dans un club «familial» comme le MUC 72.

Les satisfactions

Sur le plan collectif, l’équipe a su former un vrai groupe plus qu’une adjonction d’individualités, situation il est vrai rendue plus facile par une petite structure et la politique de formation. C’est sans doute cette unité qui a permis de maintenir le bel état d’esprit que soulignait le coach. On sent dans cette équipe une vraie volonté de se hisser en dehors de la zone rouge, malgré le manque de moyen et les difficultés, ce qui lui attire la sympathie des spectateurs. Autre point positif, les résultats à domicile, puisque à la trêve le club reste sur six matchs sans défaite au stade Léon Bollé (trois victoires et trois nuls) et qu’il pointe, sur l’ensemble, à la seizième place du classement à domicile (3 victoires, 4 nuls, 3 défaites) devant ses concurrents directs. Le club a pris treize de ses seize points sur ses terres. Tout aussi satisfaisantes, la qualification au stade des quarts de finale en coupe de la Ligue (après avoir éliminé Sedan).

Sur le plan individuel, le réveil du club est allé de pair avec celui de Daniel Cousin le «buteur-maison» qui compte désormais sept buts à son compteur personnel (sur les dix-sept du club). Après un passage de la Ligue 2 à la Ligue 1 délicat (onze matchs sans faire trembler les filets), il a (enfin) retrouvé la confiance qui lui avait permis de terminer deuxième meilleur buteur de L2 avec quinze réalisations. A noter aussi, la révélation du jeune milieu récupérateur Yohann Hautcoeur, à 22 ans il apparaît par sa régularité comme le meilleur Manceau sur cette moitié de saison. Il dispose d’un potentiel intéressant que Thierry Goudet apprécie, puisqu’il déclare qu’ «il est capable d’un énorme abattage à son poste» et que «sa marge de progression est encore importante» . Avec d’autres joueurs, tels que Pancrate ou Bonnart, Hautcoeur symbolise la politique d’un club tourné vers la jeunesse, un club où «on peut donner sa chance à un jeune joueur» comme l’indique le technicien manceau. Les joueurs plus expérimentés comme d’Amico ou Capron recrutés à l’intersaison ont également facilité la progression de ces jeunes-pousses. Au cœur du 4-4-2 à tendance défensive déployé, quatre joueurs ont joué tous les matchs : le jeune capitaine Bonnart, le gardien Bédénik, ainsi que O. Thomas et Pancrate.

Les déceptions

La première déception est bien sûr comptable puisqu’on pouvait attendre un peu mieux du deuxième de Ligue 2 qui avait recruté quelques «pointures» comme le Lillois D’Amico (qui n’a participé qu’à onze rencontres, à cause de problèmes physiques) et les deux sedanais Peyrelade et Capron. Cependant, d’un point de vue qualitatif, l’équipe du MUC apparaît tout de même inférieure à d’autres mal classés comme Montpellier ou Lille. Individuellement, on a remarqué un début de saison très délicat pour Philippe Celdran qu’on a connu à un meilleur niveau, notamment la saison dernière où il avait inscrit six buts. De même, le passage au niveau supérieur s’est avéré difficile pour Jérôme Drouin, élément indispensable la saison passée (32 apparitions) et qui n’a été aligné que cinq fois en L1, et ce en partie à cause d’une blessure. Autre déception, le compteur but de Fanchone, désespérément bloqué à une unité alors qu’il avait inscrit six buts au cours de la saison passée ; cependant, si l’efficacité n’est pas au rendez-vous, il reste un élément important du dispositif. Également décevant, l’ex-Strasbourgeois Yannick Fischer qui a une grande expérience de la L1 (204 matchs en D1 avant le début du championnat) : il a évolué à Bordeaux, Cannes, Marseille et plus récemment Strasbourg. Il a été assez peu utilisé par Thierry Goudet (treize apparitions) et n’a pas toujours été exempt de reproches, avec par exemple un but contre son camp qui est à l’origine de la seule défaite mancelle depuis le 8 novembre (1-0 face à Auxerre).

