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Les Bleus : retour France-Slovénie et Malte-France (18/10/02)  
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Les Bleus vers 2004 : retour sur la Slovénie et Malte
En l’espace de deux matches, l’équipe de France a retrouvé son jeu étincellant et son efficacité. La Slovénie et Malte ont fait les frais du retour en grâce des Bleus, dont l’objectif initial de ces éliminatoires de l’Euro 2004 est atteint : en trois matches et autant de victoires, ils comptent neuf points. Retour sur les performances individuelles des joueurs sur ces matchs.

In Santini We Trust

C’est une résurrection ! Le mot est fort certes, mais il faut avouer qu’après les heures difficiles vécues suite au Mondial et le doute qui s’installait inexorablement avec les rencontres laborieuses contre la Tunisie et Chypre, la France revient de loin. Remis sur de très bons rails après ces matches face à la Slovénie et Malte, les Bleus retrouvent le sourire et par la même occasion le chemin du succès. Attention toutefois de ne pas tomber dans l’excès euphorique de la même façon où nous nous étions, comme un seul homme, jetés à bâtons rompus sur cette équipe après sa déconvenue du Mondial. Trois matches des éliminatoires de l’Euro 2004 ont été joués, pour autant de victoires. Il en reste quand même cinq, qu’il faudra négocier avec les mêmes envie et rigueur pour obtenir la qualification.

France-Slovénie

Dans son jardin du Stade de France, l’équipe de Jacques Santini a été intouchable samedi dernier. Les Bleus ont livré la copie parfaite, asphyxiant littéralement des Slovènes bien incapables de sortir la tête du sac. Cette victoire 5-0 a le mérite d’éclaircir l’avenir de la sélection tricolore. La Slovénie était supposée endosser le maillot d’outsider de ce groupe 1, mais cette lourde défaite l’oblige à repenser ses ambitions.  Mais l’équipe nationale d’Israël, après sa victoire 2-0 sur Malte, peut-elle légitimement prétendre rivaliser avec la France dans ses éliminatoires ?

Car les Bleus version Santini ont frappé fort et paraissent nettement au-dessus de leurs adversaires du groupe 1 à l’issue de ces trois premiers matches. La clé du succès ? Le sélectionneur s’appuie sur ce jeu d’associations déjà rôdées en club. Une idée qui n’est pas neuve car de tout temps les sélectionneurs nationaux ont utilisé ce type de combinaisons, avec plus ou moins de succès. La défense Gallas-Desailly par exemple, reconnue à Chelsea, s’est parfaitement fondue dans le moule de l’équipe de France en l’espace d’un match. De même, la paire Zidane-Makelélé ou le trio Vieira-Wiltord-Henry (orphelin temporairement du quatrième mousquetaire Pirès) reproduisent avec aisance en sélection les automatismes acquis respectivement au Real Madrid et à Arsenal. Saupoudrer le tout de joueurs efficaces issus de clubs moins adeptes du French Flair, et vous vous retrouvez avec une équipe de France battante, qui inspire de nouveau la crainte. 

Joueur par joueur lors de France - Slovénie

Barthez : le portier français a passé une soirée tranquille, où il n’a eu que deux ou trois sorties à effectuer. Peu sollicité, il a toutefois joué au pied à quelques reprises pour relancer son équipe vers l’avant. 

Thuram : grand match du défenseur turinois. Lilian a été très solide. Situé idéalement sur le terrain, il a profité de l’excellence toute entière de ses coéquipiers pour faire quelques incursions en attaque. C’est lui qui livre le centre du deuxième but de Steve Marlet.  Ses commentaires d’après match : "Nous avons fait preuve de combativité et d’agressivité, cela m’a plu. Il fallait se rassurer après le match de Chypre". Il fut remplacé par Willy Sagnol en fin de rencontre. Ce dernier toucha quelques ballons, mais trop peu pour se faire une idée de son jeu. 

Desailly : pour sa centième sélection, Marcel ne pouvait rêver mieux.  Le capitaine n’a pas failli une seule fois. Ses commentaires d’après match : "Quand on retrouve ce jeu de passes, ces redoublements et cette qualité offensive qui fait notre force, on sait qu’on a rien à craindre". 

Gallas : à l’inverse de l’expérimenté Desailly, William livrait là son premier match et sa première sélection en Bleu. Très appliqué, sans doute rassuré par son entente éprouvée à Chelsea avec le capitaine des Bleus, Gallas a été très bon. Ses commentaires d’après match : "C’était la première fois que je jouais au Stade de France. J’ai eu des émotions fortes lors de l’entrée dans l’enceinte. Mon premier ballon n’a pas été bon, mais je me suis repris après grâce à l’aide de mes coéquipiers". 

