| Les Bleus
: des raisons de s'inquiéter |
Malgré une victoire contre
Chypre (2-1) et trois points déjà acquis lors de la première
journée des éliminatoires de l’Euro 2004, l’équipe
de France se cherche. Irrésistibles il y a seulement quelques mois,
les Bleus se trouvent dans une période de doutes. Maxifoot a décidé
de revenir sur quelques raisons qui rendent les Tricolores si tristes…
On les croyait remis, ayant fait
table rase du passé à l’occasion des premières minutes
de Tunisie-France, le 21 août dernier (nul 1-1). Mais il n’en était
rien, malgré leur bonne entame de match, les Bleus tombaient vite
dans leurs travers, accumulant les erreurs, et manquant même de se
faire battre sur le fil. Ce match amical devait panser un peu les plaies.
Il n’a fait que les ouvrir un peu plus, et rendre flagrant ce que l’on
soupçonnait : la reconstruction serait longue et fastidieuse.
Le traumatisme du Mondial
Bien entendu, à l’origine
de ces contre-performances, on compte le soufflet subi en Asie lors de
la Coupe du Monde. On croyait pouvoir rapidement passer à autre
chose, mais il semble que ce souvenir douloureux va hanter longtemps les
Bleus. Il est vrai que l’on ne se remet pas si facilement d’une telle déculottée,
d’autant plus que certaines équipes (Tunisie et Chypre) sont toujours
là pour vous rappeler votre fébrilité.
La facade a commencé à
se lézarder il y a un an, quand les Bleus, en déplacement
au Chili, se sont fait malmener par les coéquipiers de Zamorano
(défaite 1-2). Ensuite, même si la France nous a régalé
une dernière fois (son coup d’éclat face à l’Ecosse
5-0), elle n’a produit que des matches moyens, indignes d’une équipe
championne du Monde (contre la Russie, la Belgique et la Corée du
Sud). Puis la Coupe du Monde est arrivée, et l’équipe qui
nous faisait rêver a été emportée par un tsunami.
Dans un excès spontané
de pessimisme, nous avons décidé de réflechir à
quelques raisons qui rendaient l’avenir des Bleus bien sombre. Rassurez-vous,
nous reviendrons la semaine prochaine, sur des raisons d’espérer
avec les éléments positifs.
Changement de sélectionneur
Sur les cendres du Mondial est arrivé
un nouveau sélectionneur : Jacques Santini. À l’annonce de
sa nomination mi-juillet, tous les joueurs ont joué la langue de
bois, en indiquant que l’essentiel était que leur nouvel entraîneur
puisse remettre l’équipe dans le droit chemin. L’homme ne semble
pourtant pas faire l’unanimité. Ces choix peuvent être remis
en cause. On peut aussi lui reprocher de favoriser ses protégés
lyonnais en sélection.
Car il a sans doute été
trop impliqué dans les affaires d’un club jusqu’à trop récemment
pour prendre les rênes de l’équipe nationale si vite. Là
où Roger Lemerre partait il y a quatre ans avec la confiance de
tous, puisque dans l’euphorie du Mondial et dans l’ombre d’Aimé
Jacquet ; Jacques Santini s’installe lui dans un fauteuil piégé,
où la moindre erreur lui sera fatal.
Crise du capitanat
Le départ des anciens (Djorkaeff,
Lebœuf et Dugarry) s’ajoutant aux retraits plus lointains de Blanc et Deschamps
(que l’on croyait pourtant digérés), a tendance à
mettre à mal l’ambiance et la cohésion au sein de ce groupe.
On déplore un manque de communication dans cette sélection,
où l’actuel capitaine Marcel Desailly est clairement remis en cause
par certains de ses coéquipiers (Henry et Trézeguet pendant
la Coupe du Monde).
Une situation qui n’arrange pas l’entente
sur les terrains entre les joueurs. Il semble que le joueur de Chelsea
ait l’intention de mettre les choses à plat avec ses partenaires,
et les invite à "crever l’abcès" à l’occasion du prochain
rassemblement. Il sera alors temps de nommer un nouveau capitaine (Thuram,
Zidane, Vieira ?) ou de reconduire l’ancien. Mais cela règlera t-il
les problèmes ?
Que sont devenues les stars
?
Marcel Desailly, à l’image
du reste de l’équipe, est apparu bien maladroit lors du dernier
match contre Chypre. Il nous avait habitué à une autorité
et une constance ces derniers mois, dont il n’a été que l’ombre
début septembre. De même, Patrick Vieira qui a connu une saison
pleine l’an passé, en club comme en sélection, n’a pas encore
retrouvé (tout du moins en équipe nationale) son rendement
attendu. Zinédine Zidane a lui aussi connu des jours meilleurs sous
le maillot Bleu. Même s’il reste un joueur-clé, il faut admettre
que son abattage n’est plus ce qu’il a été. Il lui manque
sans aucun doute un sparing-partner porté vers l’avant, avec qui
l’entente est maximale. Vous ne voyez pas de qui je veux parler ? De Robert
Pirès bien sûr, dont la France a été trop longtemps
orpheline, et dont le retour se fait attendre…
Si la sélection de ces derniers
joueurs n’est pas remise en cause, d’autres Bleus peuvent se ronger les
ongles. Ainsi, parmi Christanval, Carrière, Silvestre, Sagnol ou
encore Marlet qui peut se vanter de disposer d’une place attitrée
en sélection ? Si ces joueurs ont fait leur preuve en club, leur
pleine puissance en sélection n’est pas encore intervenue.
Beaucoup de jeunes ont (et vont)
intégrer cette équipe avec plus ou moins de réussite.
Et justement, combien de jeunes joueurs ne feront qu’un passage éclair
en sélection ? Il est fort possible, malgré la qualité
du réservoir des Espoirs ou des moins de vingt ans, que l’alchimie
ne prenne pas au niveau des sélections A.
Si la France redevenait une équipe
"ordinaire" ?
Difficile d’y croire, mais pensons-y
un instant : si la France n’arrivait pas à redresser la barre et
redevenait une équipe moyenne ? L’accumulation de désillusions
pourrait avoir raison de cette équipe au passé glorieux,
et malgré l’étendu du talent de ses joueurs contraindre la
France a stagné en sélection. Du coup, si certains voyaient
les rencontres internationales arriver comme autant de bouffées
d’air frais auparavant, la machine tournant à plein régime,
on se rend à Clairefontaine à reculons désormais.
La semaine prochaine : les Bleus,
des raisons
d’espérer !
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à cet article - Etienne Sautereau
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