Sur le plan du jeu, le point noir est la défense, puisque avec trente buts encaissés en dix-neuf matchs, les coéquipiers de Bédénik possèdent la ligne arrière la plus perméable du championnat à égalité avec Toulouse, Guingamp et Bastia. Ce total s’explique par quelques gros scores enregistrés en début de saison, comme un 5-1 au Parc des Princes ou un 4-2 au stade Louis II. On remarque cependant une amélioration impressionnante depuis la première victoire face à Metz : 2,08 buts encaissés en moyenne avant contre seulement 0,71 depuis. A noter que si la défense jaune et rouge avait été aussi hermétique depuis le début de saison, elle possèderait aujourd’hui la meilleure défense de L1, puisque la moyenne de Monaco sur l’ensemble des matchs allés est de 0,73 buts encaissés par rencontre.

Le mercato et le programme à venir

Comme pour la plupart des clubs de l’hexagone, il ne devrait pas y avoir beaucoup de mouvement au Mans sur le marché hivernal, puisque le club avec son budget de 16 millions d’euros ne peut de permettre aucune folie. Rien d’officiel pour le moment, mais, côté arrivées, on parle de Jocelyn Gourvenec, le milieu bastiais de 31 ans. Peu utilisé cette saison (10 apparitions et seulement 3 titularisations), il pourrait venir se relancer dans la Sarthe et apporter son expérience au milieu de terrain. Pour ce qui est des départs, pas beaucoup plus d’agitation, le joueur le plus convoité est Daniel Cousin. Avec son renouveau, le Gabonais a principalement attiré l’attention des recruteurs de Lens, qui cherchent un soutien à Daniel Moreira, mais aussi de Lille et peut-être de quelques clubs anglais. Pour lui comme pour les autres joueurs, le président Lagarda ne ferme pas la porte : «Si un grand club nous fait une belle offre, pourquoi pas ? Ce n’est pas le genre du Mans d’empêcher un de ses joueurs d’aller dans un grand club !» . De son côté, M. Goudet considère que «les joueurs ont prouvé qu’ils avaient le niveau lors des derniers matchs» et compte sur le retour de ses blessés plus que sur de nouvelles recrues : «pour l’instant, les seules arrivées programmées sont celles de nos blessés» .

La reprise sera cruciale pour les Manceaux, avec tout d’abord une entrée en matière délicate en Coupe de France (32èmes de finale) à Lens, puis un match «à six points» le 10 janvier à Ajaccio. S’ensuivra, trois jours plus tard, le quart de finale de «CDL» contre les Canaris, ces mêmes Nantais que les protégés de Thierry Goudet retrouveront le 30 janvier après un déplacement à Nice. Avec cinq matchs en quatre semaines, les Manceaux n’auront donc pas le temps de digérer les fêtes s’ils veulent se repositionner en championnat et poursuivre la route en coupe.

Après une entame extrêmement difficile, Le Mans a donc su trouver les ressources indispensables pour redresser le cap, et cela grâce à l’abnégation d’un groupe et d’un entraîneur. Aujourd’hui, la sortie de la zone rouge semble accessible et les Sarthois se mettent à rêver d’une épopée dans l’une ou l’autre des coupes. Cependant, comme l’indique Thierry Goudet : «Rien n’est arrivé (…) ce sera dur et long jusqu’au bout.» Tout laisse à penser qu’une dix-septième place en L1 au terme de la 38ème journée satisferait pleinement l’ensemble du club.



Taille du texte: Email Imprimer Partager:






REAGISSEZ : Communauté   DISQUS
Pour signaler un abus, contactez

 
 

Actu et transferts 24h/24

Les + populaires du moment

Sondage Maxifoot
José Mourinho est-il un bon choix pour le Real Madrid ?

OUI
NON
Voter

Voir les resultats - Voir les sondages précédents

Les articles populaires du moment

Ça a fait le buzz depuis 7 jours

Les VIDEOS populaires du moment



emplacement publicitaire


 A SUIVRE
Votre Equipe type
2025
par les lecteurs
de Maxifoot
Le meilleur effectif
LIGUE 1
mi-saison
2025-26
TOP 10
transferts
en Ligue1

mi-saison 2025-26
FLOP
transferts
en Ligue1

mi-saison 2025-26
Classements des
BUTEURS

en EUROPE
Indice MF :

l'état de
FORME
des clubs en europe
Les FRANCAIS à

l'ETRANGER
Qui joue ?
Qui marque ?


emplacement publicitaire