| Les
Bleus frappent fort d'entrée |
L’équipe de France
a réussi une partie remarquable face à l’Allemagne, remportée
3 à 0. Les Bleus entament de la meilleure façon possible
leur préparation à l’Euro 2004. Après une semaine,
recul sur le match et performances des joueurs.
"Les Bleus vers 2004" vous
apportera chaque Vendredi, une nouvelle édition sur les Bleus. A
ne pas rater pour supporter l'équipe de France vers la consécration.
Contre l’Allemagne, l’équipe
de France a impressionné par sa maîtrise technique, sa lucidité
et son calme. “C’est sans doute notre match le plus abouti, défensivement
et offensivement” a finement analysé un Bixente Lizarazu royal samedi.
Oui, les Bleus ont littéralement décontenancé cet
adversaire réputé, finaliste de la dernière coupe
du monde. Le pire, c’est qu’ils ont fait preuve d’une simplicité
et un réalisme sans faille.
Le match et rappel
Passées quelques minutes
d’observation en début de match, les Français mettent les
premiers la pression sur les buts de Kahn par Henry et Trezeguet. Les deux
équipes jouent à jeu égal au cours du premier quart
d’heure. Sagnol reçoit un carton jaune pour une faute sur Ballack
à la 8e minute. Il faut un déboulé de Bixente Lizarazu
côté gauche pour débloquer la situation et offrir un
centre parfait à Henry, qui catapulte la balle sur Kahn, qui la
détourne dans ses filets. Après vingt minutes de jeu, les
Bleus mènent un à zéro. Les Allemands tentent de réagir,
mais les Français défendent bec et ongle.
Zidane organise le jeu des
Bleus : il lance Henry et Trezeguet vers les buts, temporise avec Pires
et Makelele, vient prêter main forte à sa défense.
Sagnol a réalisé de bons jaillissements, chipant la balle
au passage aux joueurs allemands. À deux reprises, Grég Coupet
s’interpose sur coup franc.
La seconde période
est presque à sens unique. Les Bleus étouffent les Allemands.
Zidane est magistral : il distille les ballons au millimètre, se
joue des joueurs allemands avec une facilité déconcertante.
La France fait seule le jeu : les “olé, olé” descendent des
tribunes. Henry réalise un geste technique exceptionnel, parvient
à effacer Wörns avec un peu de réussite, et conclut
le mouvement par une passe décisive pour Trezeguet. À quelques
minutes du coup de sifflet final, le Turinois enfonce un peu plus le clou,
sur un service lumineux de Zizou. Une petite frappe pour dévier
le ballon hors de portée de Kahn, décidément pas à
la fête, et Trezeguet réalise le doublé.
Seulement à deux ou
trois reprises les Français se sont trouvés dans une position
indélicate dans leur défense, relançant malgré
tout avec un sang froid ahurissant. Les Bleus ont monopolisé le
ballon : 38 minutes de temps de possession de balle. Ils ont aussi été
extrêmement réalistes : 4 tirs cadrés au cours du match
pour 3 buts.
Joueur par joueur :
Coupet : énorme
match du gardien lyonnais. Il n’a peut-être pas la relance de Barthez,
mais a montré une intense fermeté au cours de la rencontre.
Il n’a rien laissé passer et a totalement dégoûté
les attaquants allemands ! Il a déclaré après le match
: “Il y a eu du spectacle et de la maîtrise. En première période,
j'ai eu du travail, je suis satisfait et assez fier de ma contribution.
”.
Lizarazu : il a réalisé
une partie grandiose. Sur le côté gauche, son “terrain” de
prédilection, il a tourné la tête aux attaquants comme
aux défenseurs allemands, amenant le premier but sur une superbe
percée. Il a déclaré à la fin du match : “Quand
nous pratiquons un tel football, nous sommes difficiles à battre”.
Thuram : si Zidane
est le patron de l’équipe, Lilian le turinois est le patron de la
défense. Il a été très sûr samedi soir,
installé à un poste similaire à celui de Marcel Desailly.