Silvestre : galvanisé par l’efficacité de cette défense, Mickael a été à la hauteur, mais en dessous du niveau imposé par ses coéquipiers de la défense. C’est lui qui apporte, en fin de partie, le centre sur la tête de Govou, synonyme de cinquième but pour les Bleus. 

Vieira : après quelques matches en sélection difficile, on a retrouvé Patrick Vieira. Le Gunner, auteur du premier but en début de partie, a été énorme. Il a touché beaucoup de ballons et fait preuve d’une grande maîtrise. 

Zidane : très inspiré, le Madrilène devait faire oublier sa pâle prestation contre Chypre. Le contrat a été rempli puisqu’il n’a cessé de nous enchanter avec ses contrôles venus d’ailleurs et ses passes lumineuses. Et dire que l’on pensait qu’il ne prenait plus de plaisir à jouer en équipe de France !

Makelélé : le Madrilène n’est pas rentré instantanément dans la partie. Mais une fois lancée, il a donné la pleine puissance de son attirail. Intraitable défensivement, contribuant épisodiquement à l’animation offensive, il a fait du mal à la Slovénie. 

Marlet : discret en début de partie, le joueur de Fulham a profité de l’attraction suscitée par Thierry Henry auprès des défenseurs slovènes pour les surprendre. Auteur de deux buts d’attaquant pur et dur, il s’est enfin révélé comme un véritable international. De bon augure pour lui, quand on sait que la concurrence s’appelle Cissé ou Trézeguet. Et n'oublions pas non plus Sidney Govou, qui l'a remplacé en fin de partie. Le Lyonnais n'a pas mis longtemps à trouver ses marques, et inscrire son premier but en Bleu sur une tête. 

Henry : Thierry a pris la rencontre par le bon bout. C’est lui qui offre le premier but à Patrick Vieira. Ses courses et sa vivacité d’exécution ont affolé la défense slovène. Pourtant il n’a pas marqué, même s’il en crevait d’envie. 

Wiltord : insaisissable et très attractif en attaque, Sylvain a livré une partie remarquable. Toujours dans les bons coups, s’entendant parfaitement avec Henry et Vieira, il a multiplié les appels et les tentatives. Il a d’ailleurs tenté sa chance et inscrit son quatorzième but en Bleu. Bruno Cheyrou le remplace en fin de partie, et se contente du minimum dans une partie déjà pliée.

Malte-France

Face à Malte, et forts de leur succès sur la Slovénie, les Français arrivaient à la Valette avec un ascendant psychologique flagrant. Dans cette optique, le sélectionneur décidait de reconduire exactement la même équipe que face aux Slovènes. Tout était pourtant réuni pour que les Bleus tombent sur un os : un terrain à l’état déplorable, un adversaire a priori faible, inconnu de la sélection française et capable de surprise de temps à autre. Mais l’équipe de France ne s’est pas laissé duper. Avant la rencontre, Jacques Santini avait dû mettre les pendules à l’heure et faire retomber le soufflé cuisiné samedi au Stade de France. Les Bleus n’ont donc pas failli, et ont proprement travaillé leur différence de but (+10 au terme de ces trois premiers matches). 

Pourtant, la copie paraît moins propre que celle rendue contre la Slovénie. Pas que la France est due marquer cinq buts également à Malte pour écarter les critiques, mais on a trouvé les Bleus un peu maladroits, déstabilisés par ce terrain en mauvais état et par cet adversaire au répondant très limité. Néanmoins, l’équipe de France a assuré l’essentiel : une victoire nette, acquise à l’extérieur. 

Joueur par joueur lors de Malte - France

Barthez : peu de travail encore une fois pour Fabien, même s’il a dû à deux reprises intervenir pour éviter aux Maltais de reprendre espoir. Son jeu au pied de relance aurait pu être plus décisif. 

Desailly : le capitaine a fait preuve de beaucoup d’autorité. Il ne s’est jamais laissé surprendre. Il faut avouer que son potentiel physique et technique, bien supérieur à celui des attaquants de Malte ont suffi à le mettre à l’abri. 

Gallas : il a confirmé ses bons débuts contre la Slovénie. William n’a jamais manqué de jus et comme Desailly, a été très attentif et sûr. Aurait-il définitivement écarté Philippe Christanval ? En tout cas, la défense centrale qu’il compose avec le capitaine a marqué des points. Ses commentaires d’après match : "Personnellement, cela s'est très bien passé. Je commence à trouver mes repères. Mes coéquipiers m'aident. C'était plus difficile mentalement que lors du match contre la Slovénie samedi". Il fut remplacé par Philippe Mexès. L’Auxerrois n’a pas eu grand chose à faire, mais s’est acquitté de sa tâche avec la même assurance qu’en club. Il aurait même pu, en toute fin de partie, être l’auteur du cinquième but français. 

Thuram : un peu moins affûté que samedi dernier, Lilian a pourtant largement œuvré au succès des Bleus. Sur son côté droit, il a parfaitement amorcé les tentatives d’attaques françaises et désamorcé les rares occasions maltaises. S’il fait partie des "anciens" de l’équipe de France, il n’en est pas moins frais et impeccable comme à ses premiers jours. 

Silvestre : il n’était pas en sursis, mais savait qu’il n’avait pas été le meilleur en défense samedi dernier. Mickael s’est donc bien rattrapé, et ne s’est jamais laissé surprendre par des attaquants maltais, il est vrai peu valeureux. 

Vieira : il est l’un des Bleus à avoir touché le plus de ballons (86, et il est sorti avant la fin du match !). Sa partie a été très bonne, dire qu'il était légèrement blessé au dos ! Il fut remplacé par Dacourt en fin de match. Le milieu de Leeds est bien rentré dans un match déjà plié. Avec un profil plus offensif que son copain d’Arsenal, Olivier aurait très bien pu couronner cette sélection d’un but. Ses commentaires d’après match : "on est content du résultat, qui est bien pour la confiance. Le plus important était de marquer le premier but. Après on savait qu'on pouvait enchaîner. Neuf points, c'était ce qu'on nous demandait. Le contrat est rempli". 

Makelélé : si Petit ne revient pas vite à la compétition, Claude Makelélé risque de lui prendre sa place de titulaire en équipe de France pour de bon ! Le Madrilène a été très efficace, parfait relais entre l’attaque et la défense française. Son rendement est impressionnant et son entente, non seulement avec Zidane, mais aussi avec Vieira est du tonnerre. 

Zidane : pas tout à fait à l’aise, Zinédine a livré un match correct, sans plus. Il a manqué un but tout fait offert par Steve Marlet à la demi-heure de jeu.  Le reste du temps, il a fait parler sa technique et a pris le dessus sans forcer son talent. Il a fait preuve d’un petit peu de maladresse, sans danger pour son équipe. 

Wiltord : il n’a pas aussi bien réussi à plonger dans les trous de la défense adverse que d’habitude, mais son habileté devant le but et ses courses effrénées ont tourné la tête aux Maltais. Auteur d’un but à l’arraché, il aurait pu corser l’addition. À Arsenal comme en Bleu, il se révèle à chaque sortie comme une valeur sûre. 

Henry : on le sentait déçu de ne pas avoir marqué samedi. Thierry s’est bien rattrapé à la Valette où, outre son doublé, il a apporté sa qualité offensivement. Il fut remplacé par Eric Carrière, qui est rentré très vite dans le match, et a inscrit son troisième but en Bleu. Ses commentaires d’après match : "On a su éviter le piège. Le danger, c'était qu'ils nous "bouffent" physiquement. Rapidement on a senti que cela pouvait passer et c'est passé".

Marlet : Steve a mieux démarré la partie que contre la Slovénie. C’est lui qui se crée la toute première occasion du match à la sixième minute. Très impliqué, il n’a pas marqué, mais a contribué au succès de son équipe. Ses commentaires d’après match : "C'est une équipe conquérante, sûre d'elle. L'objectif fixé par le coach est rempli. On n'a pas été mis en danger. Il ne fallait pas se déconcentrer, ni s'énerver".

La confiance revenue, les Bleus peuvent aborder la suite de leur saison avec sérénité. Le 5 novembre, l’équipe de France championne du monde en 1998 affrontera l’Olympique de Marseille lors d’un match de gala au profit des sinistrés du Gard. La dernière rencontre amicale de l’année sera disputée le 20 novembre au Stade de France contre la Yougoslavie. Après un autre match amical à domicile le 12 février 2003 face à la République Tchèque, les éliminatoires de l’Euro 2004 reprendront leurs droits le 29 mars à Lens avec le match retour contre Malte. 

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