Sagnol : malgré
une faute en début de rencontre sur Ballack, qui lui a d’ailleurs
valu un carton jaune, Willy a très bien abordé cette partie
contre “ses” partenaires allemands. Le joueur du Bayern a fait la démonstration
de toute sa maîtrise technique. Il a été remplacé
en fin match, à la 61e minute, par un William Gallas vite
dans le bain.
Silvestre : élément
discret de l’équipe de France, comparé à des stars
comme Zidane ou Henry, le défenseur de Manchester United n’en est
pas moins besogneux. Son expérience s’affine petit à petit,
et il est souvent décisif.
Dacourt : début
de partie difficile pour Olivier Dacourt, qui se fait bousculer d’entrée
par Michael Ballack. Soigné, cela n’empêche pas le joueur
de l’AS Rome de reprendre sa place dans l’axe, et bien verrouiller le milieu
aux côtés de Makelele. Il lui manque peut être quelques
repères dans cette équipe pour être au maximum.
Makelele : Claude
a bien accompli son rôle de relais. Il a parfaitement trouvé
son coéquipier Dacourt, joueur avec lequel il avait peu joué.
Mais les automatismes se sont plutôt bien installés.
Pires : il a eu du
mal à rentrer dans la partie, et n’a pas toujours semblé
à son aise. Cependant, son jeu constitue un bon relais entre celui
de Makelele et Zidane. Il est plus porté vers l’avant, et son repli
défensif s’en ressent. Robert fait pourtant preuve d’une très
grande disponibilité pour ses partenaires. Il a beaucoup joué
en relais avec Sagnol, mais a énormément eu de mal à
se montrer dangereux en venant de la droite. Wiltord l’a remplacé
à la 73e minute. Un temps de jeu trop court pour l’attaquant d’Arsenal,
qui a quand même su se montrer dangereux à deux ou trois reprises.
Zidane : il a tout
simplement été impérial, en jouant finalement avec
une très grande simplicité et lucidité. Passeur décisif
sur le troisième but de Trézeguet, il a accompli un grand
match. Il s’adjuge au cours de ce match le titre symbolique de meilleur
passeur de l’équipe de France, avec 23 passes décisives.
Trezeguet : même
s’il s’offre le premier semblant d’occasion du match à la 8e minute
(sur une passe d’Henry), on l’a peu vu en première mi-temps. Une
période nécessaire pour se faire oublier de la défense
allemande et la crucifier par deux fois en cours de deuxième mi-temps.
Certes, il ne touche pas autant de ballons que son pote Henry, et semble
moins “créateur dans l’âme” que le joueur d’Arsenal, mais
Trezeguet est un formidable finisseur. Il a déclaré après
le match : “Nous avons démontré de la qualité au très
haut niveau. Nous terminons bien l'année après la qualification
pour l'Euro 2004. Personnellement, je suis à 28 buts. Je suis très
fier, il ne me reste plus qu'à en marquer deux pour égaler
Jean-Pierre Papin”. Il a été remplacé par Govou
à la 82e minute. Le jeune lyonnais n’a pas eu grand chose à
faire au long des dernières minutes.
Henry : il est irrésistible.
Son jeu est précis, technique, tout en finesse, altruiste. Actuellement,
Titi est au firmament. Il a déclaré après le match
: “C'était un match pour se situer, nous avions à cœur de
démontrer qu'avec des efforts, il est possible de faire une grande
prestation.
Confirmer lors des prochains
rendez-vous
Au sein de cette préparation,
Allemagne-France constitue une performance remarquable, utile pour la confiance
des Bleus à l’aube du championnat d’Europe des Nations 2004. Car
il ne faudra pas manquer de sûreté pour aborder cette phase
finale. Les équipes qualifiées ont les atouts pour contrarier
la France dans sa volonté de conserver son titre.
D’ici à l’Euro, le
staff des Bleus a programmé une série de matches qui devraient
concourir logiquement à la montée en puissance de l’équipe
: Pays-Bas, Belgique et Brésil seront les prochains adversaires
proposés aux Tricolores. Des morceaux de choix donc…
La semaine prochaine,
le début de nos pronostics pour la liste de 23 de Santini à
ne pas manquer. Quels seront gardiens à l’Euro 2004 ?
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à cet article - Par Etienne Sautereau
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